Abattez les grands arbres : Gaël Faye, « Jacaranda » après le génocide au Rwanda
Après la lecture de « Jacaranda » (2024), le roman à succès « Petit Pays » (2016) n'apparaît plus comme un simple récit autobiographique, mais plutôt comme le point de départ d'une exploration plus vaste de la tragédie postcoloniale de l'Afrique de l'Est. « Petit Pays » suivait une structure narrative linéaire et fortement autobiographique, façonnée par le regard enfantin du protagoniste, Gabriel. L'histoire débute par une enfance insouciante au Burundi et se poursuit à travers les tensions politiques jusqu'aux événements horribles du génocide rwandais. Ce moment charnière bouleverse irrémédiablement le monde de Gabriel et le plonge dans l'aliénation de ses origines. « Jacaranda », en revanche, est plus fragmenté, introspectif et offre de multiples perspectives. Le roman recourt à des retours en arrière et à des souvenirs fragmentés. Dans « Jacaranda », on perçoit moins un espoir naïf de retour au pays qu'une réflexion profonde et poétique sur le foyer comme espace psychologique.
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