Après la fin : la France sans avenir selon Jean Rolin

Le roman de Jean Rolin, « Les événements » (2015), brosse le tableau d'une France où l'ordre étatique s'est effondré sans être remplacé par un nouvel ordre. À travers une série de voyages, d'observations et de rencontres fortuites, le narrateur parcourt un pays marqué par des groupes armés, des barrages routiers improvisés et des infrastructures détruites. La guerre civile demeure étrangement peu spectaculaire : la violence est omniprésente mais rarement explosive ; elle se manifeste par des rues bloquées, des bâtiments désertés et une insécurité permanente qui structure le quotidien. Rolin se refuse à un cadre temporel précis ou à une explication politique. Au contraire, un panorama du présent se dessine comme un état d'urgence permanent, où les anciennes structures étatiques ne subsistent que sous forme de ruines ou de gestes vides. Cette analyse soutient que « Les événements » doit être lu moins comme une dystopie classique que comme une forme de « dystopie documentaire ». Cet ouvrage montre comment Rolin, par une langue sobre et d'une grande finesse d'observation, laisse le catastrophisme s'insinuer dans le quotidien, créant ainsi une nouvelle forme de littérature politique qui se passe de visions totalitaires de l'avenir. L'analyse porte notamment sur la topographie du déclin, la micropolitique de la violence, les formes de communication perturbées et la fin ouverte du roman, qui rejette toute illusion de rédemption ou de reconstruction. Cette recension interprète le texte de Rolin comme un diagnostic littéraire d'un présent où la fin n'est pas imminente, mais déjà advenue.

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De l'autre côté des Pyrénées, dans la direction opposée : Jean Rolin

« Tous passaient sans effroi » de Jean Rolin, paru au semestre d'hiver 2024/25, est bien plus qu'une simple reconstitution historique des évasions à travers les Pyrénées durant l'occupation allemande. C'est un voyage littéraire à travers paysages, souvenirs et destins individuels, où passé et présent s'entremêlent. Rolin aborde le sujet avec sa désinvolture habituelle – non pas en historien, mais en flâneur littéraire, se laissant porter par les traces de l'histoire. Il visite les lieux, parcourt les paysages et reconstitue les évasions, mais sans le pathos d'un récit autobiographique classique. Son style narratif se caractérise par un mélange de curiosité, de détachement ironique et d'un profond respect pour ceux dont il retrace le parcours. Ce sont surtout les destins individuels qui imprègnent le livre et lui confèrent sa profondeur émotionnelle. Walter Benjamin, qui s'est suicidé à Portbou ; Jacques Grumbach, le frère de Jean-Pierre Melville, assassiné par celui qui l'avait aidé à s'évader ; Ou encore le pilote américain Bud Owens, mort d'épuisement dans la neige : leurs histoires illustrent le drame existentiel de ces tentatives d'évasion. Mais Rolin ne demeure pas un observateur détaché : en gravissant lui-même les montagnes, en affrontant le défi physique de l'ascension, il devient un témoin silencieux de ces évasions passées.

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Jachères et aménagement du territoire : Jean Rolin

Le projet de Jean Rolin, visant à créer une topographie différente des espaces de vie avec une « littérature de terrain », dans le contexte apparemment familier autour du pont parisien de Bezons et aux limites de la ville et de la zone environnante, rend visibles des zones négligées, ignorées (terrain vague).

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
Vue d'ensemble de la vie privée

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