Donald Trump, la politique historique et la liberté académique dans Perrine Tripier

Dans son deuxième roman, « Conqué » (2024), Perrine Tripier met en scène l'historienne Martabée confrontée à un empereur fanatique qui instrumentalise l'histoire à des fins politiques. L'intrigue se déroule dans une région côtière balayée par les vents, où des fouilles archéologiques mettent au jour les vestiges des Morgondes, un peuple disparu, idéalisé comme glorieux : les survivants de ces anciens guerriers marins. L'historienne est chargée d'interpréter ces découvertes et de tisser un lien narratif entre elles et l'image que la nation se fait d'elle-même. Cependant, l'objectif premier n'est pas la rigueur scientifique, mais la construction d'un mythe fondateur destiné à consolider un empire en déclin. Tandis que les chercheurs dévoilent une civilisation complexe dont les traces – notamment des rituels de chasse à la baleine monumentaux – fascinent autant qu'elles inquiètent, Martabée devient un personnage clé d'un jeu politique. Elle reçoit des privilèges, est courtisée et contrainte d'endosser un rôle qui l'oblige à combler les lacunes de l'histoire par des spéculations. Il est toutefois frappant de constater que les femmes et les enfants sont absents des résultats – une lacune qui donne à réfléchir à Martabée.

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L'hiver m'a permis de prendre davantage conscience de mon être.

Les hivers qui suivirent furent, en un sens, ceux que j'avais toujours attendus. L'inédite d'une solitude radicale, le défi que je fixais désormais chaque année, avec un frisson de plaisir, quand tombaient les premiers flocons devant intensifier ma réclusion. Le parcours est si bas qu'il dure jusqu'au soir après que les froids intenses constituent le mur imprenable de mon château. Il faut se rendre dans la commune de Monter juste pour avoir une colline pour le parcours, le parcours est accessible, vous pouvez m'emmener au village pour pas mal de cours. Mais je ne le fis pas. Je me souviens, secrètement, de transformer la Maison en palais de glace, me donnant l'impression d'être absolue seule au monde, dans cette campagne blanche et vide où craillait, de temps à autre, un corbeau solitaire. Le silence profond des bois enneigés, les plaines uniformes qui se déroulaient au pied de la colline, annihilaient complètement l'existence des autres. J'étais véritablement, durant ces hivers terribles, la seule maîtresse du monde qui m'entourait. L'hiver a son charme, et nous laissons seules, la Maison et moi.

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Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.

Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
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