Nous allons maintenant parler du Maroc : Gilbert Sinoué

Dans « Au couchant, l'espérance » (Gallimard, 2025), Gilbert Sinoué met en scène l'émergence de l'indépendance nationale comme un miroir et un contrepoint à une lutte individuelle pour la liberté. Le roman lie la libération politique du Maroc à la reconstruction intérieure de son protagoniste, Hussein Chaoui : ce qui s'accomplit politiquement le 16 novembre 1955, avec le retour du sultan Mohammed V et, finalement, avec l'indépendance, apparaît, narrativement, comme une réponse tardive à une succession de pertes, de blessures et de silence. Le roman entrelace deux sémantiques de la rédemption : la souveraineté nationale et la libération personnelle du traumatisme et de la culpabilité. Sa poétique ne réside pas dans l'harmonisation de ces deux fils narratifs, mais dans leur assemblage en un mouvement parallèle tendu, caractérisé par des discontinuités, des expériences asymétriques du temps et une communication fragmentée.

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