Implant en silicone et prothèse de guerre : Arno Bertina
Le roman d'Arno Bertina, « Des obus, des fesses et des prothèses » (« Grenades, fesses et prothèses », éd. Verticales, 2025), brosse un tableau à la fois grotesque et perspicace de la souffrance humaine et de la survie dans un cadre improbable : un luxueux hôtel-palais à Gammarth, près de Tunis, un ou deux ans après la chute de Ben Ali, en pleine guerre civile libyenne. D'un côté, l'hôtel abrite des hommes atrocement mutilés, rescapés de la guerre brutale, leurs corps marqués par les grenades et les balles. De l'autre, des femmes ayant subi une chirurgie esthétique et désormais, le corps couvert de bandages et de contusions, attendant leur convalescence. Ces deux groupes, dont les corps ont été « abîmés » ou « modifiés » de différentes manières, se croisent au bord d'une piscine désaffectée, créant une atmosphère de malaise, d'absurdité et de confrontation silencieuse qui imprègne tout le récit.
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