Poétique de l'enfance : Jean-Baptiste Del Amo, Le Fils de l'homme (2021)

Le roman de Jean-Baptiste Del Amos, « Le Fils de l'homme » (Gallimard, 2021, traduit en allemand par Karin Uttendörfer sous le titre « Der Menschensohn », Matthes und Seitz, 2025), dépeint une enfance à la frontière du traumatisme, des forces de la nature et d'un rite initiatique ancestral. Dans une langue d'une concision poétique minimaliste et d'une force biblique, le roman met en scène la formation, la déformation et la fracture : l'enfance n'y apparaît pas comme un lieu d'innocence, mais comme une étape transitoire du devenir, caractérisée par le silence, la physicalité et une ambivalence insoluble entre proximité et aliénation. Au cœur du roman se trouve la relation entre un père et son fils – une relation définie non par le dialogue ou la compréhension mutuelle, mais par la présence physique, le mutisme et des rituels archaïques. Dans une prose d'une beauté dense et d'une précision implacable, Del Amo explore la dynamique entre un homme qui semble avoir été oublié de l'histoire et un enfant qui grandit dans cette histoire sans pouvoir la comprendre ni la nommer.

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