Un Montaigne pour le moment

Partant du principe de la « mobilité textuelle » des œuvres classiques, cette recension met en lumière l’extraordinaire adaptabilité des Essais de Michel de Montaigne dans la modernité et à l’époque contemporaine, en s’appuyant sur les interprétations de Michel Foucault, Antoine Compagnon, Tiphaine Samoyault et sur les appropriations politiques actuelles. Dans ce contexte, l’ouvrage collectif « La réception internationale des Essais de Michel de Montaigne : formes, interprétations, conjonctures » (De Gruyter, 2026), dirigé par Olav Krämer, Andrea Grewe et Susanne Schlünder, est présenté, car il documente systématiquement cette réceptivité, pour la première fois dans une perspective internationale. La recension s’intéresse plus particulièrement aux contributions qui examinent la réception de Montaigne aux XIXe et XXe siècles, ainsi que dans les discours philosophiques et politiques contemporains – par exemple, les études sur Flaubert, Nietzsche, Derrida et l’instrumentalisation politique du scepticisme. Ainsi, l'ouvrage apparaît moins comme un panorama exhaustif que comme une riche source de matière pour une histoire des appropriations modernes de Montaigne, ce qui confirme la thèse développée dès le départ : l'autorité des Essais ne repose pas sur un texte original fixe, mais sur sa variation continue, sa traduction et sa réinterprétation idéologique.

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La France judéo-chrétienne et l'assimilation forcée identitaire : Eric Zemmour

Les présidents de la République française ont chacun cherché leur propre voie pour concilier politiquement la tension entre l'identité de la France en tant que nation historiquement chrétienne et les principes de la république strictement laïque. « La messe n'est pas dite » (2025) présente la vision d'extrême droite d'Éric Zemmour d'une renaissance civilisationnelle de l'Europe par un retour à ses fondements chrétiens. Selon lui, le christianisme constitue le socle historique, culturel et politique de l'Europe. De là découle la revendication d'une rechristianisation intensive et autoritaire, englobant à la fois des mesures juridiques (restrictions sur le choix des prénoms, remigration, limitation des pouvoirs judiciaires) et une transformation culturelle et morale de la société. Il lie cette réorganisation à l'idée d'une « grande alliance » entre catholiques traditionalistes et juifs assimilés, censés sauvegarder ensemble le patrimoine culturel de l'Europe. Cette analyse montre comment l'argumentation de Zemmour repose sur une interprétation sélective de l'histoire et de la religion, réduisant des dynamiques culturelles et politiques complexes à un scénario de menace dualiste. Cela démontre que Zemmour cherche à supprimer la liberté, l'État de droit et l'universalisme – valeurs qu'il qualifie lui-même d'héritage chrétien – au nom d'une affirmation de soi fondée sur l'identité. L'analyse révèle comment Zemmour érige l'islam et le libéralisme moderne en ennemis monolithiques, recourant à une politique de deux poids, deux mesures, par exemple par une interprétation sélective des textes religieux ou une simplification des exemples historiques. De plus, elle montre comment Zemmour instrumentalise la laïcité, la transformant d'un principe de neutralité de l'État en un instrument de domination culturelle. Le programme de Zemmour relève moins d'une défense de l'héritage chrétien que d'une révision autoritaire et identitaire de la tradition républicaine, remettant fondamentalement en cause les fondements de la Ve République.

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
Vue d'ensemble de la vie privée

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