Excuses pour une redécouverte : les manuscrits perdus de Céline et Véronique Chovin

Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :

L'héritage de Lucette

Les recherches littéraires sur l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline ont récemment connu un essor considérable grâce à une série de découvertes inattendues. Au cœur de cette « résurrection miraculeuse » se trouve la figure de Véronique Chovin, dont le parcours personnel est inextricablement lié à celui de l’écrivain « maudit » et de sa veuve, Lucette Almansor. Chovin, qui commença à prendre des cours de danse auprès de Lucette à Meudon dans les années 1970 à l’âge de dix-sept ans, a tissé avec elle une amitié indéfectible au fil des décennies. Cette relation constitue la trame d’un chapitre remarquable de l’histoire littéraire française, qui a débuté avec la mort de Lucette en 2019. La « réapparition miraculeuse de manuscrits inédits de Céline, que l’on croyait perdus jusque-là », a abouti à la publication sensationnelle de… Guerre, Londres et Le testament du roi Krogold La publication de cet ouvrage aux Éditions Gallimard marque un tournant dans les études célinennes et invite à une réflexion sur la nature du patrimoine littéraire et sa préservation. Toute analyse de cette redécouverte, du point de vue de Véronique Chovin, se doit d'examiner son rôle aux multiples facettes d'héritière et de gardienne de cet héritage complexe, en explorant l'imbrication de son destin personnel et de la réception littéraire. Le lecteur sera amené à examiner attentivement si le livre constitue une justification qui répond adéquatement aux critiques et rend ses propres critères compréhensibles, ou s'il masque au contraire les intérêts personnels de Chovin.

Récit

Céline en héritage L’ouvrage (Mercure de France, 2025) est explicitement présenté comme un récit qui relie l’histoire extraordinaire de la redécouverte des manuscrits à d’autres aspects de la vie de Véronique Chovin. Il s’agit d’un récit autobiographique où elle relate sa relation avec Lucette Almansor, veuve de Louis-Ferdinand Céline, et les événements liés à la redécouverte des manuscrits. Un ouvrage antérieur consacré à Lucette est également décrit comme un « Journal au fil du temps ».

Le récit est systématiquement narré à la première personne du singulier (« elle », en référence à Véronique Chovin), l'auteure partageant ses expériences, ses sentiments et ses réflexions. Il s'agit d'un témoignage profondément subjectif et introspectif qui met en avant sa perception et son expérience personnelles des événements. Le style recherché est décrit comme un « récit impressionniste, léger comme des pas de danse ».

L'auteure entend raconter sa vie comme un roman. Elle revient sur l'idée qu'elle « vivait dans une sorte de fiction en conflit avec la réalité ». Une citation d'Annie Ernaux suggère que coucher ses expériences sur le papier leur confère toute leur signification. Ce mélange est repris à plusieurs reprises dans le texte ; par exemple, son amitié avec Lucette est décrite comme « l'invention d'un monde qui n'existait pas » et comme « irréelle ». La vie de l'auteure « prend de plus en plus les caractéristiques d'un roman », accompagnée d'un sentiment d'« irréalité ».

Le texte Céline en héritage L’œuvre de Véronique Chovin s’inscrit dans le radicalisme de Céline sans imiter sa brutalité stylistique ni son langage controversé. L’auteure privilégie une approche personnelle, impressionniste et émotionnelle pour explorer l’héritage de Céline.

Faire face à l'antisémitisme de Céline (à travers les pamphlets)

Le texte n'élude pas l'existence des pamphlets antisémites. Lucette Destouches, veuve de Céline, s'opposa à leur publication de son vivant et regretta que Céline les ait écrits, les considérant comme un fardeau et une force maléfique. Véronique Chovin elle-même fut profondément choquée en découvrant ces pamphlets. L'auteur relate le débat suscité par leur publication après l'expiration des droits d'auteur et la décision de l'éditeur Antoine Gallimard de les accompagner d'un appareil critique historique rigoureux afin de les replacer dans leur contexte et d'en limiter l'impact néfaste.

Chovin partage cette approche, considérant les pamphlets comme des « documents historiques » dont l’existence ne saurait être niée, et s’interrogeant sur la manière dont quiconque pourrait en tirer profit. Consciente des critiques selon lesquelles la publication de nouveaux écrits dissimulerait l’antisémitisme de Céline, elle entend en discuter avec Serge Klarsfeld, « infatigable pourfendeur de toutes les formes d’antisémitisme », ce qui souligne son sens des responsabilités. Elle exprime également sa compréhension de la douleur de ceux dont les familles ont été déportées dans des camps de concentration et qui ne peuvent supporter d’entendre le nom de Céline. Ainsi, le texte n’élude pas la question du radicalisme de Céline ; loin de l’ignorer ou de le glorifier, il s’efforce de l’atténuer par l’historicisation et une contextualisation critique.

Aborder le radicalisme stylistique et thématique de Céline (brutalité, obscénité)

Le texte décrit les manuscrits redécouverts de Céline, tels que : Guerre et Londres Elle le décrit comme « grossier », « contenant des scènes sexuelles violentes » et « extrêmement grossier ». Elle cite des critiques qui évoquent un « excès de divagations lexicales » et la description d'un « cloaque pornographique ». Cependant, ce radicalisme est également reconnu d'un point de vue littéraire : le texte mentionne Guerre Un « chef-d'œuvre vibrant et plein de vie », décrit Céline comme une « observatrice cruelle, voyeuse, comédienne, pleine de verve et de poésie ». La « crudité » des descriptions est interprétée comme une « vengeance contre les horreurs de la guerre et de la mort », où « Éros et Thanatos, la pulsion de vie sur la pulsion de mort, triomphent ».

Concernant la sexualité dans « Londres », une interprétation est proposée qui la perçoit non comme de la pornographie, mais comme une « tentative désespérée d’échapper à la guerre et à la mortalité humaine » – une forme de métaphysique. L’auteur identifie et nomme les éléments radicaux de l’œuvre de Céline, s’efforçant d’en explorer la fonction littéraire et les significations profondes plutôt que de les rejeter comme simplement choquants.

Position de l'auteur et distance stylistique

Véronique Chovin raconte son histoire dans le contexte de l'héritage de Céline, mêlant ses expériences avec Lucette, la découverte des manuscrits et ses pertes personnelles (la mort de Lucette et de son mari Pascal). Elle décrit son approche de la vie comme « impressionniste, légère comme des pas de danse » et perçoit sa propre existence comme « une sorte de fiction se heurtant à la réalité ».

Bien qu’elle évoque son propre choc (« déflagration ») face aux pamphlets antisémites et décrive Céline comme « un monstre qui nous échappe, un mystère effrayant », elle conserve un style narratif subjectif et empreint d’émotion. Son engagement est avant tout un hommage aux êtres chers, un adieu. Son refus de limiter l’accès aux manuscrits à un public spécialisé, préférant les publier pour le « grand public », témoigne de son désir de rendre les œuvres de Céline – y compris les brouillons les plus radicaux – accessibles à un lectorat plus large. À la fin du texte, elle médite sur Céline : « Céline, haïe ou vénérée, tel un monstre qui nous échappe, un mystère effrayant… »

In Céline en héritage Véronique Chovin aborde les aspects problématiques de Céline avec une perspective très personnelle, empathique et en même temps intellectuellement solide, qui vise à explorer la complexité de l'auteur et de son œuvre sans en occulter les aspects problématiques.

L'héritage de Lucette Destouche et Céline

Lucette Destouches, veuve de Céline, consacra sa vie après la mort de l'écrivain à la défense de son œuvre. Son existence fut marquée par « tant d'angoisse pour un écrivain mutilé, mais aussi pour un homme très aimé ». Le retour de Véronique Chovin auprès de Lucette en 1989, après une période d'éloignement, consolida un lien qui dura plus de trente ans. Lucette confia à Véronique et à l'avocat François la gestion des affaires de Céline après son décès, les qualifiant d'« anges à deux têtes » – une image qui souligne la responsabilité partagée et la confiance placée en ces deux figures clés. Dès 1996, Lucette remit à Véronique des documents confidentiels, notamment les premières lettres de Céline (1912-1919) et ses premiers essais littéraires qui menèrent à leur collaboration. Devenir Céline Cette première collaboration, un processus de déchiffrement et de classification, a permis à Lucette de « faire entrer de la lumière dans sa vie », ce qui souligne le pouvoir transformateur de cette œuvre littéraire pour Véronique.

La publication des mémoires de Lucette sous le titre Le secret de Céline En 2001, le livre – que Lucette elle-même décrivait comme « notre livre à toutes les deux », bien que Véronique fût censée en être l'unique auteure – suscita déjà une vive controverse et une grande hostilité. Cela montre à quel point Chovin s'est impliquée très tôt dans la polémique entourant l'héritage de Céline et combien la confiance personnelle de Lucette dans l'ouvrage était liée à sa réception publique. Pour Véronique, écrire et publier n'était pas seulement un exercice intellectuel, mais aussi une tâche profondément émotionnelle et souvent conflictuelle, qui perpétuait l'héritage de Céline et de Lucette.

Redécouverte et négociation des manuscrits

La redécouverte « miraculeuse » des manuscrits s'accompagna d'une remarquable prémonition de Lucette, que Véronique avait un jour prophétisée en ces termes : « Tu verras, quand je ne serai plus là, tous les manuscrits disparus réapparaîtront. » Cette dimension prophétique confère à l'affaire une dimension quasi mythique. En juin 2020, sept mois après la mort de Lucette, Véronique reçut un appel de l'avocat François, qui annonça la redécouverte d'une « masse incroyable d'écrits inédits de Céline ». La trouvaille était immense : « six mille pages, 5 324 exactement, disparues depuis 1944, un mètre cinquante de documents étalés là, sur une grande table, sous l'œil vigilant de deux policiers. » Parmi eux se trouvaient des fragments de Mort à crédit, une première ébauche de Guerre, casse pipe, Londres et La volonté du Roi Krogold, mais aussi « un petit dossier aux connotations antisémites ». Véronique a jugé « surréaliste » la rencontre ultérieure, en juin 2020, avec l’ancien journaliste détenteur des manuscrits et son avocat. Elle estime « que cette rencontre n’était qu’une formalité, que tout était compris et que l’accord sur ce qui leur était proposé ne laissait place à aucun doute ». Véronique a immédiatement rejeté les propositions du journaliste d'être reconnue comme « rédactrice scientifique » et de remettre les manuscrits à l'IMEC afin de dissimuler toute trace de recel. Elle argumente de manière décisive : « C'était Lucette qui avait été privée du travail volé de son mari, c'était à elle que ces manuscrits revenaient de droit, et ce n'était surtout pas à une présomption receleur d'en devenir l'éditeur scientifique et de décider de Leur destination ». Ce refus a donné lieu à huit mois de négociations infructueuses au cours desquelles, selon Chovin, le journaliste et son avocat "n'avaient jamais rien voulu céder", ce qui souligne la détermination de Véronique dans la lutte pour l'héritage qui lui revient.

La lutte pour la restitution : révélations juridiques et publiques

Face à l'impasse des négociations et au refus du propriétaire de restituer les manuscrits, Véronique et François se sont sentis contraints d'engager une action en justice. Le 5 février 2021, ils ont porté plainte contre le journaliste pour recel. Ils ont retenu les services de Jérémie Assous, un jeune et ambitieux avocat que Véronique connaissait déjà de son séjour à Meudon, pour les représenter dans cette bataille juridique. L'enquête de police a rapidement suivi, et Véronique et François ont été interrogés. Le moment décisif est survenu le 19 juillet 2021 à Nanterre, lorsque le journaliste et son avocat ont invoqué le secret professionnel et la protection des sources, refusant de révéler l'identité du donateur des manuscrits retrouvés. Ceci a conduit au rejet de la plainte le 21 septembre 2021, laissant le mystère sur l'origine des manuscrits intact. Malgré l'absence de résolution judiciaire, la découverte a été rendue publique dans le journal le 6 août 2021. Le MondeCette révélation, qui dévoilait un secret « incroyable », a provoqué un véritable séisme dans le monde littéraire français. Cette démarche, délibérément gardée secrète par Véronique et François, a permis de mettre en scène l’annonce comme un coup de théâtre final.

Réception de Guerre, Londres et Krogold

Le choix des Éditions Gallimard comme éditeur des textes redécouverts s'est imposé comme une évidence, Gallimard étant depuis longtemps l'éditeur historique de Céline. Un calendrier de publication précis a été établi : Guerre en mai 2022, Londres en octobre 2022 et Le testament du roi Krogold en avril 2023, complétée par une nouvelle édition de casse pipe et les romans de la Pléiade.

GuerreLe premier des nouveaux textes à être publié a été décrit comme un « premier jet bouleversant qui tente du chef-d'œuvre ». Il comble le vide après Voyage à bout de nuit L'ouvrage se caractérise par le style brutal, comique et poétique de Céline. On remarque notamment la « sexualité violente », qui apparaît dans ces descriptions crues comme un instinct de survie face aux horreurs de la guerre : « Éros et Thanatos, l'instinct triomphant de la vie et l'instinct de la mort ». Selon l'auteure, la presse a salué l'ouvrage avec enthousiasme, le qualifiant de « diamant brut » et de « miracle », et il est immédiatement devenu un best-seller.

LondresUn texte plus long, de près de 600 pages, qualifié de « brutal et poétique », a également suscité des critiques pour son « extrême crudité » et sa longueur excessive, susceptibles d'entraîner la lassitude : « On se lasse d'un rythme aussi rapide. Le langage, surtout celui d'un écrivain, est incontestable et épuisant. Ce torrent d'argot… » Là aussi, le lien entre érotisme et survie, perçue comme une « tentative désespérée d'échapper à la guerre », constitue un thème central.

Le testament du roi Krogold Krogold est une légende nordique médiévale que Céline a entendue de sa grand-mère dans son enfance et qui traverse son œuvre comme un fil conducteur. Elle possède une dimension mystique, et Céline s'identifiait au prince Gwendor, blessé. Pour Véronique Chovin elle-même, Krogold revêt une signification personnelle, presque talismanique : « Lucette Destouches était et est restée pour elle un talisman, le fil conducteur de sa vie, son Krogold, un produit de son enfance. »

Le travail de transcription des manuscrits fut un « colossal travail » que Véronique entreprit avec sa fille Marine et Pascal Fouché. Ce travail minutieux de déchiffrement et de transcription, auquel elle se consacra à « l’énigme d’un mot, d’une abréviation », fut « exaltant » pour eux, car ils avaient le sentiment de participer à la création et de dialoguer avec l’auteur, « comme s’il était en vie ».

La publication de ces « brouillons » sous une forme largement accessible a suscité des débats et des critiques de la part d'universitaires qui auraient préféré réserver ces textes aux seuls spécialistes, par exemple comme « annexe à la Pléiade, élément clé de sa genèse ». Véronique, quant à elle, a défendu une large diffusion : « Pourquoi priver le grand public du plaisir d'une telle lecture en la réservant aux seuls scientifiques ? » Ce désaccord fondamental porte donc sur la question de savoir si les manuscrits littéraires doivent servir en priorité la recherche philologique ou le grand public. Véronique souligne son engagement à rendre l'œuvre accessible à tous.

Défis, révélations et conflits successoraux

Suite à la publication des manuscrits, Véronique Chovin a été confrontée à une hostilité persistante et à des accusations. On l'a accusée de « poursuites injustifiées », de censurer des écrits antisémites ou d'empêcher les chercheurs d'accéder aux manuscrits. Ces réactions soulignent la complexité des dimensions éthiques et politiques liées à l'héritage de Céline.

Une importante « révélation » a eu lieu en août 2022, lorsque l'ancien journaliste de Libération Sur son blog, il révéla le nom du mystérieux messager des manuscrits : Yvon Morandat, un résistant. Cette révélation suscita une controverse quant au rôle de Morandat ; sa famille, et notamment sa fille Caroline, hésitait à remettre les manuscrits à Lucette, craignant qu’ils ne ternissent la réputation de son père et ne souhaitant pas enrichir la veuve. Cependant, les circonstances du vol des manuscrits dans l’appartement de Céline en 1944 demeurent un mystère.

Un autre mystère, amplifié par cette révélation, concerne deux dessins de Degas ayant appartenu à Céline et conservés par Yvon Morandat. La question « Mais où sont ces Degas ? » met en lumière la restitution incomplète de ce patrimoine et la complexité du statut de propriété des œuvres d’art en ces temps troublés.

La question des pamphlets antisémites de Céline – Bagatelles pour un massacre, L'école des cadavres, Les beaux draps Cela reste une question cruciale. Lucette avait initialement refusé leur publication, mais Gallimard prévoit de les publier avec un dispositif critique rigoureux une fois qu'ils seront tombés dans le domaine public en 2031. L'objectif est d'empêcher leur diffusion sans commentaire et leur utilisation abusive comme « matériel dangereux et nuisible ».

L’affaire prit un nouveau tournant en janvier 2023 lorsque les descendants de Céline, qui avaient renoncé à leur héritage en 1962, exigèrent à la surprise générale « le droit à la publication des œuvres de leur grand-père et arrière-grand-père » ainsi qu’une « indemnisation substantielle pour le préjudice subi ». Ce « réveil des descendants », motivé par le succès des œuvres nouvellement publiées, entraîna la rupture des négociations et l’annonce d’une action en justice contre Gallimard et les héritiers. Cette « affaire Céline » prolonge ainsi les querelles juridiques et morales entourant l’héritage de Céline.

La perpétuation des esprits et un héritage dans la rivière

L’histoire rocambolesque des manuscrits, qui a débuté avec la mort de Lucette et s’est conclue par d’intricates batailles juridiques, a profondément marqué la vie de Véronique Chovin. L’« Affaire Céline » demeure un mystère, la figure de Céline persistant comme un « monstre qui nous échappe, un mystère terrifiant ». Le récit de Véronique est caractérisé par le lien indissociable entre la vie et la littérature, notamment à travers son propre cheminement de deuil pour Lucette et son mari Pascal, décédés à peu d’intervalle. La métaphore des « fantômes de ceux que nous aimons et qui ne sont plus physiquement présents, mais si intensément présents » illustre comment Véronique perçoit cet héritage comme une présence vivante qui la pousse vers de nouveaux projets.

Véronique Chovin se positionne dans Céline en héritage En tant que gardienne et administratrice de l'héritage de Céline, choisie par Lucette Destouches, elle remplit ce rôle avec une approche personnelle et autobiographique. Son récit est explicitement conçu comme le « récit aventureux de cette résurrection » des manuscrits, entrelacé d'« autres fils de sa vie », avec l'idée que sa propre vie « sera un roman ». Ce style narratif subjectif et impressionniste lui confère une autorité centrale et indéniable sur les événements décrits, ce qui révèle cependant un intérêt marqué pour façonner et populariser la réception de Céline. Son précédent ouvrage, coécrit avec Lucette, l'était déjà… Le secret de Céline Comme mentionné en introduction, cela a provoqué une vive hostilité et des accusations d’« imposture » et de « manipulation », d’autres spécialistes de Céline se sentant « dépossédés ». Chovin elle-même revient sur la « violence » et les « réactions hostiles » dont elle a fait l’objet, témoignant d’une controverse profonde autour de son rôle.

Les décisions de Chovin concernant les manuscrits redécouverts révèlent un intérêt personnel manifeste à contrôler et exploiter cet héritage. Elle a ardemment plaidé pour leur publication auprès du « grand public », plutôt que de les limiter à un lectorat universitaire, ce qui lui a valu des accusations de « motivations mercantiles » de la part de certains critiques. La plainte déposée par les héritiers de Céline, réclamant leurs droits et une « compensation financière », souligne que Chovin est perçue comme une personne tirant un profit matériel de cette publication. Son attitude défensive face aux critiques, qu'elle qualifie de « jalousie malveillante » ou d'« hostilité », peut être interprétée comme une défense de sa position et des intérêts qui y sont liés. Le rôle de Chovin n'est donc pas seulement celui d'une médiatrice, mais aussi celui d'une actrice de la construction de l'héritage de Céline, dont l'attachement personnel et affectif se confond avec des intérêts concrets liés à la réception et au succès commercial de l'œuvre.

Les questions en suspens et les litiges juridiques en cours témoignent que l'histoire de l'héritage de Céline est loin d'être terminée et continuera d'alimenter les réflexions littéraires et personnelles. Cet héritage est en constante évolution, se redéfinit sans cesse et suscite régulièrement des débats sur sa signification et sa place dans l'histoire littéraire. Guerre, Londres et une transcription du manuscrit par Mort à crédit sind bei gallimard disponible, Le Volonté du Roi Krogold suivi de La Légende du Roi René est à venir.

Suggestion de référence/citation
Nonnenmacher, Kai. « Apologie d'une redécouverte : les manuscrits perdus de Céline et Véronique Chovin. » Rentrée littéraire : littérature française contemporaine. 2025. Consulté le 21 mai 2026 à 04:39. https://rentree.de/2025/08/14/apologie-einer-wiederentdeckung-celines-verschollene-manuschriftte-und-veronique-chovin/.

Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.


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