La coexistence judéo-arabe comme chronique familiale : Pierre Hazan
L’ouvrage de Pierre Hazan, « Les Juifs, les Arabes, ma famille et moi » (2026), déploie un projet à la fois littéraire et historiographique, s’appuyant sur une vaste histoire familiale. En sept chapitres organisés selon un schéma généalogique, le livre reconstitue la réalité disparue de la coexistence judéo-arabe en Méditerranée orientale et la confronte aux logiques identitaires rigides du XXe siècle. À partir de figures telles qu’un rabbin séfarade du XIXe siècle, un nationaliste et sioniste égyptien, et les dernières voix juives d’Égypte, Hazan mêle documents d’archives, fragments de mémoire et rencontres contemporaines avec des acteurs israéliens et palestiniens. De là, il dégage trois thèses centrales : la coexistence était une pratique historiquement vécue ; sa destruction résulte de nationalismes concurrents ; et les traumatismes mutuellement refoulés – l’expulsion des Juifs des pays arabes et la Nakba – sont inextricablement liés. L'ouvrage se conçoit ainsi comme une intervention dans la politique de la mémoire du présent et comme un plaidoyer pour repenser l'hybridité non comme une exception, mais comme une normalité historique perdue.
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