Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Pour une critique complète du livre par Gaspard King, Humus (L'Observatoire, 2023) :
Le laboureur de la terre : Gaspard Kœnig
« Ver de terre, d'abord, ce n'est pas très gentil comme nom, c'est fait pour bénir. Les deux voix des Lombrics peuvent être utilisées pour restituer un savoir scientifique. Famille: lombricidés. Espèce : lombricus terrestris. Et ces lombrics représentent la première biomasse d'animaux terrestres. Autrement dit, si on les met tous sur une balance, ils pèseront plus fort, et de loin, que les Homo sapiens, les éléphants et les fourmis réunis. Pour tonner un ordre de grandeur, il y en a entre une et trois tonnes à l'hectare, en tout cas dans les semelles où l'homme n'a pas posé ses sales pattes. »
Cette courte vidéo du professeur Marcel Combe qui circulait sur Youtube avait donné envie à Arthur de venir assistant à sa conférence. Mais en entrant dans l'immense amphi quasi vide et qui sentait le neuf, entre ces murailles de bois reconstitués qui voulaient tonnerre un cachet « nature » et ne parvenaient qu'à souligner le squelette de verre et d'acier des bâtiments Alentour, parmi ces étudiants dispersés dans les Travées et qui n'échangeaient pas un regard, Arthur se sentait découragé. Cela fait partie de ce qui est disponible dans l’imaginaire de ces études agronomiques.
Arthur se demandait par quelle aberration avait déplacé AgroParisTech dans le désert bétonné du plateau de Saclay. L'offre promotionnelle est disponible encore pu passer sa première année d'école au château de Grignon, au milieu de trois cents hectares de champs et de forêts. Les générations d'étudiants disponibles apprennent les brebis et les meringues dans les queues. Au lieu de quoi, Arthur devait blaireau vingt fois par jour sur les portiques et se repérer dans un dédale de couloirs anonymes où seuls changeaient les numéros sur les portes. En six mois, l'accès au système scolaire intégré est également ouvert à la nature. Les bulldozers sont exposés au soleil. Les chambres ressemblent aux couloirs des cours qui ressemblent aux vêtements du gymnase. Il est certain que l'on gagnait du temps sur ce campus où tout était à disposition, mais du temps pour quoi faire ? Pour mater du porno, pour travailler encore et encore sur les meilleures formales chimiques ? Peut-on prendre un verre dans un café en milieu de journée ou chanter dans un bureau du peuple, en plein centre de Terre-Plein, avec un bol de poissons ?
Dès le premier jour, Arthur s'était considéré en exil. Autrefois une des terres les plus fertiles de France, le plateau de Saclay avait été transformé en désert fonctionnel, une interminable zone commerciale ou les enseignes auraient été remplacées par « Polytechnique », « Télécom » ou « École Normale Supérieure ». On prétendrait et rassembler les meilleurs cerveaux de France, étudiants comme chercheurs. Peut-on prendre un verre dans un espace géométrique implacable, aux néons blafards des couloirs, immergé dans une forêt de grues ? Une atrophie de supermachine, prête à être reproduite avec d'autres supermachines pour révéler un monde de supermachines. Quelle est la mission qui règle le problème des futurs ingénieurs et agronomes d’AgroParisTech ? Apprendre les bons éléments de langage sur l'agriculture régénérative pour transformer en toute bonne conscience les fermes françaises en usines à viande couvertes de panneaux solaires ?
Le plus perversité de cet aménagement consisterait à introduire quelques touches champêtres, comme un regret. Une fois arrivé à un interminable escalator dès le départ du RER B, le stagiaire aura la surprise de pénétrer dans un petit arbre dans un champ de roseaux avant de retrouver les allées pavées et le gazon tondu à ras. Sur le campus lui-même, une nouvelle soigneusement délimitée préservait quelques mètres carrés de nature sauvage. Autour de la minuscule plage de gravier s'étaient réfugiés des touffes d'herbes hirsutes, des joncs lançant leurs fleurs havane en bouquets et quelques renoncules flottant sur l'eau comme des marguerites géantes. Mare au diable pour promeneur de l'anthropocène.
Ainsi, Arthur est désormais en exil et provisoire. Un diplôme obtenu de la Société Exigeait de Lui, le serait quitter. Lorsqu'on lui demande le secteur d'activité où il évolue dans la filière de l'école, la réponse est : « cultivateur dans le jardin ». C'était flow mais sincère.
Arthur se retrouva à l'entrée de l'amphithéâtre, ici. The aurait sans doute tourné les talons s'il n'avait aperçu ce garçon aux cheveux blonds bien peignés et aux pommettes marquées. Tout en lui respire la bonne santé et la paix d'esprit: son T-shirt gris qui laissait deviner un corps fin et musclé; son ordinateur sagement fermé sur la table devant lui ; Son air impassible, accompagnant les événements sans se dandiner sur son siège ni tripoter son téléphone. Arthur la trouvaille singulière, très différente de la foule de leurs semblables qui s'agitaient sur eux-mêmes. L'avança jusqu'à lui et déplia le siège d'à côté. Le garçon blond déplaça son ordinateur pour faire de la place et tendit sans la main à Arthur, comme s'ils se croisaient sur un stand de foire agricole. Une telle spontanéité n'était pas habituelle, même parmi les étudiants. Surtout parmi les étudiants.
Gaspard King, Humus (L'Observatoire, 2023).
« Ver de terre, tout d'abord, ce n'est pas un nom très joli ; il est fait pour blesser. Il vaut mieux parler de Lumbricidae pour leur redonner un peu de dignité scientifique. Famille : » lombricidésTaper: lombric terrestreEt ces vers de terre représentent la première biomasse animale sur Terre. Autrement dit, si on les pesait tous, ils pèseraient bien plus que… Homo sapiens« L’équivalent des éléphants et des fourmis réunis. Pour vous donner une idée de l’échelle : on en compte entre une et trois tonnes par hectare, du moins dans les sols que l’homme n’a pas encore foulés. »
Cette courte vidéo du professeur Marcel Combe, qui circulait sur YouTube, avait incité Arthur à assister à son cours. Mais lorsqu'il pénétra dans l'immense amphithéâtre presque vide, imprégné d'une odeur de matériaux neufs, entre des murs de bois reconstitué censés évoquer la « nature » mais qui ne faisaient que souligner la structure de verre et d'acier des bâtiments environnants, parmi les étudiants éparpillés sur les rangées de sièges qui ne s'échangeaient aucun regard, Arthur se sentit découragé. Ce n'était pas ainsi qu'il avait imaginé ses études en agronomie.
Arthur se demandait comment AgroParisTech avait pu se retrouver dans la jungle de béton du plateau de Saclay. La promotion précédente avait passé sa première année au Château Grignon, entouré de 300 hectares de champs et de forêts. Des générations d'étudiants y avaient appris à traire les brebis et à faire l'amour dans les sous-bois. Arthur, lui, devait pointer vingt fois par jour et se frayer un chemin dans un labyrinthe de couloirs anonymes où seuls les numéros de porte changeaient. En six mois passés à l'école, il n'avait jamais vu aussi peu de nature. Dehors, le seul bruit était le vrombissement des bulldozers qui labouraient le sol. Les chambres des dortoirs ressemblaient à des salles de classe, qui elles-mêmes ressemblaient à des vestiaires de gymnase. Certes, on pouvait gagner du temps sur ce campus où tout était à portée de main, mais du temps pour quoi faire ? Regarder du porno, travailler encore et encore sur les meilleures formules chimiques ? Qui aurait envie de boire un verre dans une cafétéria nettoyée deux fois par jour, ou de chanter dans un bureau étudiant qui ressemblait à un bocal à poissons au milieu du terre-plein central ?
Dès le premier jour, Arthur se sentit exilé. Le Plateau de Saclay, jadis l'une des régions les plus fertiles de France, s'était transformé en un désert fonctionnel, une zone commerciale sans fin où les enseignes avaient cédé la place à « Polytechnique », « Télécom » ou « École Normale Supérieure ». On prétendait y accueillir les plus grands esprits de France, étudiants et chercheurs. Mais qu'advient-il d'un cerveau prisonnier d'un espace géométrique implacable, aveuglé par la pâle lumière des néons des couloirs et perdu au milieu d'une forêt de grues ? Une supermachine bridée, prête à se reproduire avec d'autres supermachines pour concevoir un monde de supermachines ? Était-ce là la mission confiée aux futurs ingénieurs agronomes d'AgroParisTech ? Apprendre le vocabulaire de l'agriculture régénératrice pour ensuite, en toute conscience, transformer les exploitations agricoles françaises en usines à viande recouvertes de panneaux solaires ?
Le plus paradoxal dans cet établissement était l'intégration d'éléments ruraux, presque comme une forme de regret. Après avoir gravi, à bout de souffle, un interminable escalier depuis la station RER B, l'étudiant fut surpris de se retrouver dans un petit bois, puis une roselière, avant de retrouver des allées pavées et des pelouses tondues de près. Sur le campus même, un étang soigneusement délimité préservait quelques mètres carrés de nature sauvage. Autour de cette minuscule plage de galets, des touffes d'herbe éparses, des joncs aux fleurs brun-Havana groupées en grappes, et quelques boutons d'or flottant sur l'eau comme des marguerites géantes avaient pris racine. Un lac du diable pour un promeneur venu de l'Anthropocène.
Quoi qu'il en soit, Arthur avait juré que cet exil ne serait que temporaire. Une fois le diplôme exigé par la société en poche, l'affaire serait réglée. À la question de savoir quel métier il comptait exercer après ses études, il répondit : « Jardiner. » C'était vague, mais sincère.
Arthur se tenait toujours près de l'entrée de l'amphithéâtre, hésitant. Il aurait sans doute fait demi-tour s'il n'avait pas aperçu ce garçon aux cheveux blonds impeccablement coiffés et aux pommettes saillantes. Tout en lui respirait la santé et la sérénité : son t-shirt gris, qui laissait deviner une silhouette fine et musclée ; son ordinateur portable, soigneusement fermé sur la table devant lui ; son expression impassible, tandis qu'il attendait que les choses se déroulent, sans bouger d'un pouce sur sa chaise ni jouer avec son téléphone. Arthur le trouvait étrange, bien différent de la foule de leurs camarades, absorbés par leurs propres préoccupations. Il s'approcha et déplia le siège à côté de lui. Le blond déplaça son ordinateur portable pour lui faire de la place et tendit la main à Arthur sans hésiter, comme s'ils se rencontraient sur un stand de foire agricole. Une telle spontanéité était inhabituelle, même chez les étudiants. Surtout chez les étudiants.
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