Généalogie de la haine : autobiographie, antisémitisme et poétique de l'histoire chez Édouard Drumont et Christophe Donner

Comme le démontre cet essai, le roman de Christophe Donner, « La France goy », déploie un récit généalogique où s'entremêlent histoire familiale individuelle et histoire idéologique collective. Le point de départ est la recherche, par le narrateur, de son arrière-grand-père Henri Gosset dans les archives. Cette recherche se transforme rapidement en une vaste reconstruction de l'antisémitisme français depuis la fin du XIXe siècle. À travers l'ascension sociale de Gosset et ses liens avec les cercles de Léon Daudet et d'Edgar Bérillon, la famille est directement intégrée au réseau idéologique de l'époque. Parallèlement, la biographie d'Édouard Drumont se construit comme une « anatomie de la haine », révélant comment l'échec personnel, l'humiliation sociale et les stratégies médiatiques se cristallisent en un puissant récit antisémite. Ce réseau est complété par des figures opposées, comme l'anarchiste Marcelle Bernard, ainsi que par la perspective généalogique autour du grand-père Jean Gosset, dont la mort dans un camp de concentration porte le récit historique à son aboutissement tragique. Cette interprétation soutient que la méthode de Donner n'est ni purement autobiographique ni historique au sens classique du terme, mais qu'elle développe, à la manière d'une « archéologie généalogique », une poétique réflexive des archives où documents, fiction et introspection s'entremêlent, subvertissant systématiquement les frontières entre autobiographie et biographie. Au cœur de cette démarche se trouve la thèse d'une continuité structurelle de l'antisémitisme, non pas affirmée discursivement mais démontrée narrativement par la mise en évidence des sédiments idéologiques, linguistiques et affectifs à travers les générations. La réussite littéraire de Donner réside non seulement dans la condamnation morale de l'antisémitisme, mais aussi dans la révélation de son attrait esthétique et narratif : le succès de Drumont s'explique par une logique narrative qui transforme des ressentiments diffus en un récit cohérent. Cela conduit à une approche critique sophistiquée qui appréhende l'écriture elle-même comme un pouvoir ambivalent – ​​comme un moyen à la fois de séduction idéologique et de contre-action éclairée – et qui lit le roman dans son ensemble comme une tentative d'acquérir une forme de connaissance historique qui transcende la simple factualité grâce à l'exploration littéraire des enchevêtrements généalogiques.

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Trois variations intermédiales d'Orphée : Palerme, Berlin et les États-Unis de Trump dans l'œuvre de Sébastien Berlendis

Cette recension envisage le nouveau roman de Sébastien Berlendis, « 24 fois l'Amérique » (Actes Sud, 2026, cité dans FA), en lien avec deux ouvrages précédents (« Revenir à Palerme », 2018, et « Seize lacs et une seule mer », 2021), comme les éléments d'une constellation poétique cohérente. Ces trois textes explorent un motif narratif commun : un narrateur à la première personne suit la piste d'une femme disparue, traversant des paysages chargés d'histoire, de souvenirs et de mélancolie. Tandis que le premier roman déploie une recherche quasi claustrophobique de l'amante perdue, Délia, dans un Palerme en déclin, faisant de la photographie un moyen de remémoration, le second transpose cette quête sur les lacs estivaux de Berlin, où des films Super 8 d'une femme mystérieuse deviennent le point de départ d'une reconstruction paisible du passé. FA étend désormais ce mouvement à un road movie à travers la Rust Belt américaine : le narrateur voyage de New York au lac Michigan pour retrouver Marianne, qui n’est présente depuis des années qu’à travers des cartes postales dessinées. Le roman déploie un voyage visuellement structuré à travers des motels, des friches industrielles et des paysages lacustres, où le matériel photographique, les images surexposées et les plans cinématographiques deviennent des métaphores centrales de la fragilité de la mémoire. Marianne apparaît moins comme une figure réelle que comme une « présence par l’absence », dont le narrateur suit la trace dans un paysage de souvenirs fragmentés. – L’article soutient que ces trois romans peuvent être lus comme une variation intermédiale sur le mythe d’Orphée. Le narrateur de Berlendis évolue constamment dans un mouvement paradoxal entre mémoire et présent : tel Orphée, il tente de retrouver Eurydice, mais sa quête ne le conduit pas à la reconquête de sa bien-aimée, mais plutôt à une transformation esthétique de la perte. L’analyse révèle que cette poétique est fortement influencée par les médias visuels. La photographie, le film et les images Polaroid structurent non seulement les perceptions des personnages, mais aussi l'organisation formelle des textes – notamment dans le roman le plus récent, dont les vingt-quatre épisodes évoquent des plans d'un road movie mélancolique. Parallèlement, cet article interprète ce dernier roman comme un roman politique indirect sur l'Amérique contemporaine : le voyage à travers la Rust Belt traverse des villes désindustrialisées, des paysages empreints de religiosité et des espaces urbains dominés par les migrants, dressant ainsi un portrait complexe d'un pays socialement fracturé. Cette interprétation soutient que Berlendis ne formule pas cette dimension politique de manière programmatique, mais la laisse plutôt émerger d'une poétique de l'observation où mémoire personnelle, perception médiatique et paysages historiques s'entremêlent.

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Entre acte et corps : la littérature comme contre-espace à la justice dans l'œuvre de Laure Heinich

Laure Heinich, avocate pénaliste et essayiste parisienne, dépeint le système judiciaire non comme un lieu de décision, mais comme un espace d'expérience dans ses deux romans. « Corps défendus » suit une avocate qui, face à l'affaire d'Ève, violée et assassinée, se trouve prise entre complexité juridique, douleur familiale et la matérialité des traces et des corps ; ici, le droit apparaît comme un processus qui doit reconstruire la violence pour la juger, créant ainsi de nouvelles blessures. « Avant la peine » (2026), quant à lui, suit une jeune juge durant ses premiers mois de fonction, où elle découvre qu'il n'existe pas de vérité absolue, seulement une « vérité judiciaire », une mise en balance précaire des déclarations, des probabilités et des rôles – illustrée par le cas d'un viol présumé, où la parole de l'un s'oppose à celle de l'autre. Les deux ouvrages présentent le système judiciaire comme un appareil surchargé qui doit fonctionner malgré l'incertitude, transformant les individus en affaires, en dossiers et en fonctions. Cette analyse soutient que la forme littéraire rend visible ce que les manuels de droit ne peuvent saisir : les émotions, les doutes, les chocs physiques et le silence structurel du tribunal. En opposant différentes poétiques – ici le regard introspectif du juge, là la perspective scénique et physique de l’avocat – elle interprète les romans comme des enquêtes complémentaires d’un même système : l’une de l’intérieur, comme un processus de formation d’habitudes, l’autre de l’extérieur, comme une confrontation avec la violence et le traumatisme. Il en résulte l’image d’un système juridique ni objectif ni curatif, mais qui demeure un combat moral permanent. L’analyse conçoit ainsi l’œuvre de Heinich comme un contrepoint au système judiciaire : un espace où l’indicible devient narrable et où les frontières de la vérité, du châtiment et de la justice se matérialisent.

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Lumière, son, silence – Philippe Jaccottet pour son 100e anniversaire

Le type de texte à reproduire sur la page apparaît de la même manière que les brindilles n'ont pas besoin d'être conservées.
Tracer encore des lignes comme on jetait des filins à la surface d'une étendue d'eau, mare infime ou mer à perte de vue,
afin qu'ils supportent une espèce de filet qui nous éviterait la noyade.
« Poèmes de sauvetage »… Paroles, n'importe quoi même peut-être, pour différer l'effondrement.
(La Clarté Notre-Dame, II)

Ainsi, chaque mot inscrit sur cette page serait comme l'une de ces brindilles avec lesquelles Char rêvait jadis de construire un mur défensif.
Pour tracer à nouveau des lignes, comme tendre des cordes sur une eau réfléchissante, qu'il s'agisse d'un petit étang ou d'une mer infinie,
afin qu'ils portent une sorte de filet qui pourrait nous sauver de la noyade.
« Poèmes de sauvetage »… des mots, n’importe quels mots peut-être, pour retarder la dégradation.

L'écho de la chanson

Lecture de Philippe Jaccottet Le dernier livre de Madrigaux et La Clarté Notre-Dame Ensemble, ils franchissent le seuil extrême d'une vie poétique toujours en quête de « clarté », cette lueur du monde que le poète suisse concevait comme le seul lieu légitime de transcendance sans dogme. Les deux recueils, bien que séparés par des décennies dans leur création, forment une unité compositionnelle dans l'édition de 2021 (avec les notes du poète de 2020), publiée en 2021 (année de la mort de l'artiste, né un siècle plus tôt) : la résurgence lyrique de l'un s'ouvre sur la prose méditative de l'autre, et ensemble, ils constituent une ultime variation sur le grand thème de Jaccottet — cette clarté incertaine dont le langage ne peut que témoigner, avec une curiosité presque réticente.

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Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.

Fictions Rimbaud : Philippe Lemaire

Le roman de Philippe Lemaire, « L’Arpenteur de rêves » (2021), ne saurait se réduire à une simple biographie ou à un récit historique du poète Arthur Rimbaud. Il s’agit plutôt d’une construction poétique qui joue avec la figure à plusieurs niveaux : Rimbaud est à la fois narré, évoqué et réinventé. Le titre lui-même suggère un double mouvement : l’« arpenteur des rêves » est celui qui cartographie l’incommensurable, qui saisit l’impossible par le langage tout en le laissant en suspens. Lemaire narre Rimbaud en le romançant, afin de rendre son image nouvellement visible au lecteur.

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Intérieur négligé : Particules, marques et rayures chez Thomas Clerc

Les ouvrages de Thomas Clerc, « Intérieur » et « Cave », sont étroitement liés et forment une exploration cohérente et évolutive de l'espace, du moi et de l'acte d'écrire. Tandis qu'« Intérieur » dresse un inventaire méticuleux de son espace de vie, « Cave » prolonge cette obsession topographique en un voyage au cœur du caché, de l'indicible et du désir. Le passage de la vie visible, à la surface, au royaume invisible et souterrain de la grotte symbolise un double processus : la poursuite d'une méthode littéraire déjà établie et son approfondissement radical dans la complexité de l'intériorité et du désir humains.

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La France comme polis grecque : François Hartog

Le livre dense et concis de François Hartog, *La Grèce antique est la plus belle invention des temps modernes* (2021), troisième volume des conférences Gunnar Hering, qui ne compte que 54 pages, invite à un réexamen critique du rôle traditionnel de la Grèce dans la culture occidentale. Cet ouvrage, qui s'appuie explicitement sur le célèbre texte de Paul Valéry…

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Jardins de transformation : Marivaux et Emmanuelle Bayamack-Tam

Cet article établit un lien entre « Le Triomphe de l'amour » (1732) de Pierre de Marivaux et deux œuvres contemporaines d'Emmanuelle Bayamack-Tam : l'adaptation théâtrale « À l'abordage ! » (2021) et le roman « Arcadie » (2018). Un élément commun les unit : une constellation dramaturgique fondamentale. Un jeune personnage infiltre un monde clos – qu'il s'agisse du cercle philosophique d'Hermocrate, de la communauté quasi-sectaire de Kinbote ou de la commune utopique d'Arcadie. Dans tous les cas, l'ordre établi est remis en question par l'amour, le désir et la transformation. Le mode d'action diffère cependant : la comédie de Marivaux met en scène une mascarade stratégique pour rétablir l'ordre ; Bayamack-Tam transforme ce modèle en une farce queer dans « À l'abordage ! » et en une quête mélancolique de découverte de soi dans « Arcadie ». Le masque devient identité, la performance théâtrale, transformation existentielle. Cet article démontre comment Bayamack-Tam non seulement actualise Marivaux, mais aussi réinterprète radicalement son œuvre : au lieu d’un monde binaire de raison et d’émotion, elle crée des identités fluides dont les désirs ne sont pas domptés par la norme, mais libérés politiquement. Tandis que Marivaux met en scène l’amour comme un moyen de restauration, dans « À l’abordage ! », il devient une déstabilisation plaisante, et dans « Arcadie », la pierre de touche des promesses utopiques de salut. Farah n’est plus seulement l’objet du déguisement, mais de la transformation elle-même. L’essai interprète les œuvres de Bayamack-Tam comme un hommage à Marivaux par une continuation subversive – un humanisme queer qui ne se contente pas de baisser les masques pour révéler la vérité, mais affirme l’identité comme un processus ouvert de devenir.

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Enfance et transformation de soi : Édouard Louis et Didier Eribon

Dans « Changer : méthode » (Seuil, 2021), Édouard Louis présente l’enfance comme l’origine fondamentale de la souffrance, de l’exclusion et de l’irrépressible besoin de fuite. Les expériences de la pauvreté, la dureté du milieu social et surtout l’humiliation et la calomnie constantes liées à une féminité et une homosexualité perçues infligent une profonde blessure au narrateur et lui font prendre conscience d’un destin prédéterminé à éviter. Cette compulsion existentielle à fuir devient le moteur d’une transformation radicale et permanente de soi, non pas envisagée comme un développement naturel, mais comme un « travail » conscient, discipliné et méthodique sur son propre corps et son être, souvent appris par le jeu de rôle et l’imitation. L’enfance fournit non seulement la motivation du changement, mais aussi – à travers les premières stratégies de survie – les premiers pas vers cette « méthode », tandis que les rencontres de l’enfance et de l’adolescence (par exemple, avec les bibliothécaires et Elena) servent de catalyseurs et de précurseurs à la rupture avec le monde d’origine. Même à l'âge adulte, l'enfance demeure un point de référence constant, souvent douloureux, alimentant le besoin permanent de changement et façonnant la quête d'identité et d'appartenance.

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Poétique de l'enfance : Jean-Baptiste Del Amo, Le Fils de l'homme (2021)

Le roman de Jean-Baptiste Del Amos, « Le Fils de l'homme » (Gallimard, 2021, traduit en allemand par Karin Uttendörfer sous le titre « Der Menschensohn », Matthes und Seitz, 2025), dépeint une enfance à la frontière du traumatisme, des forces de la nature et d'un rite initiatique ancestral. Dans une langue d'une concision poétique minimaliste et d'une force biblique, le roman met en scène la formation, la déformation et la fracture : l'enfance n'y apparaît pas comme un lieu d'innocence, mais comme une étape transitoire du devenir, caractérisée par le silence, la physicalité et une ambivalence insoluble entre proximité et aliénation. Au cœur du roman se trouve la relation entre un père et son fils – une relation définie non par le dialogue ou la compréhension mutuelle, mais par la présence physique, le mutisme et des rituels archaïques. Dans une prose d'une beauté dense et d'une précision implacable, Del Amo explore la dynamique entre un homme qui semble avoir été oublié de l'histoire et un enfant qui grandit dans cette histoire sans pouvoir la comprendre ni la nommer.

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Seul celui qui se retrouve confronté à la réalité est fou.

Ce matin, Franck me propose d'observer le visage du loup-garou, simulacre de métamorphose, pour lequel je compare, dont je saisis l'expérience de la peur, pour me prouver qu'il n'y a rien, sa Folie ou le contraire. Je suis dans la chambre, j'ai une chaise, j'ai un visage avec mon air concentré et un changement d'expression, mes yeux sont fixes d'une manière exorbitante, j'ai un trembleur, une machine croustillante, retrousse ses bébés, trier les crocs, serre les dents à s'en faire péter l'émail, souffle et crache, cela dure, je soutiens faiblement son regard, il insiste, sa veine temporale qui palpite, le rouge qui monte au front. Puis Franck s'arrête net, rigole, satisfait de sa performance – alors, t'as flippé ?

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La fragilité des corps face à des dangers insondables

Certaines soirées, ou avant de m'endormir, je m'étais mis à revivre notre voyage passé à Florence, avec la sensation que jamais nous ne connaîtrions à de nouveaux pareils des moments d'inspiration et d'harmonie. Ils appartenaient à ici, sans espoir de retour. Ce sentiment de perte m'oppressait. Nous avions vécu comme une expérience normale ce qui ne l'était pas. Un des moments de notre vie d'avant, sans que la personne ne soit alertée. Personne à moins que Marina A, avec ces performances énigmatiques aux apparences gratuites ou absurdes, nous eût montré une voie aux contours énigmatiques. La fragilité du corps face à des dangers insaisissables, notre mortalité de feuilles légères accrochées au fil de la vie quand on nous promettait l'éternité bionique.

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Naître ne s'arrête jamais

 

Pendant que je roulais avec le corps de mon frère, en train de se décomposer légèrement, deux deux trimbalés sur l'autoroute, j'écoutais l'Incarnatus est de la plus belle des messes de Haydn. Ce petit bout de musique chantée prétendait opérer en quelques minutes un miracle : Et homo factus est. Un homme ? Une femme ? Un être humain prend corps devant nous. Et par paliers, ça s'incarne, c'est fait. Ça n'arrête pas de naître, des fleurs s'ouvrent en accéléré, la peau se construit et les yeux s'ouvrent. C'est une usine qui correspond exactement à ce que vous voulez.

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Orphée à Berlin, la ville des lacs, en film Super 8

Dans « Seize lacs et une seule mer », Sébastien Berlendis explore l’histoire de Berlin à travers le prisme de ses paysages. Ce livre, idéal pour l’été, suit le périple d’une femme d’un lac à l’autre, brossant un tableau presque bucolique de Berlin. Lac Blanc. Lac Long. Müggelsee. Wannsee. Lac du Diable.

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Fictions musicales : Kerangal avec Pinget, Garcia et Reza

« Canoës » de Maylis de Kerangal met en lumière plusieurs dimensions des références musicales présentes dans l’œuvre de Pinget, Garcia et Reza : d’une part, la structuration sémiotique et formelle et le travail intertextuel ; d’autre part, le lien profond entre musicalité et physicalité, entre l’identité personnelle et les dimensions de l’expérience musicale. La résonance désigne le phénomène par lequel un corps vibre ou émet un son en harmonie avec un autre, comme c’est le cas pour les cordes bourdons des luths.

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Fin du monde, fiction climatique, crépuscule des dieux

« Climax » de Reverdy dépeint la nature dévastée du nord de la Norvège, sur fond de village de pêcheurs, avec des ours et des poissons agonisants, des glaciers qui fondent et un accident sur une plateforme pétrolière. À l'instar des légendes nordiques, un affrontement entre deux principes se produit. La fin du monde est annoncée dans ce roman dystopique, aussi sombre que magnifique.

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L'Afrique, l'Europe et le troisième continent

Avec son cinquième livre, l'auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr présente une autre pièce maîtresse de sa littérature politique ; en plus des sujets de ses précédents ouvrages tels que la migration vers la Sicile (Silence du chœur), l'homosexualité au Sénégal (De purs hommes), le djihadisme au Sahel (Terre ceinte), la littérature elle-même est désormais au centre de l'attention avec « La plus secrète mémoire des hommes ».

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Masque, portrait, agrandi, flou

Célia Houdart propose un double portrait réciproque de deux photographes qui ont inspiré son livre « Journée particulière ». Houdart s’interroge sur les approches esthétiques du monde rendues possibles par la photographie. Un aperçu fugace qui fait peut-être écho aux brèves scènes de son écriture.

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
Vue d'ensemble de la vie privée

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