La montée insidieuse du fascisme en France : Nathalie Quintane
« Soixante-dix fantômes (choses vues) » de Nathalie Quintane (La fabrique éditions, 2025) est un instantané littéraire de la France contemporaine qui, presque imperceptiblement mais inexorablement, glisse d'une normalité démocratique vers des routines autoritaires. À travers 61 vignettes incisives, Quintane montre comment les idées d'extrême droite s'enracinent dans le quotidien : dans les gestes anodins, dans l'usage du langage, dans la déshumanisation des plus vulnérables et dans des références esthétiques qui ramènent un passé réactionnaire au présent. Le sous-titre fait allusion aux « Choses vues » de Victor Hugo, dont le récit républicain d'ascension sociale est ici inversé : tandis que Hugo documentait l'émancipation politique, Quintane constate le déclin démocratique. Cette critique souligne cette lecture délibérément opposée à celle de Hugo et met en lumière la manière dont Quintane interprète les détails du quotidien comme des signes avant-coureurs politiques, dont les « fantômes » – historiques et contemporains – instaurent un climat de peur, de paralysie et de froideur sociale. Ainsi, le livre apparaît comme un récit à la fois poétique et alarmant d'une société au bord du gouffre, incitant le lecteur à ne pas négliger les signes subtils d'une normalisation autoritaire.
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