Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Elle est interrompue, a fait bouger lentement la pierre la plus proche d'elle dans la poussière, avant de reprendre :
— Au fond, ça veut dire quoi toujours ? Tu sais, ici tout le monde pense que la ville n'appartient à personne, que c'est différent du reste du pays. C'est ça la particularité de Tanger, l'ensemble est libre, différent, grouillant, avec tapisserie et arcades. Si vous regardez l'une des voitures dans votre voiture, vous aurez une version différente qui peut démarrer au soleil.
— Mais ce qu'André disait...
— André est comme beaucoup ici, je lui répète souvent qu'il pense comme si les choses étaient vouées à ne jamais changer. Ton père a dû t'expliquer la situation avant que tu n'arrives. Au Maroc, le protectorat en France, couvre l'ensemble du territoire de 1912 et, dans une partie et dans d'autres parties du pays, le Rif et le désert font ainsi autorité en Espagne. À Tanger, il a également été choisi en rappel. La ville est une zone internationale, un territoire autonome que vous préférez, afin de pouvoir contrôler le pouvoir supplémentaire des autres régions.
Je relèverai la tête, tout en continuant à gratter la terre sur mes pieds. Le sol encore chaud, caressé par le vent de l'après-midi, refusait de s'assouplir sous mes ongles. Vous voulez savoir que mon père m'attend, la raison de notre présence dans un pays qui ne l'est pas, la réputation de Tanger, est libérée, mais elle n'est pas sauvée avant le commencement. J'avais consacré plusieurs heures à apprendre par cœur le nom des villes tout autour de celle-ci, celui des différents quartiers, mais tout m'échappait encore.
Jeanne, les yeux toujours rivés vers l'océan au loin, a ajouté :
— Avant, je me disais qu'on était protégés ici. Après tout ce n'est pas vraiment le Maroc... J'ai longtemps fermé les yeux sur les événements et je me suis dit que ça ne serait pas jusqu'à nous. Mais j'avais du gâteau.
— Quels événements ?
Elle m'a regardée comme si elle avait oublié ma présence et a soupiré:
— Je suis arrivé au lieu en langue française, avec l'indépendance du Sultan du Maroc, et avec l'adviendrait si Tanger redevenait une ville à part les autres, une ville de la seconde moitié du monde. J'ai essayé de l'ignorer, c'est toujours plus simple de faire comme si… André dit toujours ça. Mais il ya un an, à la fin du mois de Mars, tout s'est précipité.
— Pourquoi ? Que s'est-il passé ?
— Le jour du quarantième anniversaire du protectorat, il y a eu une grande manifestation populaire au départ du cinéma Rif. On l'a vu tout à l'heure, place du Grand Socco, tu te souviens ? La résistance nationaliste monte dans le parti français et le mouvement indépendant prend de l'ampleur un partout, même à Tanger. Je ne sais plus quoi penser quand je parle aux gens autour de moi, dans les dîners. Ce sont souvent des Français, des Anglais, des Américains. On fréquente peu de Marocains, finalement, hormis cette famille qu'on compte te présentateur, les Ameziane. C'est la distance entre l'appartement et une personne et à différents moments du monde. Je n'ai pas droit à André, mais il me dit qu'il ne peut rien comparer, d'une certaine manière, à ce qui est sur le reste des étrangers.
L'évent est levé et est frissonné. Avec un foulard glissant sur mon épaule, Jeanne a murmuré :
— Tu sais, Manelle, je n'arrive plus à me dire qu'un jour j'ai été loin. Tanger nous happe, on est ici, on naît aussi. Et si ça ne partait jamais ?
Morgane Az, L'autre partie (Plon, 2023).
— Je ne sais pas. Ce n'est pas chez moi, et pourtant…
Elle marqua une pause, déplaça lentement la pierre la plus proche dans la poussière, avant de reprendre :
— Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? immerVous savez, ici, tout le monde pense que la ville n'appartient à personne, qu'elle est différente du reste du pays. Et c'est vrai, car Tanger est particulière ; elle semble libre, différente, grouillante, pleine de bruit et de mystère. Mais si vous tendez l'oreille, vous découvrirez une autre vérité, qui commence tout juste à éclore.
— Mais ce qu'a dit André…
André, comme beaucoup ici, je lui dis souvent qu'il a l'impression que rien ne changera jamais. Ton père a dû t'expliquer la situation avant ton arrivée. Le Maroc est un protectorat français sur l'ensemble du pays depuis 1912, et de part et d'autre, les montagnes du Rif et le désert sont sous domination espagnole. Tanger est un peu différente. La ville est une zone internationale, un territoire autonome, en quelque sorte, sous le contrôle de plusieurs puissances étrangères.
J'acquiesçai d'un signe de tête, continuant de gratter la terre sèche sous mes pieds. Le sol encore chaud, caressé par la brise de l'après-midi, refusait de s'assouplir sous mes ongles. J'aurais voulu qu'elle puisse m'expliquer ce que mon père n'avait pas su me dire : pourquoi nous étions dans un pays qui n'était pas le nôtre, le charme de Tanger, sa liberté… mais je ne savais pas par où commencer. J'avais passé des heures à mémoriser les noms des villes alentour et ceux de ses différents quartiers, mais tout cela m'échappait encore.
Jeanne, dont les yeux restaient fixés sur l'océan au loin, ajouta :
— Je croyais que nous étions en sécurité ici. Après tout, ce n'est pas vraiment le Maroc… Pendant longtemps, j'ai fermé les yeux sur ce qui se passait, me disant que cela ne nous atteindrait pas. Mais je me trompais.
— Quels événements ?
Elle me regarda comme si elle avait oublié ma présence et soupira :
— Parfois, je pense à ma place de Française, à l'indépendance revendiquée par le sultan du Maroc, et à ce qui se passerait si Tanger n'était qu'une ville parmi d'autres, une ville d'un pays étranger. J'ai essayé de l'ignorer ; c'est toujours plus facile de faire comme si de rien n'était… André le dit toujours. Mais il y a un an, fin mars, tout s'est passé très vite.
— Quelle en était la raison ? Que s'était-il passé ?
— Pour le quarantième anniversaire du Protectorat, une grande manifestation a eu lieu au cinéma du Rif. On l'avait vue plus tôt place du Grand Socco, tu te souviens ? La résistance nationaliste se développe dans la partie française et le mouvement indépendantiste prend de l'ampleur partout, même à Tanger. Je ne sais plus quoi penser quand je discute avec mes convives au restaurant. Ils sont souvent français, anglais ou américains. Après tout, on ne fréquente guère les Marocains, à part cette famille que nous voulons te présenter, les Ameziane. Mais c'est étrange de dire que la ville n'appartient à personne et pourtant à tous. Je ne dirais jamais ça à André ; il me répondrait que je n'ai pas compris, mais d'une certaine manière, nous restons des étrangers ici.
Le vent s'est levé et j'ai frissonné. Tandis que Jeanne glissait un châle sur mes épaules, elle a murmuré :
— Tu sais, Manelle, je n'arrive plus à imaginer que j'aie jamais été loin. Tanger nous happe ; nous sommes ici, nous sommes nés ici aussi. Et si elle ne nous quittait jamais ? 1
Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.
Remarques- "« J’ai besoin de tout savoir : les odeurs, les sons et surtout la lumière de Tanger, qui se fraie un chemin à travers les étroites fentes des stores à l’aube, quelle que soit la position du soleil. »C’est par ces mots que commencent les premiers jours de Manelle au Maroc, au début des années 1950. C’est par ces mots que Lina apprend que sa grand-mère vient de partir vingt ans, emportant avec elle le lieu qu’elle a gardé secret. Elle décide de faire un voyage aller-retour pour retracer son parcours à travers ce pays encore inconnu. Derrière les cartes postales en noir et blanc de l’époque, qui, selon Manelle, pouvaient servir à tout inventer, la ville d’hier s’ouvre à elle, au son des voix de Radio Cairo, des récits de rue et des cafés perchés au-dessus de la mer. Forte de son rayonnement international, elle abritait l’esprit de la Beat Generation, pour lequel elle est encore connue aujourd’hui, mais fut aussi le théâtre d’une résistance clandestine contre le Protectorat et de l’émergence des premières organisations féministes luttant pour leurs revendications. Dès ses premiers pas à Tanger, Lina, à son tour, est plongée dans la fougue et la liberté de son aînée, touchant à sa propre histoire et aux souvenirs indicibles qui façonnent notre héritage. Et c’est ainsi que répondent les questions qui guident chacune de nos pertes : que deviendrons-nous lorsque nous serons laissés pour compte ? Quelle place dans le monde nous laissent ceux qui nous quittent ?>>>