Fils des morts : Asya Djoulaït
Le roman « Ibn » relate l'histoire bouleversante d'Issa, un adolescent de quinze ans dont le monde s'écroule à la mort de sa mère, Leïla, pendant la prière de l'après-midi. Les cinq prières quotidiennes – Fajr, Dhuhr, Asr, Maghrib et Icha – rythment le temps et reflètent le parcours émotionnel d'Issa, témoignant de son désespoir et de sa détermination grandissants. Animé par le chagrin et refusant de confier une nouvelle fois les funérailles de sa mère (après la mort de son père) à des inconnus, Issa entreprend la tentative courageuse, quoique vaine, d'organiser lui-même les obsèques. Il projette de construire un mausolée personnel pour sa mère et d'accomplir lui-même les ablutions rituelles et les prières funéraires, quitte à transgresser les normes traditionnelles. Ces actions indépendantes contrastent fortement avec les attentes et les inquiétudes de sa mère, Leïla, qui s'était toujours efforcée de l'aider à s'installer en France et à y trouver une situation stable, que ce soit par l'éducation, le choix délibéré de Montreuil comme lieu de résidence pour éviter la ghettoïsation, ou sa participation à une école coranique pour l'ancrer dans la communauté musulmane et l'empêcher de se sentir « perdu ». Issa navigue entre les préceptes religieux, ses convictions personnelles et la dure réalité de la mort, qui le confronte à sa propre identité de « fils des morts ».
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