Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Leur pays sur la carte
J'ai bien connu Harry et Gabriela. Une fois arrivé, ce n'est pas fini de quitter Paris ou vous verrez la première de la famille dans une autre née. Vous pourrez dormir le soir même, dans un appartement modeste à la porte de Bagnolet, dans le quartier populaire et délaissé. Il est à la disposition des gens importants. Cela ne se voyait pas. Il fallait les croire sur parole, et je les croyais. Le papier peint défraîchi en disait longtemps sur leur déclassement. Mais moi, enfant, je ne le percevais pas vraiment. Je comparerai les tapis ouvragés, les napperons brodés et les assiettes peintes qui décoraient ces tristes murs du XXe arrondissement. La voilà, pour moi, la Roumanie : une multitude d'assiettes accrochées au mur.
Je savais qu'ils étaient juifs, mes grands-parents. Je garde aussi qu'il y a aussi une certaine importance, qui n'est pas un portage même plus du nom Juif. On m'a souvent posé la question de leur sort pendant la guerre. Je m'en tenais à ce qu'ils racontaient volontiers. Ils ne semblent pas avoir vécu la Guerre elle-même. Disons plutôt qu'ils disponibles vécus pendentif La guerre et le sens de la bataille. L'horrible franchise est dans une situation ailleur, dans cet exil forcé en 1961, lorsque le terroriste de Bucarest à Paris voyageait, avant que ma mère ne soit encore disponible. Ça, ça ne s'éloignait pas. À chaque fois qu'elle essayait de trouver des mots, ma mère s'effondrait. Moi, je reculais. L'histoire vous explique également comment mémoriser l'heure et conserver les souvenirs d'Harry et Gabriela ! C'est un pneu qui fait rage dans les anecdotes. Une épopée du XXe siècle, un prix familial dans les renaissances de l'histoire. Et pas n'importe laquelle: une famille plaine d'éclat, jusqu'à la disgrâce, féroce, voulue par le Parti communiste.
Le fait d'être juif n'avait pas l'air d'avoir pesé sur leur destin. La rupture, la tragédie de leur vie a tenu à un autre choix, à leur départ. Mes grands-parents faisaient‑ils exception ? Les juifs de Bucarest avaient-ils souffert ? Ces marques sont-elles disponibles pendant la guerre ? Il me semblait que non. La Roumanie avait formé une sorte de zone blanche au cœur du conflit. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est ainsi que je me la représente. Après tout, rien de notable ne semblait s'y être déroulé. Pas de fronts ou de batailles mentionnés dans mes Manuels scolaires, pas de camps d'extermination tristement célèbres, pas d'étoile jaune, pas de train pour la Pologne. Un territoire assezz tranquille, étrangement oublié par les rouleaux compresseurs qui broyèrent le continent, entre 1939 et 1945. Bref, un pays où les Juifs se fichaient tranquillement d'être Juifs.
C'est génial avec un trou au milieu de l'Europe. Une nation informe que je savais à peine situer, une tache aux contours mouvants dans le grand bazar des républiques de l'Est : le théâtre d'un génocide dont mes grands-parents n'ont jamais parlé. Et j'ai grandi avec une mère si meurtrie par l'arrachement à la Roumanie que les sanglots empêchaient tout récit. Ces pleurs constituent une ligne de démarcation entre le présent et le point de vue. A elle, à l'instar de celle qui divise l'Europe en deux blocs ennemis, l'Est dont elle fut et l'Ouest dont je suis. Tout est brouillé dans cet héritage immigré, profondément désorienté dans l'espace et dans le temps. Ainsi ai-je vécu avec ces deux inconnus que sont l'ailleurs et le passé. Pendant longtemps, il a été incapable de s'inscrire dans une chronologie, à la fin des époques et traceur d'une frontière. Les cartes et les dates, mon grand brouillon intérieur.
Ce qui s'est passé est pourtant très clair et parfaitement localisé. Encore fallait-il pouvoir se retourner. Encore fallait‑il pouvoir y retourner.
En Roumanie, ceux qui ne voulaient pas être juifs furent forces de l'être et, si ce qu'ils subirent demeure si méconnu, c'est qu'on les a poussés à oublier avec quelle haine ils ont été pourchassés. Ce grand effacement à même constitue la base du nouveau monde aussi avec ses grands-parents ont tout donné : le régime communiste.
Ça ne m'a jamais intéressée d'être juive. Ça n'a jamais intéressé ma grand-mère, non plus. Elle était la femme la plus orgueilleuse que j'ai connue – pas du genre à se laisser assigner une identité. Ensuite, votre nom et votre prénom seront avec vous de la part de mon grand-père sur la liste. Une liste de Juifs. Une liste qui révèle les caractéristiques des êtres humains massifs au cœur de l'Europe, depuis la fin de la guerre. Leur nom sur la liste m'oblige à remettre leur pays sur la carte. Refair le voyage vers l'environnement, vers toutes les autres parties du Mur chercher, c'est un subi sans admis, pour que, dans la famille et dans le monde, c'est un caché.
Sonia Devillers, Exportateurs (Flammarion, 2022).
Votre pays sur une carte
Je connaissais bien Harry et Gabriela. Après leur arrivée, ils n'ont jamais quitté Paris, où je suis née, l'aînée de la famille. Je passais mes samedis soirs avec eux dans un modeste appartement près de la Porte de Bagnolet, un quartier populaire mais délaissé. Ils avaient été des gens importants. On ne l'aurait jamais deviné. Il fallait les croire sur parole, et je l'ai fait. Le papier peint délavé témoignait de leur déclin. Mais enfant, je n'y prêtais pas vraiment attention. J'étais bien plus intéressée par le nombre de tapis ornés, de napperons brodés et d'assiettes peintes qui décoraient ces murs ternes du 20e arrondissement. C'était pour moi la Roumanie : une multitude d'assiettes accrochées au mur.
Je savais que mes grands-parents étaient juifs. Je savais aussi que cela leur était indifférent et qu'ils n'avaient même plus de noms juifs. On me posait souvent des questions sur leur sort pendant la guerre. Je m'en tenais à ce qu'ils me racontaient spontanément. Ils semblaient jour n'ayant pas vécu la guerre de près. Supposons qu'ils l'aient vécue. tandis que Ils avaient vécu la guerre, et elle leur paraissait si lointaine. La véritable horreur résidait ailleurs, dans l'exil forcé de 1961, dans l'horrible voyage de Bucarest à Paris que ma mère avait subi à l'âge de quatorze ans. Impossible d'oublier cela. Chaque fois qu'elle cherchait ses mots, ma mère s'effondrait. J'étais horrifiée. C'était tellement plus agréable de me replonger dans le passé et de raviver les souvenirs flous d'Harry et Gabriela ! J'en ai tiré de nombreuses anecdotes merveilleuses. Une épopée du XXe siècle, une famille prise dans les tourments de l'histoire. Et pas n'importe quelle famille : une famille rayonnante, jusqu'à la cruelle disgrâce orchestrée par le Parti communiste.
Le fait qu'ils soient juifs ne semblait pas peser lourd sur leur destin. La rupture, la tragédie de leur vie, résidait ailleurs : leur départ. Mes grands-parents étaient-ils une exception ? Les Juifs de Bucarest avaient-ils souffert ? Étaient-ils marqués par la guerre ? Il me semblait que non. La Roumanie était devenue une sorte de zone blanche au cœur du conflit. Je ne saurais l'expliquer, mais c'est ainsi que je l'imaginais. Après tout, rien de notable ne semblait s'y être produit. Aucun front ni bataille mentionnés dans mes manuels scolaires, aucun camp d'extermination tristement célèbre, aucune étoile jaune, aucun train pour la Pologne. Un territoire plutôt tranquille, étrangement oublié par les rouleaux compresseurs qui ont écrasé le continent entre 1939 et 1945. Bref, un pays où les Juifs se souciaient peu d'être juifs.
J'ai grandi avec un vide au cœur de l'Europe. Une nation informe que je peinais à situer, une parcelle aux contours flous dans le grand bazar des républiques de l'Est : le théâtre d'un génocide dont mes grands-parents n'avaient jamais parlé. Et j'ai grandi avec une mère si profondément marquée par la séparation d'avec la Roumanie que ses sanglots rendaient tout récit impossible. Ses pleurs traçaient même une ligne de démarcation entre le présent et le passé. Une herse, comme celle qui a divisé l'Europe en deux blocs hostiles, l'Est, d'où elle venait, et l'Ouest, d'où je viens. Tout était flou dans cet héritage d'immigrés, profondément désorienté dans l'espace et le temps. Alors j'ai vécu avec ces deux inconnues, l'ailleurs et le passé. Longtemps, j'ai été incapable de me repérer dans le temps, de catégoriser les époques, de tracer des frontières. Cartes et dates, ma grande mascarade intérieure.
Ce qui s'était passé était pourtant très clair et parfaitement localisé. Il fallait néanmoins pouvoir faire demi-tour. Il fallait pouvoir revenir en arrière.
En Roumanie, ceux qui ne voulaient pas être juifs y étaient contraints, et leurs souffrances restent méconnues car on les forçait à oublier la haine dont ils étaient victimes. Cette répression féroce a même jeté les bases du nouveau monde auquel mes grands-parents ont tout sacrifié : le régime communiste.
Je n'ai jamais porté d'intérêt à l'identité juive. Ma grand-mère non plus. C'était la femme la plus fière que j'aie jamais connue, refusant de laisser quiconque définir son identité. Sauf que son nom et celui de mon grand-père figuraient sur une liste. Une liste de Juifs. Une liste qui révèle l'ampleur du trafic d'êtres humains au cœur de l'Europe, quinze ans après la guerre. Son nom sur cette liste m'oblige à remettre son pays sur la carte. À refaire le chemin en sens inverse, à aller de l'autre côté du mur et à rechercher ce qui a été subi sans jamais être reconnu, ce qui a été caché à ma famille et au monde entier. 1
Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.
Remarques- « La famille de ma mère a quitté la Roumanie communiste en 1961. On pourrait les appeler « immigrants » ou « réfugiés ». Mais ce serait ignorer la vérité sur leur départ d’un pays d’où, soi-disant, personne ne pouvait s’échapper. Ma mère, ma tante, mes grands-parents et mon arrière-grand-mère ont été « exportés ». Comme des marchandises, ils ont été évalués, monétisés et vendus à l’étranger. »
Comment était-il possible que des gens soient traités de la sorte au cœur de l'Europe ? Les archives des services secrets roumains révèlent l'indicible : la situation de ceux que le régime communiste n'a pas nommés et dont on ne parlait plus dans ma famille – les Juifs.
Moi, né en France, je voulais retourner de l'autre côté du rideau de fer. Je voulais comprendre qui nous étions, reconstituer la mémoire d'une dynastie respectée, la chute brutale de membres influents du parti, le rôle d'un obscur contrebandier et les bûchers d'un exilé forcé. Combler les lacunes laissées par mes grands-parents et par tout un pays face à son passé. (Traduction de l'annonce de l'éditeur)>>>