Le roman noir comme critique de l'État : Benjamin Dierstein
Avec sa trilogie achevée « Bleus, Blancs, Rouges » (2025-2026), Benjamin Dierstein signe une fresque noire monumentale qui dépeint la France de 1978 à 1984 comme une zone de crise politique, morale et institutionnelle. Entremêlant destins fictifs et figures historiques réelles, scandales et réalités, il tisse une saga implacable sur le terrorisme, les services de renseignement, la Françafrique et la transition de l'ère Giscard à la « Mitterlandie ». Dierstein conjugue une recherche archivistique méticuleuse à une force narrative et une satire mordante, dressant le portrait d'une république dont les structures de pouvoir sont gangrenées par les rivalités, la corruption et les dissimulations systématiques. La trilogie se lit à la fois comme un thriller haletant et comme une analyse critique d'un État où raison politique et intégrité morale ont irrémédiablement divergé.
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