Le corps comme champ de bataille : Boris Bergmann

Dans « Les Corps insurgés » (2020), Boris Bergmann, à la structure complexe en triptyque, retrace le parcours de trois figures : l’artiste de la Renaissance Lorenzo, le Parisien de 68 Baptiste et le migrant contemporain Tahar. Leurs expériences sont organisées selon l’axe des parties du corps, déployant ainsi une poétique du corps comme dépositaire historique et arène politique. Joues, œsophage, foie ou cœur fonctionnent non seulement comme marqueurs anatomiques, mais aussi comme condensations sémantiques de la honte, du désir, de la violence et de la résistance, inscrivant ainsi les biographies individuelles dans des contextes plus larges de pouvoir et de discours. La structure formelle s’inspire clairement de la tradition des blasons, ce genre du début de l’époque moderne qui isole rhétoriquement et élève poétiquement les parties du corps, le transformant en une esthétique moderne et fragmentée où la fragmentation ne sert plus à célébrer, mais à problématiser le corps. L'argumentation du roman – et c'est là aussi son intérêt esthétique – se déploie moins de manière discursive que structurelle, grâce au montage parallèle des trois périodes temporelles, qui engendre analogies et contrastes : tandis que Lorenzo explore le corps comme lieu de transgression artistique contre l'autorité ecclésiastique, le récit de Baptiste révèle l'ossification progressive d'un corps autrefois politisé, et celui de Tahar radicalise cette perspective jusqu'à un point culminant existentiel marqué par la migration, la précarité et une potentielle autodestruction. La force argumentative du texte réside précisément dans le lien constant qu'il établit entre les processus sociaux et idéologiques et l'expérience corporelle. Il ne traite pas la violence de manière abstraite, mais la conçoit comme une inscription sur le corps, et dans le retournement de situation final – la décision de Tahar de vivre au moment de l'explosion potentielle – il crée une figure fragile mais insistante, en contrepoint à la logique de destruction.

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Là où le traumatisme commence : Camille de Tolède

Dans « Thésée, sa vie nouvelle » (Verdier, 2020), Camille de Toledo tisse une enquête littéraire aux multiples facettes à partir d'un événement bouleversant : la découverte du corps pendu de son frère à Paris en 2005. Le roman entremêle deuil, chronique familiale, essai et évocation poétique. Il suit Thésée, la narratrice, sur plusieurs années, selon un double mouvement : d'une part, dans le présent d'un corps traumatisé ; d'autre part, dans les profondeurs généalogiques d'une famille marquée par la perte, le silence et un héritage juif occulté. À partir de trois boîtes contenant des photographies, des lettres et le manuscrit de son arrière-arrière-grand-père, se déploie une sorte de « poème-enquête », révélant comment la violence historique, les suicides et les souvenirs refoulés s'inscrivent non seulement narrativement, mais aussi physiquement, dans les corps de ses descendants. Cette analyse interprète cette œuvre formellement hybride comme une poétique performative de la transgénération : la structure temporelle non linéaire, les synchronicités des dates, la variation des pronoms et l’intégration de témoignages documentaires concrétisent précisément l’enchevêtrement du passé et du présent que le texte affirme. Au cœur de l’œuvre se trouve la réinterprétation du mythe de Thésée : le labyrinthe n’est plus un lieu extérieur, mais l’intériorité de l’histoire familiale, le « fil d’Ariane » une fragile trame de documents d’archives qui n’émerge que dans l’acte d’écriture. En revenant à la fin – dans une inversion radicale de la chronologie – au suicide de l’arrière-arrière-grand-père en 1939, le roman marque l’origine de la blessure et révèle que la connaissance n’est possible que par le retour : en arrivant au lieu d’où tout a pris naissance. L’essai souligne que Toledo ne propose ainsi ni une explication psychologique ni une explication sociologique du suicide, mais établit plutôt une forme littéraire de connaissance qui donne voix à la mémoire sédimentée dans la matière. La littérature apparaît ici comme un lieu de « renaissance » – non pas comme une résolution du traumatisme, mais comme une reconnexion avec les morts, comme une réparation minutieuse d’un fil brisé qui rend concevable une « vie nouvelle ».

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Identité négative : problématiser la littérature juive française dans l’œuvre de Bernard Vorms

Le roman de Bernard Vorms, « Pas gentil » (ci-après PG), déploie, sous forme d'essai, l'introspection d'un intellectuel juif français assimilé qui, confronté à l'âge, à ses origines et à son statut social, se trouve contraint de se confronter à une identité qu'il ne peut ni définir précisément ni se départir complètement. À partir d'une scène banale du quotidien – une lettre concernant des funérailles – se tisse un texte de réflexion aux multiples facettes, mêlant souvenirs autobiographiques, histoire familiale, analyse politique et références littéraires. Le narrateur retrace les trajectoires de l'existence juive entre assimilation et exclusion, analyse la persistance des stéréotypes antisémites et formule une idée centrale avec « l'axiome de l'altérité absolue » : la judéité n'est pleinement compréhensible ni pour les non-Juifs ni pour les Juifs eux-mêmes. Cet essai soutient que le texte déploie son radicalisme littéraire et théorique précisément de cette manière : PG ne doit pas être lu comme une contribution à une « littérature juive française » existante, mais plutôt comme une problématisation de celle-ci. En définissant systématiquement l’identité de Vorm par la négativité – comme une identité qui ne se révèle que dans son indétermination –, il développe une poétique de l’« identité négative » caractérisée par l’ironie (par exemple, dans le préfixe « shm »), une ouverture essayistique et une polyphonie intertextuelle. Le roman délaisse l’intrigue classique et les récits héroïques au profit d’une démarche intellectuelle qui aboutit à une conclusion sobre, intransigeante, mais digne : une acceptation introspective de son appartenance, sans illusions sur son contenu. Cette approche est également interprétée comme un plaidoyer pour l’essai en tant que forme adéquate de réflexion identitaire moderne – une réflexion provisoire, contradictoire et qui ne prétend pas apporter de réponses définitives.

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Mobilité textuelle : Tiphaine Samoyault et son plaidoyer pour une philologie agonistique

La double recension des ouvrages de Tiphaine Samoyault, « Toutes sortes de Misérables » (2026, abrégé TSM) et « Traduction et violence » (2020, abrégé TEV), présente deux approches différentes mais complémentaires de la transformation des textes littéraires et utilise leur juxtaposition pour aborder un changement fondamental dans la compréhension des œuvres littéraires au sein des études universitaires : tandis que TSM, s’appuyant sur l’histoire de la réception et de l’adaptation mondiales des « Misérables » de Victor Hugo, développe une théorie du classique comme fruit d’une variation incessante – le classique existant ainsi non pas malgré, mais grâce à ses réécritures, abrégés, traductions et adaptations –, TEV analyse la traduction comme un acte de transformation culturelle conflictuel qui non seulement permet la compréhension, mais révèle aussi l’appropriation, la réduction de l’altérité et les rapports de pouvoir politiques ; ensemble, ces deux études aboutissent à une conception processuelle du texte littéraire. La double recension met en évidence que, dans les deux ouvrages, Samoyault remet en cause la notion d’un original stable et souverain et formule plutôt une poétique de la « mobilité textuelle ». Dans son analyse des innombrables versions de personnages comme Cosette, elle démontre que c'est précisément la prolifération des variantes qui garantit la mémorabilité culturelle d'une œuvre, tandis que sa théorie de la traduction substitue au discours apparemment harmonieux de la médiation culturelle le concept d'une traduction « agonistique » qui préserve consciemment la différence et la friction. Ainsi, la variation apparaît comme un double mouvement : d'une part, une stratégie de survie du classique dans la mémoire culturelle, et d'autre part, une pratique conflictuelle de négociation linguistique et politique. La double recension appréhende donc les deux ouvrages comme des interventions théoriquement imbriquées contre une conception statique de l'œuvre : la littérature ne naît pas de l'immuabilité d'une origine, mais de la transformation continue par la lecture, l'adaptation et la traduction. Ce faisant, Samoyault déplace l'attention des études littéraires de l'autorité de l'original vers la dynamique de sa circulation dans l'espace et le temps, et appelle à une philologie qui ne cherche plus à fixer « le » texte, mais examine les processus par lesquels les textes changent, se multiplient et acquièrent une efficacité dans de nouvelles constellations historiques et politiques.

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De la pensée sauvage à l'agriculture : La roue dans le marais par Mathias Énard

« Le Banquet annuel de la Confrérie des fossoyeurs » de Mathias Énard (Actes Sud, 2020, traduit en allemand par Holger Fock et Sabine Müller, Hanser, 2021) suit David Mazon, étudiant parisien en ethnologie, dans le village isolé de La Pierre-Saint-Christophe, en Poitou. Ce qui commence comme un travail de terrain se mue en un récit initiatique : David tente de cartographier le village à l’aide des outils de Claude Lévi-Strauss et de Bronisław Malinowski, compilant catégories, transcriptions et tableaux, tandis qu’autour de lui palpite une réalité qui défie toute catégorisation. Parallèlement, un second niveau, métaphysique, s’ouvre : les âmes des morts reviennent sous des formes sans cesse changeantes, traversant batailles, guerres de religion, révolutions et guerres mondiales, jusqu’à réapparaître dans la terre contemporaine sous forme de vers, de sangliers ou de paysans. Au cœur de ce récit se trouve le banquet d'une opulence grotesque de la guilde des croque-morts à l'abbaye de Maillezais – une orgie rabelaisienne de nourriture, d'alcool et de débats, où la mort n'est pas réprimée mais célébrée. Finalement, David, chercheur de terrain, abandonne sa thèse et fonde une ferme biologique avec Lucie : la théorie cède la place au travail, l'observation à la participation. L'essai démontre que ce parcours narratif ne met pas en scène un retour idyllique à la nature, mais plutôt une déconstruction systématique du regard académique. Au départ, le village apparaît comme un « Nouveau Continent », ses habitants comme des objets d'étude – une reconstitution ironiquement fragmentée de l'ethnographie coloniale. Mais méthode et réalité divergent : dialecte, physicalité, mort et travail sapent tout ordre conceptuel. L'intertextualité – de François Rabelais à François Villon – fonctionne ici comme un outil poétique : elle relativise l'autorité de la théorie en la dissolvant dans l'excès, le grotesque et (littéralement !) le métabolisme. Cette interprétation perçoit le paysage rural du roman comme un palimpseste de l'histoire mondiale, des pratiques paysannes et du présent écologique, où mort et fertilité, déclin et avenir sont inextricablement liés. Le savoir, ici, ne naît pas de la distance, mais d'un lien à la terre – une réévaluation radicale et politique de ce que peut signifier la connaissance.

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Le silence après la tempête : Cécile Guilbert

Dans des œuvres antérieures telles que le roman *Les Républicains* (2017) et le recueil de chroniques *Roue libre* (2020), Cécile Guilbert s'est imposée comme une fine analyste du déclin politique, intellectuel et stylistique de la France et de sa société. Son dernier ouvrage, *Feux sacrés* (2025), marque cependant un tournant remarquable, opérant une introspection autobiographique et spirituelle née d'un deuil et d'une quête de sens dans la philosophie indienne. Cet essai explore comment ce retour à une « intériorité radicale » dans *Feux sacrés* peut être compris non comme une résignation, mais comme une forme de résistance, certes différente, mais toujours présente, aux signes de décadence du monde moderne.

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Histoires nocturnes : Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier situe nombre de ses romans dans la ville fictive de La Bassée, notamment « La maison vide » (2025), dont la parution est prévue cet automne et qui est pressenti pour de nombreux prix littéraires français. En guise d'introduction, nous vous proposons de découvrir ses récits nocturnes de 2020, cadre qu'il retrouve dans son nouveau livre. « Histoires de la nuit » (2020) se déroule dans le hameau isolé de « L'écart des Trois Filles Seules », où la peintre Christine vit, voisine du fermier Patrice, de sa femme Marion et de leur fille Ida. Leur vie rurale, en apparence idyllique, est bouleversée par les préparatifs du quarantième anniversaire de Marion. Cette tranquillité est brutalement interrompue par l'arrivée de Denis, l'ex-compagnon de Marion, tout juste sorti de prison et animé par des années de vengeance. Accompagné de ses frères Christophe et Bègue, il vient punir Marion pour la trahison qu'il lui reproche et l'éloignement qu'il a entretenu avec sa fille. Le drame culmine avec le meurtre brutal de Radjah, le chien de Christine, et l'enlèvement des deux femmes. Au fil de la soirée, le passé violent de Marion se dévoile, tandis que Patrice, qui a longtemps dissimulé la vérité sur sa femme, se joint à elle dans une lutte désespérée pour la survie de leur famille et pour protéger leur fille. Cette nuit d'affrontements sanglants met au jour des traumatismes profondément enfouis et une dépravation familiale.

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Fictions Rimbaud : Alain Blottière

Le roman d’Alain Blottière, « Azur noir » (2020), peut être interprété comme une « fiction rimbaudienne », dans laquelle le protagoniste, Léo, développe une relation obsessionnelle et transformatrice avec le poète français Arthur Rimbaud. Pour Léo, Rimbaud n’est pas seulement une figure littéraire, mais devient un élément central de son expérience personnelle, de sa perception du monde et de son développement créatif, notamment dans un contexte apocalyptique de fin du monde. Le roman déploie une riche intertextualité qui s’étend aux détails biographiques, aux concepts poétiques et aux parallèles thématiques. Le récit se déroule dans un contexte de fin du monde, caractérisé par des vagues de chaleur extrêmes, des incendies, des inondations et des catastrophes environnementales. Léo trouve ce présent insupportable, et la « fiction rimbaudienne » devient son ultime refuge. Le monde de Rimbaud, tel que Léo le perçoit dans ses visions, est un « paradis » sans les horreurs du présent – ​​un Paris d'avant l'industrialisation, plein de chevaux, d'air pur et de nature intacte.

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Fils des morts : Asya Djoulaït

Le roman « Ibn » relate l'histoire bouleversante d'Issa, un adolescent de quinze ans dont le monde s'écroule à la mort de sa mère, Leïla, pendant la prière de l'après-midi. Les cinq prières quotidiennes – Fajr, Dhuhr, Asr, Maghrib et Icha – rythment le temps et reflètent le parcours émotionnel d'Issa, témoignant de son désespoir et de sa détermination grandissants. Animé par le chagrin et refusant de confier une nouvelle fois les funérailles de sa mère (après la mort de son père) à des inconnus, Issa entreprend la tentative courageuse, quoique vaine, d'organiser lui-même les obsèques. Il projette de construire un mausolée personnel pour sa mère et d'accomplir lui-même les ablutions rituelles et les prières funéraires, quitte à transgresser les normes traditionnelles. Ces actions indépendantes contrastent fortement avec les attentes et les inquiétudes de sa mère, Leïla, qui s'était toujours efforcée de l'aider à s'installer en France et à y trouver une situation stable, que ce soit par l'éducation, le choix délibéré de Montreuil comme lieu de résidence pour éviter la ghettoïsation, ou sa participation à une école coranique pour l'ancrer dans la communauté musulmane et l'empêcher de se sentir « perdu ». Issa navigue entre les préceptes religieux, ses convictions personnelles et la dure réalité de la mort, qui le confronte à sa propre identité de « fils des morts ».

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Jachères et aménagement du territoire : Jean Rolin

Le projet de Jean Rolin, visant à créer une topographie différente des espaces de vie avec une « littérature de terrain », dans le contexte apparemment familier autour du pont parisien de Bezons et aux limites de la ville et de la zone environnante, rend visibles des zones négligées, ignorées (terrain vague).

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Paris s’éveille – ce jour portera ton nom

Paris s'apaise. Mon père est tout près, je le sens. Je retrouve son odeur, le grain de sa voix, tous ces détails que la mort nous vole. Je vais devoir le laisser partir à nouveau mais je l'ai ramené au présent. Il a marché sur mes épaules, déambulé dans les rues de cette ville qu'il nous a offert, à mon frère et moi. C'est le rêve qu'ils ont eu, avec ma mère : offrir Paris à leurs enfants. Que tout commence ici. Alors cette ville est mienne, oui, parce qu'elle m'a été donnée. Et tout ce qui bruisse en elle, la clameur du passé, les fracas, les révoltes, les fautes pressées, le pas hésitant des poètes, les solitudes côte à côte et les grands espoirs de fautes, sont miens. Je prends tout. Je retrouve Paris. Et je sens mon père sourire avec douceur, heureux de voir que tout continue au-delà de lui.

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Samuel Beckett à la maison de retraite

20 aôut 1989

[Radio]

Bonjour à tous, l'émission «Les Archives du théâtre» vous emmène, ce soir, sur les traces du plus français des Irelandais, d'un maître de la langue et de l'absurde : Samuel Beckett. L'écrivain dramaturge fête, cette année, les vingt ans d'un prix Nobel qu'il refuse d'aller chercher lui-même – par timidité, ont dit certains, par provocation, ont dit d'autres. Toujours est-il que cette date est l'occasion pour nous de vous faire découvrir les trésors caches des archives du théâtre. En quelques secondes, vous découvrez une interview de l'acteur Vittorio Caprioli diffusée partout En attendant Godot C'est une joie inédite en Italie. Ces archives sont issues d'une diffusion intégrale de la pièce, mise en scène en français – créée en 1953 – par le grand Roger Blin pour la Comédie-Française, le 2 avril 1978.

Trois, deux, un, zéro… Allô Paris, ici Rome. Les consolations théâtrales s'assemblent, se dispersent, se refont à nouveau, selon les humeurs des artistes, les exigences des impresarii, les caprices du cinéma. Le metteur en scène Luciano Mondolfo et l'acteur Vittorio Caprioli sont retrouvés sur les planches d'un petit et élégant théâtre Romain : le théâtre du 6 via Vittoria. Ils y ont associé leur talent à celui de Marcello Moretti qui va, on s'en souvient, empporté un très grand succès à Paris comme Arlequin dans la pièce de Goldoni – Arlequin, valet deux maîtres – donné par le Piccolo Teatro. Avec Claudio Ermelli, Antonio Pierfederici, Caprioli et Moretti, ils jouent depuis plusieurs semaines, avec le plus grand succès, une version italienne d'Le serviteur Godot de Samuel Beckett. Le tableau de Giulio Coltellacci est créé dans un décor saisissant par sa simplicité et sa sobriété tragique. Le Tout-Rome intellectuel va au spectacle. Je vous en félicite, monsieur Caprioli, et je me félicite moi-même de vous avoir devant le micro pour cette émission spéciale…

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Mémorialiste du Roi

Tahar Ben Jelloun annonça aussitôt que le roman ferait sensation au Maroc : Maël Renouard publie les aveux d’un écrivain qui, à l’instar de Racine pour Louis XIV ou de Voltaire pour Louis XV, est employé comme historien par le roi Hassan II. Le roman déploie avec délectation les figures de rhétorique et les tournures de phrase propres au grand style classique du XVIIIe siècle.

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Turbulence de l'air avec Oulipo

L'Oulipo, atelier d'écriture créative, reste prolifique et, grâce à Hervé Le Tellier, a figuré parmi les finalistes de plusieurs prix littéraires durant les vacances d'été. Un jeu sur les possibles : et si l'inimaginable se produisait en mars 2021, un événement que nous considérons aujourd'hui comme de la science-fiction ? Et si nous devions rencontrer nos doubles ? Et si cet avion subissait de violentes turbulences en route vers les États-Unis ? Fidèle à la poétique collective de l'Oulipo, il s'agit d'un nouveau jeu sur les références, les citations et les effets de mise en abyme, le tout présenté avec esprit, intelligence et brio. Le président du groupe, Hervé Le Tellier, invente un alter ego avec un roman du même nom, Victør Miesel, et le ø n'est pas un hasard : symbole mathématique, Tellier a lui-même étudié les mathématiques et la linguistique, comme il l'explique dans son livre. Toutes les familles heureuses a écrit.

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Un cycle de romans sur les émotions

Après son cycle romanesque Marie, Jean-Philippe Toussaint avait écrit le roman La clé USB a commencé un nouveau, dont le deuxième volume Émotions La mort du père relie les deux textes ; le narrateur explore toute une gamme d'émotions : joie et tristesse, surprise, peur et colère, voire dégoût.

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Trois corps, trois époques

Lorenzo est un jeune peintre de la Renaissance qui souhaite révolutionner l'art tout en poursuivant sa quête de beauté et en assouvissant ses passions. Baptiste appartient à une respectable bourgeoisie. En mai 1968, il aspire à plus de liberté, mais surtout à plus d'excès. Tahar, quant à lui, a finalement fui en France et souhaite obtenir un titre de séjour. « Chacun s'efforce à tout prix d'atteindre son but : atteindre la beauté, bouleverser le monde ou donner un sens à l'exil. Bien que le temps et l'espace les séparent, ces êtres sont animés par la même ferveur : le feu de la passion. »Texte de l'éditeur)

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Instantanés d'un exilé juif en France

Saturn Son roman figure sur la quasi-totalité des listes de lecture pour les prix littéraires de cet automne. La romancière et psychanalyste Sarah Chiche y raconte son histoire tragique et celle de sa famille, qui l'a jadis plongée dans une profonde dépression. À la manière d'un film, elle saisit des instantanés de l'enfance de son père : les années 1950, Alger, son père Harry, grandissant avec son frère aîné Armand, et ses parents aisés, Louise et Joseph. Les hommes de la famille sont médecins. Cette famille juive n'a pas fait partie des colons français, mais vivait en Algérie depuis son expulsion d'Espagne au XVe siècle. Une vie fastueuse jusqu'à la guerre d'Algérie, puis l'exil en France, entre bourreaux et victimes du passé.

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Un roman qui retrace la naissance d'Internet.

« Nous accompagnons le journaliste Dimitri dans sa recherche minutieuse de l'ingénieur français Louis Pouzin, véritable inventeur d'Internet. Tout était prêt : les datagrammes à Rocquencourt, le réseau des Cyclades, le lancement du Web à Genève. Le lobbying et la politique française ont empêché que le berceau de cette invention technologique révolutionnaire ne soit en Europe en 1974. »Parinfo)

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Utopie de la modernité politique

À l’occasion de l’élection présidentielle américaine de 2020 : l’écrivain Stéphane Denis imagine une principauté située quelque part en Europe, entre la Suisse et le Liechtenstein, qui « emprunte des traits à Monaco et à l’impératrice Sissi » (Étienne de Montety). Un pays oublié de la modernité et de l’Union européenne, où le peuple est gouverné par un souverain plus préoccupé par l’organisation de ses plaisirs personnels que par l’élaboration des lois.

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Rentrée littéraire : littérature française contemporaine
Vue d'ensemble de la vie privée

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