La ville inaccessible : sainteté, histoire et violence dans le roman français sur Jérusalem

Quelle place occupe Jérusalem dans la littérature française contemporaine – et que révèle cette place sur la littérature elle-même ? Cet essai examine onze romans et nouvelles, d’André Schwarz-Bart à Nathan Devers, de Valérie Zenatti à Justine Augier, d’Élie Wiesel à Mathias Énard, et démontre que Jérusalem n’est jamais un simple décor dans ces œuvres, mais bien un principe structurant : une ville qui désoriente les personnages, fait ressurgir des souvenirs refoulés, impose des affiliations et bouleverse les formes établies. Trois types fonctionnels se dégagent de cette comparaison – Jérusalem comme espace eschatologique, comme point focal politique et comme miroir existentiel – qui se répartissent et se chevauchent tout au long des textes sans jamais converger. Une perspective spécifiquement française se révèle constitutive : la laïcité républicaine, l’héritage des Lumières, l’expérience de la Shoah inscrite dans sa propre histoire – autant d’éléments qui colorent la perception d’une ville également sacrée pour le judaïsme, le christianisme et l’islam, et dont la triple sainteté a engendré, pendant des siècles, des guerres autant que des aspirations. Des auteurs arabes et musulmans tels que Karim Kattan, Amin Maalouf et Adania Shibli y apportent leur propre éclairage, décrivant Jérusalem non comme la destination d’un désir ancestral, mais comme le point de départ d’un exil forcé – et utilisant le français comme un médium stratégiquement choisi pour inscrire les concepts et les expériences palestiniennes dans un discours occidental qui, autrement, les ignore. Ce qui unit les œuvres analysées, au-delà de leurs différences, c’est la conscience que Jérusalem échappe au regard narratif dominant : aucun de ces textes ne triomphe de son sujet ; tous portent les marques de l’échec.

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Prix ​​Goncourt 2025, les quatre finalistes : Emmanuel Carrère, Laurent Mauvignier, Nathacha Appanah, Caroline Lamarche

Laurent Mauvignier remporte le prix Goncourt 2025 pour son roman La maison vide (La Maison vide). L'écrivain de 58 ans a reçu un prix du jury de l'Académie Goncourt le mardi 4 novembre.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre a reçu le Prix Renaudot 2025 pour Je voulais vivreLe livre a rencontré l'opposition de Feurat Alani (Le ciel est immense), Anne Berest (Finistère), Justine Lévy (Une drôle de peine) et Louis-Henri de La Rochefoucauld (Amour moderne) à travers.

Les quatre finalistes du Prix Goncourt ont déjà été présentés ici. retraite littéraire discuté : À Emmanuel Carrère avec Kolkhoze, Laurent Mauvignier avec La maison vide, Nathacha Appanahs La nuit au cœur et Caroline Lamarches Le bel obscur, à 2025hXNUMX.

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Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.

Le monde en proie au chaos : Emmanuel Carrère

« Kolkhoze » d’Emmanuel Carrère (POL, 2025) est une saga familiale et historique qui s’étend sur quatre générations. L’auteur y entremêle ses racines russo-géorgiennes à son identité française et inscrit des destins personnels dans le contexte de bouleversements politiques majeurs : de la violence stalinienne et de la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale à la guerre d’agression contre l’Ukraine. Carrère tisse ensemble réflexion autobiographique, généalogie, philosophie politique et historiographie, érigeant en procédé littéraire la tension entre mémoire et dissimulation, entre quête de vérité et de mythe, entre intimité et catastrophe historique. Au cœur du récit se trouve la métaphore du kolkhoze – symbole historique de la collectivisation forcée stalinienne, mais aussi, dans le roman, image de la famille comme collectif où vérité, identité et liberté individuelle sont occultées par les récits collectifs d’origine et d’histoire. Ainsi, l’histoire familiale, et notamment le silence qui entoure le grand-père collaborateur de Carrère, devient un miroir reflétant les mécanismes de répression et d’uchronie propres aux systèmes totalitaires. Cette interprétation met en lumière la manière dont Carrère aborde la pratique soviétique du révisionnisme historique et la persistance de tels mécanismes dans la Russie de Poutine. Le roman intègre directement la réalité de la guerre en Ukraine et démontre que la confrontation avec le passé soviétique se poursuit aujourd'hui, tant sur le plan militaire que symbolique. Carrère dépeint le régime de Poutine comme une « dystopie gigantesque » où la propagande perpétue une perversion de la réalité. Cela marque également une rupture avec sa clémence envers sa mère, Hélène Carrère d'Encausse, qui a longtemps considéré Poutine comme brutal mais rationnel : le roman affirme une position morale claire qui nomme l'agression et l'impérialisme pour ce qu'ils sont. Enfin, l'essai souligne que « Kolkhoze » transcende la chronique familiale et constitue un ouvrage sur la fragilité de l'identité européenne. La France est présentée comme un contrepoint – un lieu d'honneur et d'intégration officiels – tandis que la Géorgie, à travers la cousine de Carrère, Salomé, apparaît comme un espoir d'autodétermination face aux ambitions impériales. « Kolkhoze » est une double exploration : généalogique et politique, intime et historique, un plaidoyer pour la recherche de la vérité et de la clarté morale face à un passé marqué par le mythe et la violence.

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Poétique de l'enfance : Emmanuel Carrère, La classe de neige (1995)

« La Classe de neige », roman d'Emmanuel Carrère paru en 1995, est une œuvre psychologique qui, sous couvert d'un voyage scolaire en colonie de ski, révèle l'angoisse existentielle d'un enfant. Ce qui commence comme un simple récit d'enfance se mue en un voyage sombre au cœur du monde intérieur d'un garçon qui se détache peu à peu de la réalité et sombre dans un cauchemar de culpabilité, de peur, d'aliénation et de violence. Le roman de Carrère instaure une poétique sombre de l'enfance : non pas une innocence perdue, mais un état d'urgence permanent où l'enfant est confronté à des expériences qu'il peine à assimiler.

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Uchronie et salut : Emmanuel Carrère

Des décennies après la publication de son livre « Le Détroit de Behring » (1986, traduit en anglais sous le titre « Kleopatras Nase: kleine Geschichte der Uchronie », 1993), Emmanuel Carrère, dans la réédition de 2025 d’« Uchronie », préfacée de sa propre main, décrit son cheminement comme un passage de l’imagination à l’acceptation, du jeu à la responsabilité, de l’excès uchronique du possible à la réalité vécue. Pour Carrère, l’uchronie n’est pas qu’une simple désignation de genre, mais aussi un commentaire poétique : le texte lui-même est une uchronie, tout en reflétant ce qu’une uchronie peut accomplir – et où se situent ses limites, par exemple dans ses livres « La Moustache » ou « Le Royaume ».

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Exercices de dactylographie

Surtout, écrire pour combattre sa dépression ! Un écrivain qui passe six heures par jour enfermé dans la chambre quand le monde est à la mer ou à la balade, qui voudrait-on qu'il fase d'autre ? Des réussites ? La vidéo du jeu ? Pourtant je m'en défends. Je proteste : « Non, les amis, vous n'y êtes pas ! Pas du tout! Vous êtes en sécurité...

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
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