Ciel étoilé sur Rome : Renaud Rodier

Dans une Rome en pleine déliquescence politique, la nuit de l'élection de Giorgia Meloni, le troisième roman de Renaud Rodier, « Si Rome meurt » (Anne Carrière, 2025), suit Pietro, jeune cinéaste en herbe, lancé dans une quête obsessionnelle de son père disparu, qu'il croit avoir retrouvé sous les traits d'un sans-abri prophétique, en marge de la société. Guidé par la théorie astrophysique de l'univers holographique, Pietro conçoit son projet cinématographique comme un processus d'écriture, tentant de transposer l'entropie urbaine de Rome en une construction esthétique cohérente à l'aide d'images granuleuses en Super 8. Le roman de Renaud Rodier se déploie comme un palimpseste intermédial, explorant la question existentielle de ce qui peut être sauvé si Rome meurt, à travers un entrelacement dense de souvenirs traumatiques et de vision cinématographique. En élevant la métaphore astrophysique au rang de poésie spatiale, le roman transforme l'entropie sociale de Rome en une topographie astronomique transcendante qui repositionne le discours sur la « Ville éternelle » comme un code d'information indestructible au-delà de la dégradation temporelle.

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