Fictions de Rimbaud : Pierre Michon et William Marx
Dans « Rimbaud le fils » (Gallimard, 1991), Pierre Michon ne poursuit pas l'objectif traditionnel du biographe : révéler de nouveaux faits sur Arthur Rimbaud ou compléter les études existantes. Il explore plutôt la personnalité et l'intimité de l'écriture du poète afin de trouver, en définitive, sa propre voix littéraire. William Marx (Minuit, 2005) perçoit le silence de Rimbaud comme la fin d'une ère de croyance en la puissance absolue de la littérature, plongeant la littérature moderne dans une crise existentielle dont elle n'est pas encore pleinement sortie. Dès lors, l'ouvrage de Michon pourrait lui-même faire l'objet de l'analyse marxiste : une œuvre qui perpétue la « mythification » de Rimbaud et contribue ainsi à alimenter le discours sur la « mort de la littérature », même si cette contribution relève davantage d'une perspective personnelle et artistique que d'une perspective historico-sociologique.
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