Parataxe et labyrinthe : la poétique du traumatisme chez Olivia Rosenthal
« Une femme sur le fil » d'Olivia Rosenthal est une réflexion littéraire radicale sur le langage, où la fragmentation de la mémoire, le principe de répétition et l'impossibilité d'une narration linéaire rendent palpable la fragmentation de l'expérience traumatique. L'histoire de Zoé est racontée par fragments numérotés, souvent interrompus brutalement et dépourvus de continuité narrative claire. Ceci reflète non seulement son trouble intérieur, mais interroge aussi les limites du langage lui-même. Victime d'abus de la part de son oncle durant son enfance, Zoé sombre dans une vie d'insécurité et de peur. Son quotidien est marqué par des tentatives d'échapper à ce souvenir oppressant en adoptant des stratégies d'évitement : tandis que Zoé tente de comprendre son passé, elle réfléchit aux mécanismes de la mémoire et du récit. Elle reconnaît que le langage offre des moyens limités d'exprimer le traumatisme et navigue entre fragments de mythe, de littérature et d'expérience personnelle. Par la répétition et la variation de son propre récit, Zoé tente de rendre son traumatisme narrable.
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