De la stigmatisation à l'émancipation : Arabité à Aïda Amara
Le roman d'Aïda Amara, « Avec ma tête d'arabe », raconte l'histoire d'une jeune journaliste franco-algérienne dont l'identité est bouleversée par les attentats terroristes de Paris du 13 novembre 2015. À partir de cet événement traumatique, le texte déploie une exploration complexe de l'histoire familiale et coloniale, depuis l'enfance parisienne de la narratrice jusqu'à la Kabylie durant la guerre d'indépendance algérienne. Cette analyse démontre que le roman présente l'identité non comme une entité stable, mais comme un processus fragile et continu de reconstruction : le traumatisme détruit ses assurances et contraint la narratrice à réexaminer ses origines, ses traditions familiales et sa place entre la France et l'Algérie. L'analyse porte sur l'entrelacement subtil des trois temporalités, la généalogie féminine de la résistance, l'importance du langage et de l'esprit comme formes d'affirmation de soi, et la fonction de l'humour comme stratégie face à l'impuissance et à la peur. Ainsi, « Avec ma tête d'arabe » apparaît comme un roman à la fois personnel et politique, mêlant blessure individuelle et mémoire postcoloniale, et concevant l'écriture elle-même comme un acte de reconquête d'un soi polyphonique, contradictoire, mais capable.
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