Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Plutôt la vie : deux regards sur la révolution
Les événements de 1968 ont marqué toute une génération en France et continuent de constituer un point de référence complexe pour la compréhension de soi, tant individuelle que collective. Le roman de Bernard Pellegrin Springemps fragile et le récit de Maren Sell, qui ressemble à des mémoires Tout est là Chaque auteur met en scène une histoire personnelle de 1968 qui, par le choix de ses perspectives, de son style narratif et, finalement, de sa conclusion, fait émerger des interprétations fondamentalement différentes de « Mai 68 » : celle de Pellegrin Springemps fragile est une œuvre de fiction qui retrace la vie de plusieurs personnages sur un demi-siècle et s'interroge sur l'évolution de leurs espoirs et idéaux de 1968. Il s'agit d'une analyse critique de l'héritage de la génération de 68 : elle dépeint 1968 comme un éveil collectif, mais finalement désillusionnant, dont la « révolution linguistique » initiale et l'« horizon insurmontable de la révolte » ont été trahis, banalisés ou considérés comme un « détour inutile » par les protagonistes, aboutissant à un sentiment de « traumatisme post-politique » et à des « adieux » avortés. À l'inverse, Maren Sell, journaliste, écrivaine et éditrice allemande installée à Paris depuis les années 1960, propose sa propre interprétation. Tout est là Sell perçoit la période qui suit 1968 comme une libération personnelle du poids du silence allemand sur l'Holocauste et une rupture avec l'« hystérie révolutionnaire » du terrorisme. Elle a vécu de près les mouvements politiques et culturels de la gauche française et a notamment milité au sein du groupe maoïste Gauche prolétarienne. Elle trouve sa « révolution » dans la langue et la culture françaises, dans son travail d'éditrice et dans le développement de relations humaines, ce qui fait de 1968 pour elle un terreau fertile pour une « vie grande » riche, quoique toujours marquée par le traumatisme. Ces deux œuvres démontrent une fois de plus que 1968 a été perçue soit comme une profonde désillusion face aux utopies sociales, soit comme une renaissance individuelle face au poids de l'histoire.
Cela a un caractère générationnel, cela n'a pas le même Idéal, mais cela a la capacité de gérer et d'opérer une adaptation nécessaire aux conditions du moment. (Pellegrin, Springemps fragile.)
Ce qui caractérise ma génération, ce ne sont pas ses idéaux, mais sa capacité à les trahir en y voyant une adaptation nécessaire aux conditions du moment.
Cette introspection cynique, attribuée à Jean-Pierre, ancien maoïste, est une thèse centrale de l'ouvrage de Pellegrin sur la génération de 68. Il présente 1968 non comme le fondement d'un changement social durable, mais plutôt comme un épisode où les idéaux ont été victimes d'une prétendue « adaptation nécessaire » – et donc d'une trahison. L'auteur suggère que cette génération a abandonné ses convictions au profit de sa carrière et de son intégration au système établi, faisant de 1968 un projet avorté, marqué par un « traumatisme post-politique » et des espoirs déçus.
Pellegrins Springemps fragile Ce roman est un portrait nuancé de la génération française de 1968, retraçant le parcours d'un groupe d'anciens militants sur plusieurs décennies. Au cœur de l'intrigue se trouvent des personnages tels que Jean-Pierre (JP), Karl, Richard, Anne-Laure, Gégé et Bernadette, dont les chemins, des idéaux révolutionnaires de jeunesse aux ajustements, désillusions et nouveaux engagements, sont explorés. Le roman met en lumière le fossé entre les aspirations révolutionnaires initiales et les réalités de la vie adulte, qui se manifeste dans les parcours professionnels, les luttes personnelles et l'érosion des convictions radicales. Le devoir de se souvenir et d'interpréter l'histoire de Mai 68 est un motif central, soulignant souvent la nature subjective et fragmentée de ces souvenirs. Le récit détaille les expériences de JP, de son travail désenchanté à l'usine de Meulan – qu'il considère comme le seul moment véritablement révolutionnaire de sa vie – à son rôle ultérieur d'homme d'affaires prospère. Richard, dont le journal constitue une source primaire importante, décrit le militantisme étudiant à Nanterre et la « Nuit des Barricades ». Le parcours d'Anne-Laure la mène de l'activisme à la fondation d'une librairie et maison d'édition féministe (P&V Éditions), puis à une carrière de consultante politique. Gégé, simple ouvrier devenu militant puis porte-parole des sans-abri, est profondément désillusionné par l'indifférence de la société. Bruno, ancien marxiste-léniniste, se transforme en éco-terroriste. Pellegrin utilise le personnage de Pierrick, jeune cinéaste, qui tente de décrypter et de réinterpréter la signification de 1968 pour la génération actuelle.
J'écris un poème en français. Ça résonne. J'en écris un autre. Ma nouvelle langue est dans la même langue, sonore. « On n'est autorisé que par soi-même », écrit Lacan. C'est une invitation au courage. Une jauge, un défi, un gage : on paie une dette en déposant un objet, un livre. La mort de mes camarades, qualifiés de terroristes, a également entraîné de nombreux sacrifices. Je voudrais quand même leur rendre hommage, essayer de faire comprendre aux lecteurs français comment l'étau de l'Histoire s'est refermé sur eux, comment la spirale de la violence les a enchaînés. N'est-ce pas le silence de nos parents, l'absence des mots qui les ont poussés au passage à l'acte meurtrier ? (Maren Sell, Tout est là.)
J’écris un poème en français. Il résonne en moi. J’en écris un autre. Ma nouvelle langue m’accueille dans son être même, dans sa sonorité. « On n’est autorisé que par soi-même », écrivait Lacan. C’est un appel au courage. Un risque, un défi, un engagement : on paie une dette en déposant un objet, un livre. La mort de mes camarades, même s’ils furent qualifiés de terroristes, fut aussi celle de vies sacrifiées. Je veux encore leur rendre hommage et tenter de faire comprendre aux lecteurs français comment l’étau de l’histoire s’est refermé sur eux, comment la spirale de la violence les a enchaînés. N’est-ce pas le silence de nos parents, l’absence de mots, qui les a poussés à commettre des actes meurtriers ?
Cette citation souligne le rôle central de l'écriture et de la langue française comme acte de libération personnelle et d'engagement actif dans l'histoire. Le français devient sa « nouvelle langue », lui permettant de se libérer de la « culpabilité » de ses origines et du « silence » de ses parents. Par l'écriture, elle tente de comprendre et d'humaniser la dynamique complexe du groupe Baader-Meinhof en interprétant sa radicalisation comme une conséquence de l'« absence de mots » de la génération précédente. Ainsi, 1968 est construite comme une période qui exige non seulement une action politique, mais surtout une profonde réflexion linguistique et le « courage » de l'introspection.
Maren vend Tout est là Ce récit personnel, à la manière d'un mémoire, explore les thèmes de l'identité, de la mémoire et du traumatisme historique, notamment à travers le prisme de la vie de Maren Sell, écrivaine d'origine allemande installée en France. L'ouvrage éclaire son histoire personnelle, profondément marquée par l'ombre de l'Holocauste et le passé complexe de sa famille. Le récit souligne le pouvoir transformateur du langage, de la littérature et des liens humains pour appréhender ces expériences profondes. Maren se confronte à son identité allemande et à la culpabilité collective qui y est associée, cherchant réconciliation et sens à travers sa culture et sa langue françaises d'adoption. Sell raconte son enfance dans l'Allemagne d'après-guerre, notamment la découverte bouleversante d'une photographie montrant les atrocités nazies. Son adolescence est marquée par ses rencontres avec la littérature, la musique (Wagner, Brahms, le jazz, la poésie) et ses premiers amours, autant d'éléments qui contribuent à la construction de son identité. Son installation en France et son engagement dans le mouvement de Mai 68 et le militantisme de gauche (notamment l'accueil d'Andreas Baader et de Gudrun Ensslin) constituent une période charnière de son développement personnel et politique. Plus tard, en tant qu'éditrice, elle a défendu la littérature européenne et la diversité des voix afin de combler les fossés culturels et de remettre en question les normes conventionnelles. Ses réflexions portaient également sur des thèmes tels que l'amour, le deuil, la maternité et le vieillissement, trouvant du réconfort dans sa famille et dans la recherche de liens.
récits historiques
Pellegrins Springemps fragile Le roman brosse le panorama de la « génération de Mai 68 » en tissant des destins individuels au sein d'un récit collectif. Il adopte de multiples perspectives, suivant une galerie de personnages variés, représentatifs de différents courants politiques et milieux sociaux. Des maoïstes (JP, Karl) et trotskistes (Édith) aux situationnistes (Paul) et éco-terroristes (Bruno), tout le spectre de l'activisme de l'époque est dépeint. Cette diversité permet à Pellegrin d'éclairer les ambivalences, les transformations et les issues souvent décevantes des idéaux de cette période. Nombre de personnages évoluent, passant de militants radicaux à citoyens accomplis qui portent un regard honteux ou cynique sur leur passé. Le jeune journaliste Pierrick fait le lien avec le présent et propose une réflexion sur l'écriture de l'histoire. Il s'efforce de comprendre l'histoire de son grand-père Richard, participant à la « Nuit des barricades », et de la transmettre à une nouvelle génération. Cela crée une distance critique par rapport aux événements, reflétant à la fois l'admiration et la désillusion face aux « événements » de 1968.
Maren vend Tout est là À l'inverse, Sell choisit une perspective profondément personnelle et autofictionnelle qui lie inextricablement les événements historiques au monde intérieur de la narratrice. Son roman « 1968 » ne s'ouvre pas seulement sur les mouvements étudiants, mais s'enracine déjà dans l'histoire de l'Allemagne d'après-guerre et les traumatismes de l'Holocauste, qui ont façonné son identité d'Allemande née en 1945. Son engagement au sein de la Gauche prolétarienne à Paris et ses rencontres avec des figures comme Andreas Baader et Gudrun Ensslin sont relatés du point de vue introspectif d'une femme qui se détourne progressivement de la violence pour se tourner vers une « révolution » culturelle et linguistique. Pour Sell, 1968 est un catalyseur de libération personnelle de la « culture du silence » allemande et une quête d'une nouvelle identité biculturelle entre l'Allemagne et la France. Son point de vue s'attache moins aux succès ou aux échecs extérieurs du mouvement qu'au travail intérieur sur l'histoire, la culpabilité et la signification du langage et de l'art.
Styles narratifs
Le style de Pellegrin dans Springemps fragile Le roman est résolument romanesque, avec une trame narrative claire qui retrace l'évolution des personnages. Il alterne entre narration directe, dialogues et extraits du journal de Richard. Le style est souvent descriptif et précis lorsqu'il s'agit de décrire des actions (par exemple, la construction de barricades) ou la pénibilité du travail de JP à l'usine. Des métarécits, comme le projet de film de Pierrick, rompent la linéarité et ajoutent une dimension de réflexion sur la représentation de l'histoire. Si la « révolution linguistique » de Mai 68 est évoquée, l'accent est davantage mis sur l'ambivalence des mots prononcés à l'époque et leur « trahison » ultérieure.
Le style de Maren Sells Tout est là L'écriture de Sell, associative, essayistique et poétique, est profondément marquée par son identité d'éditrice et d'amoureuse de la littérature. Elle entremêle anecdotes personnelles, réflexions philosophiques, citations littéraires et contemplations sur le pouvoir du langage. Ce langage, souvent sensuel et riche en métaphores (par exemple, la « Symphonie photographique » de Paul, la « Panthère » de Rilke, la « Hache » de Kafka), est au cœur de son œuvre. Son rapport à ses « deux langues » (l'allemand et le français) y devient un motif central, soulignant la complexité de son identité biculturelle et sa capacité à faire le lien entre différents mondes. Son style, intime et introspectif, invite le lecteur à sonder ses pensées et ses sentiments, faisant de « Rumeurs de mai » une expérience profondément émotionnelle et existentielle.
Autocritique rétrospective ?
Ces deux ouvrages proposent une exploration profonde de la génération de 68 et de ses conséquences, chacun étant caractérisé par une forme spécifique d'autocritique et la reconnaissance d'erreurs ultérieures.
In Springemps fragile L'autocritique se déploie principalement à travers les réflexions rétrospectives des personnages, qui évaluent leurs idéaux et leurs actions de jeunesse à la lumière de leurs expériences ultérieures. Jean-Pierre (JP), ancien maoïste, formule une critique acerbe de l'idéologisation de sa jeunesse : « JP, que tu étais encore un idiot », murmure Jean-Pierre, désormais apaisé. « Que reste-t-il du GRCP ? Et de Mao ? Sa verrue contenait tout le pus de sa Révolution culturelle. À quoi pensions-nous, à idolâtrer ce type presque pédophile ? » 1 Ici, la « trahison » des idéaux est perçue comme une adaptation pragmatique, quoique moralement discutable, à la réalité. Dominique Hurel, lui aussi ancien militant de gauche, va plus loin, qualifiant Mai 68 de « détour inutile » qui a retardé l’élaboration d’une réflexion politique plus complexe : « Voyez-vous, il nous a fallu vingt ans de plus pour vraiment tuer le marxisme. […] Mai 68 fut un moment de romantisme différé, où une génération, comme toutes les générations, crut détenir le levier capable de bouleverser le monde, sans se rendre compte que son application… s’enfonçait dans le sable mou des théories poussiéreuses. » 2 Il critique la simplicité dogmatique des convictions antérieures et le rejet de la pensée complexe comme position idéologique. Bernadette, quant à elle, rompt radicalement avec la violence révolutionnaire : « Soudain, elle sentit que sa vision, qu’elle avait crue claire, avait été obscurcie pendant des années par les feux trompeurs d’une lutte qui n’était belle que de loin. […] Elle ne pouvait plus distinguer entre les feux de la révolution et les bûchers de l’obscurantisme. » 3 Elle reconnaît l’équivalence morale entre la violence révolutionnaire et la violence répressive. Enfin, Éliette, un autre ancien maoïste, décrit les aberrations idéologiques comme étant inhérentes dès le départ : « Dès le début, le mal était fait, et ceux que vous condamnez ici pour des actes extrêmement graves étaient déjà coupables lorsqu’ils citaient Mao comme s’il s’agissait des Saintes Écritures… Nous étions aveugles et sourds à tout ce qui ne faisait pas partie de notre catéchisme, et cette paralysie des sens… a conduit les plus faibles d’entre nous […] au plus haut degré d’aveuglement et de surdité, à la schizophrénie totale. » 4 Elle voit la racine de la « folie » et du « terrorisme » ultérieurs dans l'aveuglement dogmatique et le culte aveugle de Mao des premières années. Ainsi, l'ouvrage de Pellegrin dresse le portrait d'une génération qui, rétrospectivement, perçoit ses « sentiments révolutionnaires du printemps » comme fragiles, idéalistes et, en fin de compte, souvent trahis ou transformés en un conformisme pragmatique.
In Tout est là L'autocritique de la narratrice, Maren Sell, qui s'exprime d'un point de vue personnel marqué par le traumatisme allemand, est avant tout existentielle et éthique. Elle établit un lien direct entre son militantisme des années 70 et le poids de ses origines. L'erreur fondamentale de Sell, ou plutôt le combat de toute une vie, réside dans l'acceptation de la violence comme moyen d'atteindre une fin, ce qu'elle rejette systématiquement. Son introspection centrale est la suivante : « Et vous ? Avez-vous tué ? […] La réponse est non. Je n'ai tué personne. » Cette prise de distance avec le terrorisme de la RAF, dont elle a abrité des membres, constitue une assurance morale fondée sur des principes éthiques fondamentaux (« Vous ne tuerez pas ») et une lucidité psychologique (« Agir ne guérit pas »). Elle considère la « pulsion de mort » de la RAF et son « hallucination du néant » comme une voie erronée. Les critiques de Sell visent également sa propre naïveté initiale, celle d'une « étrangère excessive » qui ignorait l'histoire politique française : « Une étrangère plutôt excessive qui ne connaît pas l'histoire politique de la France. » 5 Elle admet également avoir « triché » avec la révolution en chantant des slogans révolutionnaires le jour, mais en revenant à ses classiques le soir : « Maintenant que la folie maoïste est terminée, je me dis que tout n’est peut-être pas corrompu sur notre vieux continent. Au fond, j’ai toujours fait au mieux avec la révolution. Le jour, je fredonnais avec les camarades : « Nous voulons faire table rase du passé… », et le soir, je retournais à mes classiques : Stendhal, Montaigne, Flaubert, Thomas Mann, Robert Musil et la musique baroque. » 6 Il s'agit d'une forme d'autocritique concernant sa propre position incohérente. Elle critique particulièrement « l'indignation de la transgression » et la « libido » de certaines figures de 1968, qu'elle identifie comme des « prédateurs » dont les actions ont provoqué de tels « ravages ». Elle considère le « jouer sans entraves » comme une voie menant à l'exploitation et aux abus, et déplore : « On ne succombait pas à ce que cette libido puisse engendrer de tels ravages. » « 68 » de Sell est une exploration de l'intégrité personnelle, du dépassement du traumatisme historique par des moyens non violents et d'une prise de distance critique face aux excès destructeurs de la promesse radicale de liberté. Pellegrin souligne la désillusion collective et la trahison des idéaux politiques par la génération de 68 comme l'erreur principale, tandis que Sell aborde les erreurs morales individuelles, la séduction par la violence et les conséquences négatives, parfois destructrices, d'une « libération » irréfléchie.
Que reste-t-il?
Les conclusions des deux ouvrages proposent des interprétations pertinentes, mais fondamentalement différentes, de l'héritage de 1968 :
In Springemps fragile La « cérémonie d’adieu » prévue par Isa – une tentative de rassembler ses anciens camarades pour faire consciemment leurs adieux à leurs idéaux de jeunesse et au passé – n’a pas lieu. Cet échec symbolise l’incapacité de la génération à faire collectivement la paix avec son histoire et à trouver un récit partagé. Les idéaux ont été trahis, oubliés ou cyniquement transformés, comme en témoignent l’agence de publicité des frères Lambert, qui tire profit de l’imagerie maoïste, ou la carrière politique de Karl. Le projet de film de Pierrick, destiné à dépeindre 1968 comme un « printemps romantique », est transformé en une comédie musicale commerciale par le producteur chinois Wan. Ce dernier interprète Mai 68 comme un « cirque » et une « distraction pour une nation qui se meurt d’ennui », soulignant la banalisation et la dépolitisation du mouvement sous le capitalisme mondialisé. La citation de Richard, selon laquelle leur « aversion farouche pour la violence prévaudrait », contraste avec la propension à la violence dont feront preuve ultérieurement certains personnages (Bruno) et souligne les troubles internes. La remarque finale la plus incisive sur 1968 émane d'un député de la Nouvelle Droite, qui la condamne comme un « pillage » de la société française et l'origine d'un profond « laxisme » dans l'éducation et la morale. Le roman de Pellegrin s'achève sur un sentiment d'ambivalence persistante, de conflits non résolus et de scepticisme quant à ce qui subsiste de 1968. Le passé n'est pas clos, mais continue d'exercer son influence comme un « horizon de révolte insurmontable », menacé toutefois par le cynisme et la marchandisation.
Maren vend Tout est là Cependant, ce parcours aboutit à une forme de réconciliation et d'intégration. Le titre lui-même suggère que tout – traumatismes, joies, erreurs, succès – fait partie d'une existence plus vaste et est « là ». Le livre de Sell se termine par sa décision de voyager en Inde à la recherche d'un « mode de vie plus riche », un rejet de l'obsession occidentale pour la consommation et la réussite et un retour aux valeurs spirituelles. La « longue liste » de personnalités qu'elle dresse dans l'avion pour Paris, en exemple d'« hommes et de femmes de bonne volonté », parmi lesquels Mandela, Simone Veil, Gorbatchev et le dalaï-lama, témoigne de sa foi inébranlable dans les valeurs humanistes et de sa volonté de construire un avenir positif. Son approche de l'humanité est une réponse aux horreurs du passé. Tout en reconnaissant des erreurs telles que la « folie de Mao » ou l'« hystérie révolutionnaire » du terrorisme, Sell souligne l'importance de l'empathie, de la culture et de la responsabilité individuelle. Elle n'a pas tué, mais a écrit et publié des livres pour lutter contre l'« amnésie » et nommer l'indicible. Sa conclusion est un plaidoyer pour la vie elle-même, pour la capacité de trouver de nouveaux départs et d'accepter la « blessure qui ne peut guérir », tout en célébrant la beauté et la liberté de la culture française.
Les deux œuvres révèlent ainsi deux constructions fondamentalement différentes. « 1968 » de Pellegrin est un « printemps fragile » dont les délicates fleurs se sont rapidement fanées. C’est la mémoire collective d’une époque révolutionnaire de bouleversements qui a largement abouti au compromis, au carriérisme et à la désillusion. L’héritage est lourd, les idéaux ont été « trahis », et le mouvement est tour à tour idéalisé, cyniquement rejeté, ou interprété par la génération suivante comme la cause profonde des maux sociaux. C’est un 1968 irréconciliable, dont les blessures restent ouvertes et dont la signification dans le présent est constamment renégociée sans jamais aboutir à une conclusion définitive. « 1968 » de Sell, en revanche, est un « terrain fertile » pour un profond développement personnel et intellectuel. C’est un chapitre ambivalent mais essentiel qui a contribué à la libération du traumatisme historique et à la formation d’une identité enracinée dans la culture et le lien humain. Pour Sell, 1968 n'est pas avant tout une réussite politique, mais une source de courage et un engagement indéfectible envers l'humanisme et la culture. C'est le fondement d'une vie riche et engagée où la révolution ne s'achève pas par la violence, mais se poursuit par le langage, l'empathie et la création artistique.
Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.
Remarques- "JP, que t'étais avec quand même, murmure Jean-Pierre revenu au calme. Qu'est-ce qu'il en reste de la GRCP ? et Mao ? Sa verrue contenait tout le pus de sa révolution culturelle. Qu'est-ce qui nous a pris d'idolâtrer ce type quasi pédophile ?">>>
- « Tu comprends, nous avons mis vingt ans de plus à vraiment tutor le Marxisme. […] Mai 68 a été un moment de romantisme décalé où une génération a cru, comme à chaque génération, possède le levier qui soulèverait le monde, sans voir que le point d'application… s'enfonçait dans le sable mou de théories poussiéreuses.>>>
- "Soudain, elle avait le sentiment que sa vue, qu'elle croyait claire, avait été brouillée pendant des années par les incendies illusoires d'une lutte qui n'était belle que de loin. [...] elle ne voyait plus de différence entre les feux de la révolution et les livres de l'obscurantisme.">>>
- « dès l'origine, le ver était dans le fruit et que ceux que vous jugez ici pour des faits d'une extrême gravité étaient déjà coupables quand ils citaient Mao comme les Écritures… Nous avons été aveugles et sourds à tout ce qui ne relevait pas de notre catéchisme et cette paralysie des sens… a conduit les plus faibles d'entre nous [...] au degré suprême de l'aveuglement et de la surdité, à une schizophrénie totale. »>>>
- «Une étrangère assez survoltée, ignorant l'histoire politique de la France.»>>>
- "Une fois la Folie Mao passée, je me dis que tout n'est peut-être pas pourri sur notre vieux continent. Au fond, j'ai toujours triché avec la révolution. Le jour, je chantonnais en chœur avec les camarades : 'Du passé faire table rase...', et le soir, je reviens à mes classiques, Stendhal, Montaigne, Flaubert, Thomas Mann, Robert Musil et la musique baroque.">>>