François Mitterrand entre mythe et critique : Annie Ernaux

Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :

De Gaulle, Mitterrand, Ernaux

Annie Ernaux, Les années (Paris : Gallimard, 2008/2010).

François Mitterrand, « Le Coup d'État permanent ». (1964) Dans ouvre, Vol. 2. (Paris : Les Belles Lettres, 2016).

Adolf Kimmel, François Mitterrand (Stuttgart : Kohlhammer, 2022).

Michel Winock, François Mitterrand (Paris : Gallimard, 2015).

Alain Duhamel, François Mitterrand : portrait d'un artiste (Paris : Flammarion, 1995).

La comparaison d'Annie Ernaux Les années (2008) avec le texte de François Mitterrand dirigé contre le président De Gaulle Le Coup d'État permanent L’ouvrage de 1964 est pertinent car deux textes de genres très différents – l’autobiographie impersonnelle et le pamphlet politique – saisissent le même mécanisme : la personnalisation du pouvoir républicain en une seule figure. Cependant, ils le font selon des perspectives opposées et avec une emphase inversée, et c’est précisément de cette réflexion que la comparaison tire toute sa force. Mitterrand dissèque le pouvoir charismatique de de Gaulle de l’extérieur, en accusateur : l’identification d’un homme à la France, la structure quasi-monarchique des institutions, la « légitimité » invoquée comme masque d’une origine illégitime. Quatre décennies plus tard, Ernaux décrit le même phénomène de l’intérieur, du point de vue du « on » collectif qui se soumet émotionnellement à la figure charismatique – mais cette fois en relation avec Mitterrand lui-même, qui, en 1981, devient l’écran de projection de cet espoir personnalisé qu’il avait jadis dénoncé comme un danger. Plus précisément, cette juxtaposition démontre que la Ve République tend structurellement à transformer même ses opposants déclarés en figures de sauveurs à connotation monarchiste, et que le récit apparemment affirmatif d'Ernaux sur Mai 1981 porte d'emblée en lui une dimension critique porteuse des germes d'une désillusion ultérieure. En confrontant la perspective analytique externe de l'accusateur à la perspective affective interne du sujet collectif, on met en lumière non seulement une ironie biographique, mais aussi une caractéristique historico-politique structurelle de la Ve République elle-même – et c'est là que réside l'idée maîtresse de cet article.

In Les années Dans le roman d'Ernaux paru en 2008, il n'y a pas de personnages au sens classique du terme. Le livre raconte l'histoire d'un « on » impersonnel et d'un « nous », une voix collective dans laquelle se dissout l'autobiographie du narrateur. Dans ce cadre, François Mitterrand n'est pas un personnage auquel Ernaux confère une profondeur psychologique, mais plutôt un point de repère récurrent à partir duquel le livre retrace l'évolution de la condition collective sur plus de trente ans. Il apparaît à presque chaque étape – du milieu des années 1960 jusqu'à sa mort en 1996 et au-delà – et subit une transformation qui illustre la poétique d'Ernaux : la grande figure politique devient un miroir dans lequel se lisent les espoirs, les euphories et les désillusions changeantes d'un collectif de gauche. Dès lors, l'importance de Mitterrand pour la compréhension du livre ne peut être démontrée qu'à travers cette évolution.

Les biographes Kimmel, Winock et Duhamel dressent un tableau remarquablement cohérent de la trajectoire qui débute le 10 mai 1981 avec la première présidence de gauche en France. Winock décrit cette victoire électorale comme l'accomplissement des espoirs d'une gauche qui venait tout juste de se rallier à Mitterrand, et souligne combien, dans ce climat de changement, les gens de gauche ont éprouvé un retour tardif à 1936 et à la libération. Kimmel, en particulier, met en lumière le caractère excessif de ces attentes : lors du congrès du parti à Valence en octobre 1981, des orateurs ont ouvertement réclamé des têtes qui tomberaient, et même Mitterrand lui-même, parfois grisé par son pouvoir quasi absolu, s'est laissé emporter par la rhétorique de la lutte des classes et les allusions à Robespierre et Lénine. Duhamel exprime avec une grande clarté la promesse centrale : durant la campagne électorale, Mitterrand s’est présenté comme le « grand exorciste du chômage », un ingénieur social capable de résoudre le problème de l’emploi. C’est précisément là que tous trois situent la source de la désillusion ultérieure. Avec les plans d’austérité de juin 1982 et surtout de mars 1983 – le « tournant de la rigueur » –, le lyrisme du changement a cédé la place à la « triste logique des faits ». 1Duhamel situe précisément la fin du « romantisme du changement » à cinq ou six saisons et montre comment la montée inexorable du chômage (plus de trois millions en 1995) a anéanti les espoirs sociaux. À la mort de Mitterrand en 1996, les Français admiraient l'homme mais condamnaient son action comme un « terrible échec ». Kimmel résume l'aveu même de Mitterrand – « En 1981, nous rêvions peut-être » – et décrit la transition des 110 promesses de campagne à l'« économie mixte » comme l'entrée dans une « phase de réalisme ». Il est à noter que les biographes n'interprètent pas principalement cette rupture comme du cynisme : Duhamel voit en Mitterrand davantage une « victime de son propre talent », qui croyait à l'efficacité de la seule volonté politique et a surestimé sa marge de manœuvre économique.

En lisant ces résultats biographiques en parallèle Les annéesLa quasi-totalité des récits du mouvement se superpose de façon frappante, malgré une différence cruciale de perspective. Tandis que les biographes reconstituent les événements de l'extérieur, à partir de sondages, de comptes rendus de congrès et de données économiques, Ernaux les présente de l'intérieur, du point de vue vécu du « on » collectif. Sa description lyrique de la soirée électorale – les larmes, les symboles, le besoin de « se délecter des symboles et de la nostalgie » – constitue, en un sens, la dimension affective et intérieure de cette exubérance que Kimmel décrit comme une euphorie collective et l'ivresse propre à Mitterrand. Et le jugement amer d'Ernaux sur la « rigueur » – le 10 mai devenant un « souvenir embarrassant, presque ridicule », l'impression que « l'événement n'a jamais eu lieu » – correspond précisément à ce que Duhamel décrit comme la « grande tromperie » et le « sentiment d'avoir été dupé » des gens ordinaires. La juxtaposition n'est donc pas un parallèle fortuit, mais une complémentarité méthodologique : les ouvrages non fictionnels fournissent les chaînes causales (choc pétrolier, fuite des capitaux, pression à l'intégration européenne, abandon du programme keynésien) qui n'apparaissent dans le texte d'Ernaux que comme un vague sentiment d'aliénation (« l'État prenait une fois de plus ses distances avec nous »). Inversement, Ernaux apporte ce qui manque structurellement aux biographies : l'expérience vécue de la foi et de son extinction, l'expérience de la manière dont une promesse politique se cristallise puis se dissout dans la conscience collective. Les marqueurs mêmes de la distance qu'Ernaux intègre à l'euphorie (le « semblaient » planant, le « thérapeute-être » rétrospectif) peuvent être rapprochés de l'interprétation de Duhamel et Kimmel selon laquelle Mitterrand a moins menti qu'il n'a surestimé son propre pouvoir ; les deux lectures décrivent un espoir qui, dès son émergence, portait en lui les germes de la désillusion. Ainsi, la biographie analytique et l'autobiographie collective littéraire se complètent pour former une image plus complète d'un même processus historique.

Le jeune Mitterrand : un nom, un geste de rejet

Lors de sa première apparition, dans le contexte de l'élection présidentielle de 1965, Mitterrand n'était guère plus qu'un nom auréolé d'une vague aura historique :

On ne s'avisait pas d'évaluer ce qu'on vivait par rapport aux discours politiques ni aux événements du monde. Sur le plaisir de cette femme d'avoir voté contre Gaulle car le candidat François Mitterrand n'a pas le nom plongé dans les années Algérie française. Dans le cours de l'existence personnelle, l'histoire n'est pas significative. On était seulement, selon les jours, heureux ou malheureux.

Personne ne songeait à mesurer son expérience à l'aune des discours politiques ou des événements internationaux. Ils se contentaient de savourer le plaisir de voter contre de Gaulle et pour le candidat charismatique dont le nom évoquait vaguement les années de l'Algérie française : François Mitterrand. Dans leur vie quotidienne, l'histoire n'avait aucune importance. Ils étaient simplement heureux ou malheureux, selon les jours.

Ces quelques phrases contiennent déjà le postulat de base qui structure tout le livre. Mitterrand n'y apparaît pas comme un programme, ni comme une conviction, mais comme « le plaisir de voter contre de Gaulle ». 2 – comme un geste négatif. Il n’est pas choisi pour quelque chose, mais contre quelqu’un. Le caractère vague avec lequel son nom se projette dans le passé est révélateur : il « se projetait vaguement dans les années de l’Algérie française ». 3Ernaux fait ici discrètement allusion au rôle problématique de Mitterrand comme ministre de l'Intérieur et de la Justice pendant la guerre d'Algérie, sans le formuler explicitement – ​​le mot « confusément » entretient délibérément le flou, à l'image de la conscience politique encore peu développée de ce « nous » jeune. La troisième phrase est cruciale : « Dans le cours de l'existence personnelle, l'histoire ne signifiait rien. » 4Dans cette phase, la politique et l'histoire sont extérieures ; elles n'ont aucune incidence sur le bonheur ou le malheur privés. D'emblée, Mitterrand marque le seuil entre le temps privé et le temps collectif – ce seuil dont l'estompage progressif constitue le véritable sujet de Les années .

Mitterrand apparaît une seconde fois dans cette même phase initiale, au milieu des conversations des repas de famille petits-bourgeois. Son rôle est ici avant tout un jeu de contraste : sa quasi-défaite de de Gaulle au second tour avait « libéré le barrage du mépris ». 5 et la « sénilité soudaine » du général fut révélée 6, que le Canard enchaîné On l'appelait désormais simplement « Charles le Ballotte ». Mitterrand apparaît moins comme une personne que comme un catalyseur : sa simple existence en tant qu'opposant sérieux démontre que la suprématie gaulliste est vouée à l'échec. Cela suggère déjà qu'il représente moins lui-même qu'une possibilité – celle d'une autre France.

1974 : le duel, l'espoir qui s'éteint

Avec le duel télévisé contre Giscard au printemps 1974, Mitterrand se retrouva pour la première fois au centre d'un horizon collectif d'attentes, qui, en même temps, commençait déjà à s'obscurcir :

Entre le 11 septembre 73 – les manifestations qu'on allait suivre sous le soleil contre Pinochet après l'assassinat d'Allende tandis que la droite jubilait de voir terminée « la triste expérience chilienne » – et le printemps 1974 – installés devant la télé à regarder ce qui était présenté comme le grand événement, Mitterrand et Giscard face à face –, on disposait de croire qu'il y aurait un nouveau mois de mai.

Entre le 11 septembre 73 – les manifestations contre Pinochet que la population a suivies sous le soleil après l’assassinat d’Allende, tandis que la droite se réjouissait de voir la fin de « la triste expérience chilienne » – et le printemps 1974 – assis devant la télévision à regarder ce qui était présenté comme le grand événement, Mitterrand et Giscard face à face –, les gens avaient cessé de croire qu’il y aurait un nouveau mois de mai.

Mitterrand apparaît ici comme le point d'aboutissement d'une évolution qui s'éloigne de la ferveur révolutionnaire de Mai 68. Le duel est présenté comme « ce qui a été présenté comme le grand événement ». 7 Dès son apparition, le terme « distanciation » laisse transparaître des soupçons de manipulation médiatique. Entre le coup d’État contre Allende et ce printemps, on a cessé de croire à un « nouveau mois de mai ». 8Mitterrand s'inscrit ainsi, avant même sa prise de pouvoir, dans une logique de déclin : il n'est pas la révolution, mais son substitut institutionnel et parlementaire – ce qui subsiste lorsque s'estompe la croyance en un grand réveil collectif. Ce scepticisme initial est essentiel à l'interprétation car il prépare le terrain à la désillusion ultérieure : l'euphorie de 1981 n'est pas un début naïf, mais déjà une résurgence sur fond de doute.

1981 : Mitterrand comme surface de projection mythique

Le véritable point culminant des passages sur Mitterrand est la nuit électorale du 10 mai 1981. Dès lors, la prose d'Ernaux bascule indéniablement vers un lyrisme quasi liturgique. Mitterrand n'incarne plus une personne, mais le retour même de l'histoire.

Après tout, en fin de compte, les jeunes, les femmes, les ouvriers, les professeurs, les artistes et les homosexuels, les infirmières, les jeunes hommes et femmes étaient nés facteurs, et sur disponibilité enviaient de la faire à nouveau. C'était 36 ​​ans, le front populaire des parents, la libération, un 68 ans qui aurait réussi. En disponibilité besoin de lyrique et d'émotion, de la rose et du Panthéon, de Jean Jaurès et de Jean Moulin, du Temps des cerises et des Corons de Pierre Bachelet. Les mots vibrants qui nous semblaient sincères parce qu'on ne les avait pas entendus depuis longtemps. Il fallait réoccuper le passé, reprendre la Bastille, se saouler de symboles et de nostalgie avant d'affronter l'avenir. Les larmes de bonheur de Mendès France quand Mitterrand l'embrasse, c'était les nôtres.

Après tout ce temps, en ce soir de dimanche de mai brumeux qui effaçait la défaite précédente, l'histoire se remémorait, avec une foule immense – jeunes gens, femmes, ouvriers, professeurs, artistes, homosexuels, infirmières, facteurs – et tous aspiraient à la revivre. C'était 36, le Front populaire des parents, la Libération, un 68 qui aurait pu triompher. Il y avait un besoin de lyrisme et d'émotion, de la Rose et du Panthéon, de Jean Jaurès et Jean Moulin, du Temps des cerises et des Couronnes de Pierre Bachelet. Des mots vibrants qui nous semblaient sincères car nous ne les avions pas entendus depuis si longtemps. Il nous fallait reconquérir le passé, reprendre la Bastille, nous délecter des symboles et de la nostalgie avant d'affronter l'avenir. Les larmes de joie versées par Mendès France lorsque Mitterrand l'a enlacé – elles étaient les nôtres.

Ce passage est au cœur de tout le récit de Mitterrand. Plusieurs techniques s'y entremêlent. D'abord, la fusion des périodes temporelles : 1981 n'est pas simplement 1981, mais simultanément 1936, la libération de 1944 et « une '68 qui aurait réussi ». 9La victoire de Mitterrand devient le point de convergence de tous les espoirs déçus ou inassouvis de la gauche française ; elle condense la mémoire collective de tous les soulèvements précédents. Deuxièmement, il y a l’accumulation de symboles : la rose (emblème des socialistes), le Panthéon (la célèbre marche de Mitterrand jusqu’aux tombes de Jaurès, Moulins et Schoelcher), le Temps des cerises (Le Chant de la Commune de Paris). Mitterrand n'est ici qu'une simple surface de projection, un réceptacle pour le « lyrisme et la sentimentalité ». 10Troisièmement, et c’est crucial pour la méthode d’Ernaux, l’appropriation collective du sentiment individuel : « Les larmes de joie de la France de Mendès [...], c’étaient les nôtres. » 11Les larmes d'un individu deviennent les larmes du collectif. Mitterrand est le véhicule par lequel le « on » réintègre « l'histoire ». 12, après s'être sentie exclue du pouvoir pendant vingt-trois ans.

De manière significative, même au sein de cette euphorie, un élément de doute s'insinue : « Des paroles vibrantes qui nous semblaient sincères parce qu'on ne les avait pas entendues depuis longtemps. » 13Cette « apparence » laisse planer le doute quant à la sincérité réelle ou à sa simple conséquence d'une longue privation. L'ensemble du processus est décrit comme une « ivresse de symboles et de nostalgie ». 14 décrit – une euphorie, donc, dont l’effet modérateur est déjà pris en compte.

En outre, la description de l'affiche électorale montre à quel point Mitterrand est devenu une image : autour de lui plane « l'aura de souveraineté, à laquelle son portrait sur fond de village avec un clocher d'église conférait la force d'une évidence enracinée dans de vieux souvenirs ». 15Le candidat socialiste s’inscrit dans une mémoire nationale profonde grâce à l’imagerie rurale et ecclésiastique – Mitterrand se présente comme l’incarnation de la « force tranquille », et Ernaux enregistre précisément le fonctionnement de cette mise en scène.

Le tournant de 1983 : de sauveur à administrateur

C’est précisément parce que les attentes étaient si élevées que le changement est brutal. Avec la politique de « rigueur », le ton change :

L'atmosphère tournait à la sévérité, le discours - "rigueur" et "austérité" - à la punition, comme si avoir plus de temps, d'argent et de droits était illégitime, qu'il faille revenir à un ordre naturel dicté par les économistes. Mitterrand ne parlait plus à vous les « gens de gauche ». […] Le 10 mai, un souvenir gênant, presque dérisoire. Les nationalisations, les augmentations de salaires, la réduction du temps de travail, tout ce qu'on avait cru être la réalisation de la justice et l'avènement d'une autre société nous paraissait avoir relevé d'une vaste cérémonie de commémoration du Front populaire, de culte rendu à des enfuis sincères avec les célébrants, peut-être, ne croyaient pas. L'événement n'avait pas eu lieu. L'État s'éloignait à nouveau de nous.

L'atmosphère se fit plus sévère, le discours – « fermeté » et « austérité » – se mua en punition, comme s'il était illégitime de disposer de plus de temps, d'argent et de droits, comme s'il fallait revenir à un ordre naturel dicté par les économistes. Mitterrand ne parlait plus des « gens de gauche ». Mais le 10 mai devint un souvenir embarrassant, presque ridicule. Les nationalisations, les augmentations de salaire, la réduction du temps de travail – tout ce que nous avions considéré comme la réalisation de la justice et l'aube d'une société différente – semblaient être le fruit d'une grande commémoration du Front populaire, un culte d'idéaux disparus auquel les célébrants ne croyaient peut-être plus. L'événement n'avait pas eu lieu. L'État prenait une fois de plus ses distances avec nous.

C’est là que réside la transformation centrale de la figure de Mitterrand : de sauveur mythique à simple administrateur d’un « ordre naturel dicté par les économistes ». 16. Que Mitterrand « ne parlait plus des “gens de gauche” » 17 La signature linguistique de cette trahison est le renoncement au seul mot qui avait scellé le lien avec le « nous ». Particulièrement révélatrice est la réinterprétation rétrospective de 1981 : ce qui était alors « la réalisation de la justice » 18 Cela semblait être le cas, mais cela apparaît maintenant comme une « grande cérémonie commémorative ». 19, comme un culte d’idéaux disparus, « auxquels les célébrants n’ont peut-être pas cru » 20Ce « peut-être » ajouté est dévastateur : rétrospectivement, il remet en question la sincérité de l’instant. La déclaration lapidaire « L’événement n’a pas eu lieu » 21 Cela anéantit presque totalement l'euphorie de la section précédente. Mitterrand incarne ici la rupture d'une promesse – et donc la preuve que l'espoir que la politique puisse transformer la vie collective n'était qu'une illusion.

Le deuxième terme : « Tonton » et s'y habituer

Dans les années qui suivirent, Mitterrand perdit son aura messianique et devint une figure familière de l'époque. Après le changement de pouvoir en 1986, le constat était simple : « Mitterrand était de nouveau aimé. » 22 Le peuple l'aime à nouveau, mais seulement parce que la droite apporte encore moins de bonheur. Avant sa réélection en 1988, sa démission est totale.

La forme entière, par rapport à 81, le cœur n'est pas comme ça, aucun regard n'est attentif au spectateur, et la garde Mitterrand attend Chirac. Il était Tonton, rassurant, un homme du centre, entouré de ministres bcbg, dont les gens de droite ne craignaient plus rien.

En tout cas, comparé à 81, l'enthousiasme n'était plus là ; nous n'avions ni espoir ni attentes, seulement le désir de garder Mitterrand plutôt que d'avoir Chirac. Il était en forme, rassurant, un homme du centre, entouré de bons ministres que la droite ne craignait plus.

Le contraste avec 1981 est volontairement saisissant : « comparé à 81, on n'y sentait plus la même passion. » 23Le porteur du salut collectif est devenu « Tonton » – l’oncle chaleureux et rassurant. 24, « un homme du milieu » 25, devant qui « les gens de droite ne craignaient plus rien » 26L'élection de 1988 n'est plus une source d'espoir, mais plutôt un moyen de limiter les dégâts : « Gardons Mitterrand au lieu d'élire Chirac. » 27Suite à sa réélection, le sentiment général était le suivant : « La réélection de Mitterrand a rétabli notre paix. Il valait mieux vivre sous la gauche sans rien attendre que de s’inquiéter constamment sous la droite. » 28Mitterrand représente désormais l'opposé de 1981 : non pas un nouveau départ, mais le « calme ». 29, la vie «sans rien attendre» 30C'est devenu une habitude, une présence rassurante en arrière-plan à une époque où la politique n'offre plus aucune promesse.

Le défunt Mitterrand : incarnation du déclin et du temps

Finalement, Mitterrand se transforme en une allégorie de la fugacité elle-même. Le président vieillissant et malade devient indissociable du thème central du livre : le passage du temps.

C'était un vieil homme exténué aux yeux enfoncés trop brillants, à la voix détimbrée, a dépouille assistant de chef d'État dont les aveux sur son cancer et sa fille secrète signaient l'abandon du politique, obligeaient à ne plus voir en lui, par-delà ses compromis et ses ruses, que la terrible figuration du « temps qui reste ».

C'était un vieil homme épuisé, aux yeux enfoncés qui brillaient d'une lumière trop vive, à la voix monocorde, une coquille vide de chef d'État assis, dont les aveux concernant son cancer et sa fille secrète ont scellé la fin de sa carrière politique, forçant les gens à ne voir en lui, au-delà de ses compromis et de ses intrigues, que la terrible incarnation du « temps qui reste ».

Le déclin physique de Mitterrand – « un vieil homme épuisé » 31, « une coquille assise » 32 – devient l’incarnation visible du temps qui passe. Ses aveux concernant son cancer et sa fille illégitime scellent « l’abandon du politique ». 33Dans la mesure où l'être humain émerge, le politicien disparaît. La formule « l'incarnation terrible du "temps restant" » 34 C’est là le point crucial : Mitterrand n’incarne plus une orientation politique, mais plutôt le memento mori qui plane sur tout le livre. Sa disparition de la vie politique préfigure sa mort.

Ce décès survenu en 1996 est relaté avec une grande objectivité, tout en étant élevé au rang d'événement collectif :

On regardait sans comprendre l'énorme titre à la une du Monde, FRANÇOIS MITTERRAND EST MORT. La faute était reformée en décembre, sur la place de la Bastille, dans la nuit. On continuait d'avoir besoin d'être ensemble et c'était la solitude. La soirée du 10 mai 81, dans la ville de Château-Chinon, Mitterrand, fut entendue par le président de la République, et fut intitulée « quelle histoire ».

Ils contemplaient, sans vraiment saisir, l'énorme titre à la une du Monde : FRANÇOIS MITTERRAND EST MORT. La foule se rassembla de nouveau, comme en décembre, place de la Bastille, la nuit. Le besoin d'être ensemble persistait, alimenté par la solitude. On se souvint alors que le soir du 10 mai 81, à la mairie de Château-Chinon, lorsqu'il apprit son élection à la présidence de la République, Mitterrand avait murmuré : « Quelle histoire ! »

Le cercle est bouclé : la foule rassemblée à la Bastille rappelle l'euphorie de 1981, mais aujourd'hui, ce rassemblement n'est plus que « solitude ». 35Et le fameux « quelle histoire ! » 36 Le souvenir de la soirée électorale de 1981 revêt une double signification : il renvoie à la fois à une carrière politique improbable et, selon les mots d'Ernaux, à l'histoire de toute une époque liée à cet homme.

Ce que Mitterrand est pour comprendre Les années bedeutet

De ces jalons découle la véritable importance de Mitterrand pour l'ouvrage. Tout d'abord, il représente une échelle temporelle. Dans la conclusion, Ernaux note que les médias divisent les gens en « générations de de Gaulle, Mitterrand, 68 et le baby-boom ». 37et ailleurs, il est dit à propos des jeunes : « Mitterrand était leur de Gaulle, ils avaient grandi avec lui, quatorze ans, c'était probablement suffisant » 38Mitterrand structure la biographie collective ; ses quatorze années au pouvoir, comme l’écrit Ernaux, se figent en un « bloc » de temps figé, à partir duquel on peut voir à quel point on a vieilli.

Deuxièmement, Mitterrand incarne le cycle de vie d'un espoir politique. Aucun autre personnage du livre ne parcourt un arc narratif aussi complet : du nom vague à la figure mythique du sauveur de 1981, de l'administrateur décevant de la « rigidité », au « tonton » rassurant, et enfin à l'allégorie de la mort. Cet arc narratif condense toute l'histoire affective de la gauche française entre 1965 et 1996 — l'émergence, le déclin et l'extinction finale de la conviction que la politique pouvait transformer la vie collective.

Troisièmement, et c'est le plus fondamental, Mitterrand sert le principe central du livre : l'indissociabilité du temps personnel et du temps national. Les larmes de la France de Mendès sont « les nôtres ». 39Le déclin physique de Mitterrand est « l’incarnation du temps qui lui reste ». 40et donc aussi de sa propre vie éphémère ; sa mort suscite le même besoin de communauté, qui se révèle aussitôt comme solitude. Mitterrand est le lieu où la grande histoire et le vieillissement personnel se rejoignent. Tel est précisément le programme de Les annéesUne « autobiographie impersonnelle » où le moi n’existe qu’à l’intersection d’expériences collectives. En retraçant l’ascension et la chute de Mitterrand, Ernaux relate simultanément l’avènement et le déclin d’un espoir, la fin d’une époque et – subtilement enchâssée dans le récit – son propre vieillissement. Mitterrand n’est donc pas seulement un thème parmi d’autres, mais un pivot central, où se révèle avec le plus d’éclat la poétique de l’autobiographie impersonnelle.

Mitterrand, auteur et mythe : Le Coup d'État permanent et Les années

Les arguments de Mitterrand contre de Gaulle (1964)

Avant toute comparaison, il convient d'examiner les deux volets de l'accusation portée par Mitterrand contre de Gaulle. Le Coup d'État permanent (1964) à reconstruire.

Le premier argument concerne l'origine illégitime du pouvoir. Le retour de De Gaulle en mai 1958 n'était pas un « arbitrage » entre un État humilié et des vassaux arrogants, comme le prétend la version officielle, mais un coup d'État : De Gaulle a inspiré une conspiration politique et exploité une mutinerie militaire pour renverser l'ordre républicain existant, bien que délabré. « Du 13 mai au 3 juin 1958, le général de Gaulle a perpétré un premier coup d'État. » 41Mitterrand interprète le terme de « légitimité », que de Gaulle invoque sans cesse, comme le symptôme d’une mauvaise conscience : ceux qui doivent constamment justifier leurs origines gouvernent « par effraction », par intrusion. Mitterrand inscrit de Gaulle dans une tradition bonapartiste – il le compare à « un Louis-Napoléon Bonaparte habité par les vertus bourgeoises d’un Louis-Philippe Ier ». 42 —et voit dans le gaullisme la synthèse de la mégalomanie monarchique et de la passion jacobine pour l’unité, soit la matrice classique du « pouvoir personnel ». La victoire du référendum constitutionnel de 1958 fut une « manière de sacre », un acte d’auto-couronnement organisé sur le modèle du plébiscite napoléonien.

Le second argument concerne l’érosion de l’État de droit après la prise de pouvoir. Le véritable « coup d’État permanent » n’est pas l’événement unique de 1958, mais sa continuation quotidienne : « un coup d’État chaque jour ». 43De Gaulle réduisit le Premier ministre à un simple exécutant – il était « son aide de camp, les autres ses hommes de main ». 44 — en privant le Parlement de ses pouvoirs législatifs et en le confinant à un « ghetto d’interdits », et en neutralisant progressivement tous les contre-pouvoirs : le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, le pouvoir judiciaire indépendant. Ce qui reste, selon la vision de Mitterrand, c’est un « monarque entouré de sa cour ». 45 envers un peuple trompé. Le fameux terme tabou trouve également sa place ici. Mitterrand qualifie ouvertement le régime de dictature : « J’appelle le régime gaulliste une dictature parce que, tout bien considéré, c’est à cela qu’il ressemble le plus, parce qu’il tend inexorablement vers un renforcement continu du pouvoir personnel, parce qu’il ne dépend plus de lui pour changer de cap. » 46Il intensifie encore son accusation en parlant d’une « dictature qui s’ignore », qu’il considère, de ce fait même, plus dangereuse qu’une dictature ouvertement déclarée. Il interprète le « secteur réservé » en matière de politique étrangère, non prévu par la Constitution, comme la preuve que la politique étrangère de la France n’appartient plus à la nation, mais à « un seul homme, et pire encore, un homme isolé ». 47La distinction opérée par Mitterrand est importante : son accusation vise l’exercice personnel du pouvoir par de Gaulle, et non les institutions républicaines en tant que telles – une distinction qui préfigure son propre mandat ultérieur de président de la Ve République.

Mitterrand s'appuie principalement sur l'analogie historique : il place systématiquement de Gaulle dans la même lignée que Louis-Napoléon Bonaparte et Pétain, invoquant le traumatisme républicain séculaire du « bonapartisme » et du « césarisme » pour délégitimer le général, présenté comme une réincarnation du pouvoir personnalisé. Deuxièmement, il exploite la dimension rhétorique du terme clé : il retourne le concept de « légitimité », invoqué par de Gaulle, contre son créateur en l'interprétant comme le symptôme d'une mauvaise conscience, et il associe le mot « dictateur » au général par la formule paradoxale de « la dictature qui ne se connaît pas elle-même ». Troisièmement, il recourt à la dénigrement ironique et à une imagerie antithétique, par exemple en réduisant le Premier ministre à un simple « aide de camp » et les ministres à de simples « gens », ou en présentant le régime sous les traits d'un monarque entouré de « domestiques ». Quatrièmement, il exploite l'effet d'anticlimax et l'intensification inhérents au titre lui-même : transformant le « coup d'État » singulier de 1958 en une usurpation permanente et quotidienne grâce à la formule « coup d'État de tous les jours ». Enfin, il confère à l'accusation une dynamique littéraire grâce à un ton pamphlétaire, des allusions érudites et un langage périodique rythmé ; le mélange de précision juridique, de références classiques et de verve polémique fait du texte une « plaidoirie à charge », une accusation savamment composée contre la prétention personnelle au pouvoir de de Gaulle.

Le même phénomène des deux côtés

Une tension révélatrice apparaît lorsqu'on compare le Mitterrand d'Ernaux avec le Mitterrand qui a lui-même pris la plume en 1964. Le Coup d'État permanent Mitterrand formulait exactement la même critique à l'égard du régime présidentiel personnalisé et quasi monarchique qu'il incarnerait plus tard en tant que président. Son principal reproche contre de Gaulle était d'avoir instauré un régime où la politique étrangère de la France n'appartenait plus à la nation, « mais à un seul homme et, pire encore, à un homme isolé ». 48C’est précisément cette réduction de la République à une seule figure qu’Ernaux décrit dans le billet de Mitterrand de 1981 – de manière affirmative – comme l’affiche avec « l’aura d’une souveraineté […] enracinée dans de vieux souvenirs ». 49, le sauveur en qui convergent les espoirs collectifs.

Les deux ouvrages éclairent ainsi le même phénomène sous des angles opposés. Mitterrand analyse les mécanismes du pouvoir charismatique de l'extérieur, en accusateur ; il dénonce la « légitimité » de de Gaulle comme un besoin rhétorique d'un homme qui gouverne « par effraction », par intrusion. Ernaux, quant à lui, décrit ce même pouvoir charismatique de l'intérieur, du point de vue du « on » collectif qui s'y soumet. Ce que Mitterrand dénonce en 1964 comme une supercherie – l'identification d'un homme à la France, qu'il identifie comme la clé de voûte du gaullisme : « il identifiera la France à de Gaulle ». 50 —, le nous dans Les années Vingt ans plus tard, l'attention se porte sur Mitterrand lui-même. L'ironie est à la fois historique et littéraire : le théoricien le plus incisif des dangers du « pouvoir personnel » devient l'écran de projection de cet espoir personnalisé qu'il avait jadis disséqué.

Ce que cette comparaison signifie pour l'interprétation de Les années bedeutet

Cette découverte approfondit notre compréhension de la méthode d'Ernaux. Car Ernaux n'ignorait pas l'ironie. Son récit du culte de Mitterrand en 1981, comme on l'a montré, recèle, dès le départ, un doute inhérent : « des mots qui nous paraissaient sincères ». 51 —et la désillusion subséquente du «rigueur» confirme que le sujet collectif avait été dupé par une performance mise en scène. Si l’on lit Les années et son Le Coup d'État permanent En toile de fond, l’ascension de Mitterrand au rang de « Tonton » puis de « terrible figuration du 'temps qui reste' » apparaît comme l’ultime confirmation de ses premiers écrits : la Ve République transforme même ses opposants déclarés en figures monarchistes. Mitterrand lui-même n’a jamais nié cette continuité – il l’a admise Le Coup d'État permanent et même le rééditer pendant sa présidence.

Pour comprendre Les années Cette comparaison signifie-t-elle que le Mitterrand d'Ernaux ne se contente pas de résumer l'histoire affective de la gauche, mais révèle aussi le paradoxe structurel de la Ve République : un système institutionnel dont la critique et l'incarnation peuvent coïncider en une seule personne ? Ernaux écrit ainsi, sans l'affirmer explicitement, l'histoire d'une république qui incite sans cesse ses citoyens – et ses présidents – à personnifier le politique en une seule figure ?

Suggestion de référence/citation
Nonnenmacher, Kai. "François Mitterrand entre mythe et critique : Annie Ernaux." Rentrée littéraire : littérature française contemporaine. 2026. Consulté le 9 juin 2026 à 05h34. https://rentree.de/2026/06/02/francois-mitterrand-zwischen-mythos-und-kritik-annie-ernaux/.

Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.

Remarques
  1. « La logique triste des échecs »>>>
  2. « Un moyen de plaire aux électeurs opposés à de Gaulle »>>>
  3. « Plongeait de confusion dans les années de l'Algérie française »>>>
  4. « Dans le cours de l'existence personnelle, l'Histoire ne signifiait pas »>>>
  5. «débondé l'irrévérence»>>>
  6. « brusquement révélé la sénilité »>>>
  7. « Ceci est présent comme l'événement majeur »>>>
  8. “un nouveau mois de mai”>>>
  9. «Un 68 qui aurait réussi»>>>
  10. « lyrisme et émotion »>>>
  11. « Les larmes de bonheur de Mendès France [...], c'était les nôtres »>>>
  12. “dans l'Histoire”>>>
  13. « Les mots vibrants qui nous semblent sincères parce qu'on ne les avait pas entendus depuis longtemps »>>>
  14. « Se saouler de symboles et de nostalgie »>>>
  15. « L'aura de souveraineté à laquelle son portrait sur fond d'un village avec un clocher d'église conférait la force d'une évidence enracinée dans de vieilles mémoires »>>>
  16. « Ordre naturel dicté par les économistes »>>>
  17. "ne parlait plus vous 'peuple de gauche'">>>
  18. « la réalisation de la justice »>>>
  19. « vaste cérémonie de commémoration »>>>
  20. « Auxquels les célébrants, peut-être, ne croyaient pas »>>>
  21. « L'événement n'avait pas eu lieu »>>>
  22. « Sur Mitterrand ré-aimait »>>>
  23. « par rapport à 81, le coeur n'y était pas »>>>
  24. "racial">>>
  25. “un homme du centre”>>>
  26. « Les gens de droite ne craignaient plus rien »>>>
  27. « Garder Mitterrand plutôt que d'avoir Chirac »>>>
  28. "La réélection de Mitterrand nous rendait à la tranquillité. Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite">>>
  29. "tranquillité">>>
  30. “sans rien attendre”>>>
  31. « un vieil homme exténué »>>>
  32. “une dépouille assise”>>>
  33. "l'abandon du politique">>>
  34. "la terrible figuration du 'temps qui reste'">>>
  35. "solitude">>>
  36. « quelle histoire »>>>
  37. "générations de Gaulle, Mitterrand, 68 ans, baby-boom">>>
  38. « Mitterrand est un membre du Gaulle en Europe, il est disponible avec joie pour les grands, il a tout, il a deux atouts. »>>>
  39. « les nôtres »>>>
  40. « figuration du temps qui reste »>>>
  41. « Du 13 mai au 3 juin 1958, le général de Gaulle démissionna et instaura un premier coup d'État. »>>>
  42. « Un Louis-Napoléon Bonaparte qu'habiteraient les vertus bourgeoises de Louis-Philippe Ier »>>>
  43. «un coup d'État de tous les jours»>>>
  44. « Le Premier ministre est l’aide de camp, les autres ses ordonnances »>>>
  45. « Un monarque entouré de ses corps domestiques »>>>
  46. « J'appelle le régime Gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap »>>>
  47. « A un homme seul et, pis encore, à un homme seul »>>>
  48. «Mais à un homme seul et, pis encore, à un homme seul»>>>
  49. « L’aura de souveraineté [...] enracinée dans de nombreux souvenirs »>>>
  50. « Identifiant de la France auprès de de Gaulle »>>>
  51. «des mots qui nous semblent sincères»>>>

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