Culpabilité, honte, liberté : Marie-Ève Lacasse
Le roman de Marie-Ève Lacasse, « La vie des gens libres » (Seuil, 2025), est une œuvre narrative à la fois sobre et d'une grande complexité, qui explore les conséquences de la culpabilité, l'expérience de la stigmatisation et la quête d'une nouvelle image de soi. Au cœur du récit se trouvent deux femmes : Clémence Thévenin – anciennement Clémence Robert, médecin, criminelle et prisonnière – et Laura Rolin, mère célibataire et médecin en pleine transition sociale. Bien que leurs destins ne soient pas directement liés, ni biographiquement ni socialement, Lacasse, par de subtils parallèles narratifs et des réflexions symboliques, tisse une sorte de double biographie féminine qui se fond en une réflexion collective sur la possibilité de la liberté des femmes. Le roman est multiple : critique sociale des rapports de classe, drame intimiste sur la culpabilité et la solitude, et mosaïque poétique de monologues intérieurs et d'observations concrètes. Dans sa dimension politique plus profonde, « La vie des gens libres » peut également être interprétée comme une analyse critique des systèmes judiciaire et de santé français. Les questions de participation sociale, de solidarité entre femmes et de l'ordre symbolique de la pureté et de l'imperfection sont au cœur du débat. Que signifie être « libre » et qui appartient à la « vie des gens libres » ?
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