La république démantelée et un squelette de baleine : Aurélien Bellanger

En 2023, le narrateur explore les grottes des provinces françaises, collecte les ossements d'une baleine échouée sur les côtes normandes et participe aux manifestations parisiennes contre la réforme des retraites. « Grottes, baleine, révolution » (2025) d'Aurélien Bellanger compose un triptyque poétique et politique de la modernité où grottes, ossements de baleine et tentatives révolutionnaires deviennent des figures conceptuelles d'une réflexion historique. L'ouvrage métamorphose le projet cartographique de ses œuvres précédentes en une topographie du souterrain : les « grottes » représentent la conscience comme espace géologique, la « baleine » la mort comme processus naturel et la « révolution » l'idée épuisée de renouveau collectif. De la fusion de l'expérience autobiographique, de l'empirisme géologique et du symbolisme mythique émerge une poétique de la fouille – la pensée comme sédimentation, l'écriture comme terrassement. Bellanger métamorphose le récit en une forme de savoir où matière, mémoire et histoire s'entremêlent, formulant ainsi une modernité où la connaissance signifie non pas lumière, mais obscurcissement. Par rapport à ses ouvrages « Le vingtième siècle » et « Les Derniers Jours du Parti socialiste », ce nouveau livre apparaît comme un renversement et une incarnation de leur système intellectuel. Tandis que la révolution y était traitée comme une trace idéologique ou archivistique – tantôt comme un concept technocratique de suspicion brandi par l'État, tantôt comme une coquille rhétorique d'une gauche déclinante –, elle devient ici un événement tectonique, presque tellurique, une force de la nature inhérente à l'histoire. Bellanger ramène l'idée benjaminienne de « mémoire » de la bibliothèque à la terre : la pensée descend dans les ténèbres de la matière pour exhumer ce qui a été oublié. La révolution et la baleine morte deviennent des reliques du réel, des fossiles du politique, que seule l'écriture peut animer.

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Aurélien Bellanger dans le rôle de Lorenzaccio : Les derniers jours du Parti socialiste

Avec son dernier roman, « Les derniers jours du Parti socialiste », paru à l'automne 2024, Aurélien Bellanger navigue entre fiction politique, roman à clef et satire sociale, mêlant utopie et dystopie dans une république de plus en plus autoritaire où les idéaux laïques sont instrumentalisés pour imposer des politiques islamophobes. Le roman brosse le portrait d'une société où les clivages politiques traditionnels, ou plutôt la frontière entre la gauche et la droite, s'estompent, et où les mouvements nationalistes et identitaires dominent le paysage politique.

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Jachères et aménagement du territoire : Jean Rolin

Le projet de Jean Rolin, visant à créer une topographie différente des espaces de vie avec une « littérature de terrain », dans le contexte apparemment familier autour du pont parisien de Bezons et aux limites de la ville et de la zone environnante, rend visibles des zones négligées, ignorées (terrain vague).

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L'état d'urgence et le couvre-feu viennent d'être déclarés.

[À l'occasion des émeutes de l'été 2023 à Paris]

Sans dormir et sans pouvoir lire les reportages de la télévision nationale algérienne, je cherche des nouvelles françaises aux Canaries et neigeux d'une mauvaise télévision. Cela peut servir à identifier la silhouette de la famille d'un présentateur du quotidien. J'étais curieux de savoir comment la mort de Machelin allait être traitée.

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Un éclair de lucidité au moment du danger : Walter Benjamin dans Aurélien Bellanger

« Lorsque Scholem revit son ami en 1938, plus de dix ans après leur dernière rencontre, il remarqua que ses cheveux avaient blanchi et qu'il avait pris du poids. Je ne peux m'empêcher d'imaginer la figure grotesque d'un Benjamin démesurément grandissant et occupant tout le volume de la Bibliothèque nationale – un Benjamin de papier mâché ou de cire fondue, formant l'empreinte négative de la bibliothèque, mais qui, à l'extrême, aurait trouvé des issues de secours à ce cauchemar de Babel, sans malheureusement pouvoir les emprunter lui-même. »

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fictions de téléréalité de Bellanger et de Vigan

Les auteurs regardent aussi la télévision. Les réalités médiatiques deviennent le sujet des romans (comme l'étaient autrefois les récits oraux), et peut-être même de la poétique. Les deux romans de Delphine de Vigan, Les enfants sont roiset par Aurélien Bellanger, TéléréalitéCes ouvrages paraissent vingt ans après l'entrée de la France dans le nouveau paysage télévisuel. Selon Bellanger, son livre a été inspiré par la vente d'Endemol, tandis que Delphine de Vigan a pris conscience, grâce à une émission de télévision, de l'existence d'enfants traités comme des stars, notamment de très jeunes influenceurs sur YouTube.

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
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