Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Il nous l'avait dit : la caverne s'ouvrait au fond.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 4.
Il nous avait dit que la grotte s'ouvrirait au bout.
Origine et palimpseste
L'origine du monde « Ainsi, à partir du 26 juin, elle sera de nouveau exposée pour la première fois après plus d'un siècle d'occultation. » C'est ce qu'écrivait le critique d'art Philippe Dagen en 1995. Le Monde, 1 après que le ministère eut réglé les droits de la succession de Jacques Lacan sur les tableaux de Courbet. Un an plus tard, Michon La Grande Beune, qui initialement aussi L'Origine du monde que l'on devrait appeler, et la seconde partie du livre de Michon semble s'amuser de cette origine dans l'inversion de « fin du monde » :
Depuis le début de ces vacances ma visite quotidienne au tabac était comme entrer dans une chausse-trape qui faisait que mes jambes et mes mains tremblaient avant même de pousser la porte. Yvonne dansait le grelot. Il est à la disposition des uns et des autres et s'entend avec plaisir ; elle était ivre d'elle-même ; Elle me jetait par en lingerie ce regard enjôleur, mais impersonnel, fuyant, qu'ont les femmes ensevelies dans leur propre chaise au point de ne plus vous voir ni vous entendre, leur annonceriez-vous la fin du monde ; elle faisait des rires de fée, soudain rougissait et s'arrêtait, comme giflée - février et mars jouaient d'elle à quatre mains.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 3.
Depuis le début de ces vacances, ma visite quotidienne chez le buraliste était comme un piège qui me faisait trembler de tous mes membres avant même d'avoir poussé la porte. Yvonne dansait au son de la cloche. Elle avait peur et poursuivait sa peur avec délectation ; elle était ivre d'elle-même ; elle me lançait ce regard enchanteur mais impersonnel, fugace, d'en bas, de ceux que les femmes ont quand elles sont enfouies dans leur propre chair, de sorte qu'elles ne peuvent plus vous voir ni vous entendre même si vous leur annonciez la fin du monde ; elle riait comme une fée, rougissait soudain et se figeait comme si elle avait reçu une gifle — février et mars jouant à quatre mains sur elle.
Pierre Michon est né dans le nord-ouest de la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Creuse, qui correspondait autrefois en partie au Limousin. Le Limousin est le point de départ de sa pièce révolutionnaire. Les Onze (2009), tout comme le Département Dordogne/Périgord noir préhistorique-aujourd'hui englobe le vaste espace narratif mythique de Les deux Beune (2023) éduque. Les enfants qui présentent leurs trouvailles à l'enseignant sont, en une phrase, avec des mots retentissants, ramenés de manière transparente à la préhistoire :
C'étaient eux encore une fois, avec des petits élèves, avec des sempiternels nabots, cette humanité bruegélienne, vieillelotte, affaireée, naine, affublée de caftans et de touloupes ; c'étaient Annie, Madeleine, Micheline, Jeannine ; Jeannot, Pierrot, Jean Pierre. Et Bernard, avec sa natte du Mékong. Ils apprenaient en versant des larmes les accords verbaux ; Les bifaces sont semblables aux noms féminins ronflants, qui sont écoutaient en penchant un la tête sur le côté, Saint-Acheul, Le Moustier, La Madeleine ; limande, coup-de-poing, feuille de saule. Les noms que j'avais dans la tête aujourd'hui, l'ourlet, la fente, les fesses, je ne pouvais les leur dire. Ils passaient. L'air est plus rapide. Si la différence ne vous suffit pas, vous aurez le courage de rejoindre les ancêtres avec la sacoche d'œufs pour le voyage. This sont-être des petits enfants que les pères flèchent dans l'au-delà.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 5.
Les voilà de nouveau, mes petits élèves, mes éternels nains, cette humanité bruegelienne, vieille, affairée, naine, parée de caftans et de peaux de mouton ; il y avait Annie, Madeleine, Micheline, Jeannine ; Jeannot, Pierrot, Jean-Pierre. Et Bernard avec sa natte du Mékong. Ils apprenaient les accords verbaux à travers les larmes, ils m'apportaient des haches de pierre, auxquelles je donnais des noms sonores, qu'ils écoutaient la tête légèrement penchée : Saint-Acheul, Le Moustier, La Madeleine ; flétan, coup de poing, feuille de saule. Les noms que j'avais en tête aujourd'hui, ourlet, fente, fesses, je ne pouvais pas les leur dire. Ils dérivaient. Ils semblaient flotter. Ils disparaissaient rapidement, courant vers les ancêtres avec leurs paniers, remplis d'œufs pour le voyage. Peut-être sont-ils de petits enfants, jetés dans l'au-delà par leurs pères.
Hermann Parzinger écrit dans son histoire de l'humanité avant l'invention de l'écriture, Les Enfants de Prométhée« Bien que l’on trouve des traces éparses des débuts de la création artistique presque partout, l’épanouissement qualitatif et quantitatif exceptionnel de la peinture rupestre de l’âge glaciaire dans le sud-ouest de l’Europe demeure unique au monde ; il représente la première apparition majeure de l’humanité dans une histoire de l’art mondiale englobant tous les temps et tous les lieux. » 2 Ici, dans le sud-ouest de la France, on trouve les premières images réalisées par l'homme dans des zones de la grotte qui n'étaient pas utilisées comme habitations ; comme le souligne Parzinger, elles sont probablement « liées à des idées cultuelles et religieuses ». 3Dans le même temps, des conclusions importantes peuvent être tirées sur l'expérience de la nature des humains préhistoriques, des représentations vivantes d'animaux qui symbolisent une compréhension de la nature comme un être animé, et aux côtés des bisons et des chevaux, des rennes, des cerfs, des bouquetins, des mammouths et des poissons apparaissent désormais dans les illustrations. 4 L'histoire se déroule ici, entre Les Eyzies et Montignac. Hydrologiquement, il y a quatre Beunes. 5La Grande Beune est un affluent de la Vézère, la Petite Beune (qui devient la Beune de Puymartin dans son cours supérieur) reçoit plus tard, entre autres, la Beune du Paradoux, et un autre ruisseau, La Beunote, est un affluent de la Grande Beune. 6 D'un point de vue linguistique et historique, Beune signifie « la rivière elle-même », en gaulois. °bedo, °bedum, « canal, fossé ».
De même que le Périgord noir tire son surnom de ses forêts de chênes verts très sombres, la noirceur est également présente dans La Grande Beune Très présentes, comme la pluie noire et les nuages noirs, la nuit noire et le miel noir des braconniers, les cicatrices noires et les bas noirs, le sang noir et l'encre noire, par exemple. Et les grottes.
On montait et descendait entre des pierres efffondrées, on se glissait dans des failles, on piétinait dans des dolines où des résidus dormaient, on ne comprenait rien.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 5.
Nous avons grimpé et descendu parmi les rochers effondrés, rampé dans des fissures, pénétré dans des dolines où sommeillaient des restes, et nous n'avons rien compris.
En 1979, l'UNESCO a inscrit les 14 sites de la vallée de la Vézères sous l'appellation « sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère » dans son catalogue du patrimoine mondial, les considérant comme l'un des sites archéologiques les plus importants d'Europe et un lieu central de l'art préhistorique. Parmi eux, seules les peintures rupestres de Lascaux, datant d'environ 20 000 ans, que Georges Bataille décrit comme le commencement de l'art, la naissance de l'humanité dans la transition de l'homo faber, acteur de l'action instrumentale, à l'homo pictor, qui oppose les signes inutiles et séduisants à la vie utile. 7 Ceci explique, entre autres, la fascination d'écrivains tels que Rouaud, Malraux, Quignard, Chevillard et Trassard pour les peintures rupestres du sud-ouest de la France. 8 Jean Rouaud suit cette piste lorsqu'il se demande quel besoin a donné naissance à ces tableaux :
C'est la plus belle énigme de l'histoire du monde. Pas la plus mystère, la plus belle. Une litanie de splendeurs : Lascaux, Rouffignac, Niaux, Pech-Merle, Font-de-Gaume, Altamira, le Roc-aux-Sorcières, Chauvet, Cussac, devant quoi sur reste bouche bée, méduse. Ceux-là, qu'on imaginait en brutes épaisses tout juste descendues du singe, qu'on habillait de peaux de bêtes et qu'on coiffait avec un clou, ceux-là en savaient aussi longtemps que nous sur la meilleure part de nous-mêmes. Quant à comprendre ce qui leur passait par la tête, commenter en vient à s'enfoncer sous terre, en rampant parfois, pour peindre des merveilles qui échapperont au regard de la petite multitude du temps, il nous reste à l'imaginer. Le paléo-cirque, telle serait donc l’histoire du premier coup de pinceau. Il y a encore du repos dans le passé. Quelques milliers d'années plus tard, en bord de mer, ils ont inventé le premier site en ligne. Bien. À Carnac.
Jean Rouaud, Préhistoire.
Voici la plus belle énigme de l'histoire du monde. Non pas la plus mystérieuse, mais la plus belle. Une litanie de splendeurs : Lascaux, Rouffignac, Niaux, Pech-Merle, Font-de-Gaume, Altamira, le Roc-aux-Sorcières, Chauvet, Cussac, devant lesquels on reste bouche bée d'admiration. Ces hommes, que nous imaginions comme de grosses bêtes simiesques, vêtus de peaux de bêtes et coiffés d'un clou, en savaient autant que nous sur ce qu'il y a de meilleur en nous. Ce qui leur passait par la tête, comment on en vient à descendre sous terre, parfois à ramper, pour peindre des merveilles qui échappent au regard des masses infimes du temps, nous devons encore l'imaginer. Le Paléo-Cirque serait ainsi l'histoire du premier coup de pinceau. Mais nos ancêtres ne s'arrêtèrent pas là. Plusieurs milliers d'années plus tard, au bord de la mer, ils inventèrent le premier site internet. Évidemment. À Carnac.
En 2008, la grotte de Lascaux, découverte en 1940 et dont les peintures rupestres préhistoriques étaient envahies par les moisissures, aurait pu perdre son statut de patrimoine mondial de l'UNESCO. À peu près au moment où le jeune professeur de Michon commençait son service dans la région, au début des années 1960, le ministre de la Culture, Malraux, ferma le site aux visiteurs ; dans les années 80, une réplique de la grotte fut ouverte aux touristes juste à côté. Et Pierre Michon doubla le volume de son livre. La Grande Beune à partir de 1996 avec six chapitres supplémentaires La Petite Beune, ainsi avec l'affluent, à un nouveau livre : Les deux Beune (Verdier, 2023). Un événement littéraire remarquable : Michon, dont les quelques textes courts ont fait l’objet de nombreux commentaires, présente ici une suite de son œuvre qui, à bien des égards, pourrait remettre en question les interprétations des trente dernières années. Bien entendu, la genèse des livres de Michon est bien plus complexe ; ils ne sont ni « achevés » ni publiés au moment même où ils sont écrits.
Si vous cherchez un cours, alors vous écrivez, c'est un cours d'édition et non d'écriture. Je n'ai pas écrit ces textes dans l'ordre de leur publication. Par exemple L'Empereur de l'Occident a été écrit avant la Vie de Joseph Roulin, La Grande Beune bien avant Rimbaud le fils. Je n'ai pas assez de mes manuscrits pour que ce soit très arbitraire, mais je n'ai rien à payer en plus de l'amélioration. Que je ne pourrai pas les finir, tout simplement, puisque comme je vous l'ai dit, la plupart de mes textes sont inachevés, bien qu'ils passent pour achevés. C'est donc qu'ils sont achevés à mon insu.
Pierre Michon, « 12. Cause toujours », dans Le roi vient quand il veut.
Je peux vous dire tout d'abord que cette approche, telle que vous la décrivez, relève de la publication, et non de l'écriture. Je n'ai pas écrit les textes dans l'ordre de leur publication. Par exemple, L'Empereur de l'Occident avant le Vie de Joseph Roulin écrit, La Grande Beune longtemps avant Rimbaud le filsJe me débarrasse de mes manuscrits de façon très arbitraire lorsque je pense ne plus pouvoir les améliorer, ni les terminer, car, comme je vous l'ai déjà dit, la plupart de mes textes sont inachevés, même s'ils sont considérés comme tels. Autrement dit, ils sont achevés sans mon intervention.
« L’œuvre concise de Michon résiste à l’analyse et au commentaire, tout comme l’anguille échappe aux mains du pêcheur », notait Thierry Clermont dans sa critique de la version doublée. 9 Et ce n'est pas une suite, selon Clermont, mais plutôt un reflet du premier volet, qui se déroulait en septembre 1961. Le personnage principal sans nom de La Grande BeuneLe jeune professeur, lancé dans sa quête érotique dans la seconde partie, qui se déroule en février/mars 1962 de l'année suivante, est nommé Pierre, peut-être en raison des références fondamentales aux pierres dans la première partie, mais aussi parce que Pierre (Michon), né en 1945, a à peu près le même âge que son personnage fictif au début des années 1960. Sébastien Omont différencie les styles d'écriture des deux parties du roman : « Où La Grande Beune Tandis que son père déployait une splendeur empreinte de nostalgie, sa jeune sœur doit finalement se résoudre à accepter, au moins en partie, le monde tel qu'il est. Le style est plus brut, moins grandiose, peut-être moins parfait, et pourtant Pierre Michon se révèle ici aussi un grand écrivain, tissant des liens thématiques avec la force de la métaphore pour évoquer simultanément le succès et le manque, l'absurdité et la création. 10
D'une certaine manière, Michon parvient à conclure la traque sans en altérer l'atmosphère obsessionnelle et mystérieusement sombre ; dans une interview de 2001, il déclarait lui-même :
Le travail d'accumulation des savoirs, la lecture, la documentation, ne sont qu'un artifice pour faire résonner plus haut l'appel du monde, un piège pour le faire approcher. Et la confection du piège dure bien plus longtemps que la prise du gibier. Nous aimons mieux la chasse que la prise, comme disait l'autre.
Pierre Michon, « Le monde qui appelle », dans Le roi vient quand il veut. 11
L'acquisition du savoir, la lecture et la documentation ne sont qu'un stratagème pour amplifier l'appel du monde, un piège pour l'attirer à nous. Et tendre le piège prend bien plus de temps que de capturer la proie. Comme on l'a dit un jour, nous préférons la chasse à la capture.
Les critiques ont décrit le livre augmenté comme un diptyque, à l'image du thème de la peinture dans l'œuvre de Michon. Outre la poursuite de certains fils conducteurs et motifs (les personnages et le paysage restent les mêmes), la seconde partie s'en distingue considérablement : l'accent est davantage mis sur Jean le pêcheur, la pluie omniprésente cède la place au brouillard, les images de chasse sont en partie remplacées par celles de pêche, et de nouveaux éléments font leur apparition, comme le carnaval (qui reprend les masques de I, 1 et I, 6) : « Ils voulaient que nous ayons le loisir de célébrer un festin comme autrefois, de manger les cochons légendaires, de faire péter les tonneaux légendaires, le visage masqué pour nous rendre semblables à ce monde austère, vague et capricieux que février et mars tiennent dans leurs griffes de fer. Car c'est le carnaval. » 12À l'apparition de La Grande Beune Patrick Kechichian avait une structure temporelle particulière L'œuvre de Pierre Michon est caractérisée ainsi : « Les livres de Pierre Michon semblent provenir d'un temps immémorial, d'un espace très lointain et apparemment exilé. On peut certes mentionner des dates et des lieux, mais seulement pour décrire la profondeur immuable de la mémoire et les strates du temps, pour montrer que le paysage, comme les personnages qui en émergent, dépendent de cette mémoire, ou inversement. » 13 Dès les premières pages du livre, le caractère archaïque du « passé » semble imprégner le présent dans les provinces françaises :
Je mangeai ces charcutailles de haute époque ; à la table voisine les propositions se faisaient rares, les têtes se rapprochaient, alourdies par le sommeil ou le souvenir de bêtes descendues en plein lien, mourant ; ces hommes étaient jeunes ; Leur sommeil, leurs chasses, étaient vieux comme les fabliaux.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 1.
J’ai mangé ce plat de viande comme si c’était d’un autre temps ; à la table voisine, on parlait moins, les têtes étaient proches les unes des autres, lourdes de sommeil ou du souvenir des animaux abattus et morts en plein saut ; ces hommes étaient jeunes, leur sommeil, leurs chasses étaient aussi vieux que les fables.
Wenn homme La Grande Beune en détail avec la première partie de Les deux Beune En les comparant, on peut certainement trouver des changements, comme cette nouvelle deuxième phrase, qui ajoute deux « livrets corrigés » comme la relation entre la première et la deuxième partie ici :
Les grues passaient et mes éléments apprennent à se conjuguer. Entre deux cahiers corrigés à la grande table d'auberge, j'allais faire un flipper, me confronter au Big Indian emplumé qui vous défiait au fronton.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 2.
Des grues passaient en volant et mes élèves apprenaient les conjugaisons. Entre deux corrections de cahiers à la grande table de l'auberge, je suis allé au flipper et j'ai fait face à la créature à plumes. Big Indian, qui vous a défié au pignon.
À l’instar des peintres Goya, Van Gogh, Fragonard, Watteau ou du Corentin fictif de l’œuvre de Michon, les premiers peintres de l’humanité sont des représentants d’artistes, de chamans, « savants comme un homme barbu et pieux comme l’un des Mohicans » (I, 4), premiers chercheurs de sens et interprètes du monde comme les écrivains :
Et les hommes qui étaient ce dieu des rennes, après les huit jours de charivari, de sang, de vive force dans les goulets, d'écorchage, salaison et boucan, ces petits jours d'avril qui leur permettraient le reste de l'année de ne rien faire, regarder, parler, de s'emplir le ventre, de jouir de leurs femmes et d'aimer les petits enfants qui en sortaient, les hommes dit-on, et il semble que c'est vrai depuis le carbone 14 a date tout cela sans réplique comme l'aurait fait un barbichu, quand ils étaient las des enfants et des femmes, les palabres sous une hutte sanglaient de bœuf avec leurs grands chapeaux plaids d'andouillers et de plumes, les hommes descendaient dans les grottes et faisaient des patures. Pour tous les hommes qui ont accès à la main plus déliée, à l'esprit plus prompt ou contourné, les cœurs célibataires qui allaient la nuit chercher sens dans les flaques des Beune, ne l'y découvrent pas et ramenaient à la place des pierres opaques qui font sens, des mots et des combinaisons de pierres et de mots qui font sens, et de ces combinaisons du pouvoir […].
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 4.
Et les hommes qui étaient ces dieux rennes, après huit jours de carnage, le sang, la violence dans les couloirs, le dépeçage, le salage et le bruit, ces quelques jours d'avril qui leur permettaient de ne rien faire le reste de l'année, de regarder, de parler, de se gaver, de profiter de leurs femmes et d'aimer les petits enfants qu'ils allaient naître, ces hommes, dit-on (et cela semble vrai, car la datation au carbone 14 a confirmé tout cela sans discussion, comme l'aurait fait un homme barbu), lorsqu'ils se sont lassés des enfants et des femmes, des palabres dans une hutte tachée de sang de bœuf, avec leurs grands chapeaux ornés de morceaux de bois de cerf et de plumes, les hommes descendaient dans les grottes et peignaient des tableaux. Non pas tous les hommes, mais seulement ceux qui avaient une main plus habile, un esprit plus rapide ou plus lourd, un cœur plus solitaire, qui cherchaient le sens la nuit dans les flaques du Beune, ne le trouvaient pas là, et rapportaient plutôt des pierres opaques porteuses de sens, des mots et des combinaisons de pierres et de mots porteurs de sens, et qui tiraient leur pouvoir de ces combinaisons ; […].
Chasse et piégeage
La partie et l'autre partie de la nuit sont prises à deux mains. Je trousai peau. Quand les deux sont soulevées jusqu'à la taille et que le poids repose sur elles, on peut voir la grotte à la blanche. C'était du lait.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 6.
De chaque côté, je saisis l'ourlet bleu foncé à deux mains. Je le relevai. Quand elle eut remonté sa jupe jusqu'à la taille et gémit, je vis la grotte blanche en un éclair. C'était du lait.
Cela se termine par le blanc de la page blanche et les toiles non peintes. Les deux Beune"Nous sommes dans la grotte, avec les gros monstres sur les parois." 14 Ainsi, le peintre Goya se trouvait à Michons. Maîtres et serviteurs Au cours de la visite, on lui a montré qu'il avait inspecté le palais royal espagnol d'El Pardo pour peindre les plafonds voûtés. La grotte qu'il a visitée à La Grande Beune (1996), en revanche, était vide, non peint, du moins c’est ce que nous pensions depuis un quart de siècle.
C'était impressionnant. C'était maintenant. C'était la coupole de Lascaux à l'instant exact où y entraient les vieux célibataires, andouillers dessus, quand dans les torches leur cœur bondit ; Quand vous êtes prêt à utiliser l'impeccable étendue de calcite toute blanche, moelleuse, lisse, à peine grenue mais avec un grain tout de même qu'ils effleuraient du bout des doigts, ce mondmilch un peu grenu donc et calmement débordant de candeur, ce grand drapé tendu, servi comme sur un chevalet entre un liseré tout droit de quartzite plus noir et un plafond bulbeux, pesant, secret.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 5.
C'était impressionnant. C'était nu. C'était le dôme de Lascaux au moment précis où les vieux garçons, coiffés de leurs chapeaux à bois de cerf, y pénétrèrent, le cœur battant à la lueur des torches ; lorsque la surface immaculée de calcite blanche, douce, lisse, à peine granuleuse, se dévoila à eux, qu'ils touchèrent du bout des doigts, ce lait de lune légèrement granuleux et débordant paisiblement, cette grande draperie tendue présentée comme sur un chevalet entre un bord droit de quartzite plus noir et une couverture bulbeuse, lourde et mystérieuse.
Or, grâce à la mise à jour de Michon datant de 2023, il s'avère qu'il y avait bien des peintures préhistoriques dans une grotte, qui ont été frénétiquement effacées par Jean avec son Kärcher moderne, blanc.
Il s'agit peut-être d'un malentendu : L'Origine du mondeLa représentation scandaleuse des organes génitaux féminins par Courbet ne doit pas être perçue comme une œuvre érotique ou obscène. Cette représentation objectivée et détachée de l'anatomie féminine transgresse également les limites morales. Le peintre observe et affirme : le réalisme dans sa forme radicale. 15 L'Origine du monde, c'était également le titre initialement prévu de La Grande BeuneCependant, le jeune professeur de Pierre Michon est tellement envoûté par Yvonne, la vendeuse du bureau de tabac, qu'elle devient une obsession onirique dès leur première rencontre :
Cette femme, les bras dans les yeux, bienveillante et peine étonnée, considérait patiemment mon silence. Elle attendait ce que je voulais. Je parle dans un rêve, d'une voix niet pourtant. Elle se détourna, son aisselle est apparue quand elle leva le bras vers son rayonnage, et la main franche, suave, baguée, s'ouvre sous mes yeux avec dans son creux le paquet rouge et blanc de la Marlboro. J'effleurai cela en prenant le paquet. Pour voir encore ce geste peut-être, la monnaie dans la paume, les ongles peints se réunissant, se défaisant, j'achetai aussi le saint fléché de la carte postale. Elle souriait tout à fait. « Tu veux une enveloppe ? » dit-elle. Bien sûr que j'en voulais une. La voix est aussi générale, les mots sont prononcés et prononcés comme un don.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 1.
Cette femme, les lèvres légèrement entrouvertes, l'air aimable et à peine surprise, observait patiemment mon silence. Elle attendait de voir ce que je voulais. Je parlais comme dans un rêve, mais d'une voix claire. Elle se détourna, son aisselle dévoilée lorsqu'elle leva le bras vers l'étagère, et sa main ouverte, douce et ornée de bagues s'ouvrit devant mes yeux, le paquet de Marlboro rouge et blanc niché dans son étui. Je la touchai en prenant le paquet. Peut-être pour revoir ce geste, l'argent dans la paume, les ongles vernis qui se rejoignent et se séparent, j'achetai aussi la carte postale représentant le saint à la flèche. Elle sourit largement. « Voulez-vous une enveloppe ? » demanda-t-elle. Bien sûr que oui. Sa voix, elle aussi, était généreuse ; les mots étaient comme un cadeau.


La couverture du livre de Verdier fait subtilement et élégamment allusion au tableau scandaleux de Gustave Courbet représentant des organes génitaux féminins. Michon a tendance à universaliser le désir, brouillant ainsi les frontières entre le subjectif, l'érotique et l'anthropologique, avec sa profondeur historique.
Assis sur la bille de hêtre, je remuais mille autres pensées autour de son corps. Je pensais à cette partie du monde que nous ne voyons pas, mais dont nous savons qu'elle existe, comme existe le sexe de la femme.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 6.
Assise sur le tronc du hêtre, mille autres pensées me traversèrent l'esprit à propos de son corps. Je pensais à cette partie du monde que nous ne pouvons voir, mais dont nous savons qu'elle existe, tout comme le sexe féminin existe.
Le texte révolutionnaire de Michon également, Les nôtres, se termine avec Lascaux. Le récit historique fictif, qui n'existe que sous forme littéraire, superpose l'image commandée des révolutionnaires à la peinture rupestre :
Et puisque nous y sommes, vous et moi, c'est soudain devant n'importe quelles bêtes divines que nous nous tenons ici, pas seulement les chevaux mais toutes, les bêtes cornues, les bêtes qui aboient, les autres bêtes rugissantes qui se retournent soudain bondissent sur le roi dans les chasses de Ninive, les grandes menaces frontales qui nous ressemblent et ne sont pas nous. Celles qu'on a peintes au début de tout, avant l'Assyrie et Saint Jean, avant l'invention de la charrerie et de la cavalerie, bien avant Corentin et le pauvre Géricault, au temps des grandes chasses, au temps des Gibiers idolâtrés et redoutés, divins, tyranniques, sur les murs profonds des cavernes. C'est Lascaux, monsieur. Les forces. Les puissances. Les Commissaires. Et les puissances dans la langue de Michelet s'appellent l'Histoire.
Pierre Michon, Les Onze.
Et puisque nous en parlons, vous et moi, nous voici soudain face à toutes les bêtes divines, non seulement les chevaux, mais toutes : les bêtes cornues, les bêtes aboyant, les autres bêtes rugissantes qui se retournent et bondissent sur le roi dans les Chasses de Ninive, les grandes menaces frontales qui nous ressemblent et pourtant ne sont pas nous. Celles qui furent peintes à l'origine de tout, avant l'Assyrie et Jean, avant l'invention des chars et de la cavalerie, bien avant Corentin et le pauvre Géricault, au temps des grandes chasses, au temps des animaux sauvages divinisés et craints, divins et tyranniques, sur les parois profondes des grottes. Voilà Lascaux, monsieur. Les forces. Les puissances et les principautés. Les commanditaires. Et les puissances, dans le langage de Michelet, s'appellent l'histoire.
Dans sa critique, Raphaëlle Leyris nous rappelle avec indulgence qu’il s’agit d’un écrit par un homme d’une autre génération, décrivant des relations entre les sexes qui ont depuis évolué. 16 La dimension érotique et la conquête scopique du corps désiré sont écrites par Michon du point de vue d'un prédateur, d'un chasseur, comme l'a montré Jean-Claude Pinson, dans la dialectique d'une soudaineté possessive et d'une tendresse sentimentale. 17 Ce jeune homme de vingt ans, pourtant, est à un âge où l'on ne croit pas avoir quoi que ce soit à offrir à une si belle femme ; il tombe peu à peu sous son charme, lui achetant des choses sous de faux prétextes, comme des journaux, pour paraître plus intelligent qu'il ne l'est réellement. Il attend des heures, espérant la croiser par hasard dans les bois, son regard dévorant chaque détail de son corps ; il l'appelle reine.
Le ton était donc donné dès le début par un « je » anonyme qui rejette tout traitement rhétorique de l'amour, comme il le dit vers la fin de la nouvelle partie : « J'ai pensé aux bras blancs de la poésie ancienne, dont le vrai sens est celui des cuisses blanches. » 18 L'esthétique et l'érotisme y sont aussi majestueux que prédateurs, sublimes et dangereux :
Je ne crois guère aux beautés qui peu à peu se révèlent, pour peu qu'on les invente ; Ceux-ci sont importants pour les apparitions. Celle-ci me avec à l'instant d'abominables pensées dans le sang. C'est peu dire que c'était un beau morceau. Elle était grande et blanche, c'était du lait. C'était grand et riche comme Là-Haut les hoursis, vaste mais étranglé, avec une taille serrée ; si les bêtes ont un regard qui ne dément pas leur corps, c'était une bête ; si les purées ont a fashion in elles de porter sur la colonne d'un cou une tête pleine mais pure, clémente mais fatale, c'était la purement.
Pierre Michon, Les deux Beune, je, 1.
Je ne crois pas aux beautés qui se révèlent peu à peu, à peine inventées, mais seulement aux apparences. Celle-ci m'a fait naître des pensées indécentes. Dire qu'elle était magnifique est un euphémisme. Grande et blanche, elle était comme du lait. Large et opulente comme les houris dans le ciel, ample mais comme lacée, avec une taille fine ; si les animaux ont un regard qui n'occulte pas leur corps, alors c'était un animal ; si les reines ont cette façon si particulière de porter une tête riche et pure sur un cou de pilier, à la fois voluptueux et fatal, alors c'était la reine.
Au lieu de peinture, la technique utilisée ici est comparable à des graffitis, des inscriptions gravées quelque part avec un objet pointu : « rapidement, spontanément, parfois inachevées et généralement probablement sans l'autorisation du propriétaire du bâtiment ». 19, une impulsion soudaine et urgente. Dans la nouvelle critique de Pinson Les deux Beune Il souligne à quel point la première partie retarde la résolution des attentes : «précipitéai-je dit, et pourtant, le désir dans cette course Le désir demeureCar l’attente est une composante essentielle du plaisir, de son « éternelle immédiateté » : « Nous l’avons laissé s’éterniser. » « Fallait-il vraiment que cela se termine ? Mon désir infini était l’exact opposé de son plaisir infini. » 20 Tandis que Mado, étudiante en littérature, lit Baudelaire à son amant distrait, celui-ci ne peut qu'imaginer la lointaine Yvonne :
Moi, j'avais dans la poitrine ce coeur de glace que février et mars à leur joint se refilent, et pour le faire fondre, celui-là, il faut d'autres brasiers que les alexandrins. Je tournais ce cœur vers la fenêtre, j'y tournais mes yeux ; j'y voyais le brouillard ou le gel, et dans ce meme brouillard ou ce meme gel quelque part se tenait Yvonne ; là-haut sur la place ils content Yvonne, ils frôlaient Yvonne, arpentaient Yvonne, la mesuraient, la cinturaient, s'insinuaient en elle, ils étaient son linge – et je respirais passionnément ce linge universel.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 3.
J'avais ce cœur de glace dans la poitrine, comme février et mars qui se succèdent, et pour le faire fondre, il faut d'autres feux que les alexandrins. J'ai tourné ce cœur vers la fenêtre, j'y ai fixé mon regard, j'ai vu le brouillard ou le givre, et dans ce même brouillard ou ce même givre, quelque part, se tenait Yvonne ; là-haut, sur la place, ils enveloppaient Yvonne, ils la caressaient, ils l'encerclaient, la mesuraient, la ceignaient, la pénétraient, ils étaient ses vêtements — et j'ai respiré avec passion ce lavage universel.
Le Cœur de Glace peut ici être vu comme une allusion (et un rejet) au Cœur de Neige des Alexandrines de Baudelaire. Beauté Ils ont l'air bien, mais contrairement aux poètes de son sonnet, l'amant de Michon ne veut pas passer ses heures à étudier de maigres sujets.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.Je règne dans le ciel comme le sphinx énigmatique ;
Charles Baudelaire, BeautéTraduit par Eric Boerner
Mon cœur se mêle à la neige le blanc des cygnes ;
Je déteste le mouvement qui modifie les lignes,
Je n'ai jamais pleuré, et je n'ai jamais ri non plus.
Ou disons, non pas la poétesse, mais Yvonne elle-même, l'objet du désir, celle qui désire, qui remodèle et sémiotise le naturel, une ornementation archaïque et sublime, une mise en scène festive et régie par des règles, lorsque la promesse, l'attente de la première partie, s'achève dans l'accomplissement du désir :
L'accouplement est une cérémonie, ce n'est pas une œuvre de chien. La joie est une phrase. Longue, contournée, obéissant à des rites, des formes. Yvonne n'a pas décidé ce qu'elle a choisi. Elle n’a pas d’autre choix. Je le savais bien, à ses apprêts, à son goût exagéré des bijoux et des poses, à son art de se faire un autre corps avant l'amour. À la marque de novembre. Elle ne souhaitait pas faire l'amour, elle voulait le commettre. Le but est de combiner les civilisations.
Pierre Michon, Les deux Beune, II, 6.
L'accouplement est une cérémonie ; sinon, c'est une corvée. Le plaisir est une sentence. De longs rituels complexes, des formes obéissantes. Yvonne ne disait rien d'autre. Elle ne voulait rien d'autre. Je le savais à ses préparatifs, à son goût prononcé pour les bijoux et les poses, à son art de se créer un autre corps avant l'amour. Depuis le mois de novembre. Elle ne voulait pas faire l'amour, elle voulait consommer l'acte d'accouplement. Elle adorait ce summum de la civilisation.
Avec le néologisme Oniritti Botho Strauss a intitulé l'un de ses livres, où graffitis et images oniriques (du grec « oneiros » = visage de rêve) se mêlent en peintures rupestres : « Que de fantômes dans cette pièce lumineuse ! Mais ce n'est que la nuit que l'on reconnaît les graffitis sincères qu'ils ont laissés sur les murs. Des signes avant-coureurs, des hiéroglyphes qui veulent arrêter un instant le rythme effréné du monde. » 21 Michon perçoit ses carnets eux-mêmes comme des signes éthérés, de sorte que lorsqu'il donne des informations sur l'état des blocs dans lesquels il La Grande Beune avait conçu :
Mais le carnet dans son ensemble est une trace chue, l'indice inanimé d'une expérience qui est révolue, et qui ne peut plus servir ni à moi ni au lecteur. Le carnet est un ensemble touchant. Je peux recycler des métaphores ou des fragments de phrases qui y entraînent, mais je ne peux plus être après coup le personnage qui a écrit cela. C'est un bloc sensible : à la fois affectif et mental, avec une forte coloration qui est celle d'un moment précis de mon existence. Celle des intentions de la rédaction pour laquelle ils ont été conçus : par exemple une coloration fortement érotisée dans le cas précis de ces carnets de La Grande Beune, qui est un type de bonne femme. A text, pour moi, n'est d'ailleurs que l'image aussi fidèle que possible de ce que je suis intellectuel et affectivement au moment où je l'écris. Et l'écriture du carnet est le sismographe de ces petites catastrophes ou de ces mouvements internes qui constituent les aventures émotionnelles ou conceptuelles de l'âme pendant cette période-là.
Pierre Michon, « 21 Les carnets inédits de La Grande Beune«, dans le même, Le roi vient quand il veut.
Mais le carnet, dans son ensemble, n'est plus qu'une trace estompée, un témoignage inanimé d'une expérience révolue, qui ne peut plus être utile ni à moi ni au lecteur. Le carnet est un tout affectif. Je peux y recycler des métaphores ou des fragments de phrases, mais je ne suis plus la personne qui l'a écrit. C'est un amas de sensations : affectives et mentales, fortement imprégnées d'un moment précis de mon existence. Imprégnées des intentions du processus d'écriture pour lequel il a été conçu : par exemple, une forte connotation érotique dans le cas particulier de ces carnets. La Grande BeuneCes observations étaient en quelque sorte une observation obsessionnelle de la femme. Pour moi, un texte n'est rien d'autre qu'un reflet, aussi fidèle que possible, de mon état intellectuel et émotionnel au moment où je l'écris. Et écrire dans un carnet, c'est comme enregistrer ces petites crises ou ces mouvements intérieurs qui constituent les aventures émotionnelles ou conceptuelles de l'âme durant cette période.
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Remarques- Philippe Dagen, « Le Musée d'Orsay dévoile « L'Origine du monde » », Le Monde, 21 juin 1995.>>>
- Hermann Parzinger, Les Enfants de Prométhée : Une histoire de l'humanité avant l'invention de l'écriture (Munich : CH Beck, 2014), Chapitre 6.>>>
- Hermann Parzinger, Les Enfants de Prométhée : Une histoire de l'humanité avant l'invention de l'écriture (Munich : CH Beck, 2014), Chapitre 3.>>>
- Voir ibid.>>>
- Le bassin des 4 Beunes de Dordogne. Wikipédia.>>>
- Voir l'article Wikipédia «Beune (Dordogne). ">>>
- Georges Bataille, La Péinture préhistorique, Lascaux ou la naissance de l'art (Genève : Skira, 1955). Voir aussi Andreas Hetzel, « Georges Bataille », dans Théories de l'image françaises : un manuel, éd. par Iris Därmann et Kathrin Busch (Brill, 2011), 39-46.>>>
- Voyez, par exemple, Écrivains préhistoriques, éd. d'André Benhaïm (Toulouse : Presses Univ. du Mirail, 2004).>>>
- «C'est que cette œuvre, aussi peu copyieuse soit-elle, résiste à l'analyse et au commentaire, comme l'anguille aux mains du pêcheur.» Thierry Clermont, « Les deux Beune, de Pierre Michon : le retour du narrateur de l'ombre », Le Figaro, 24 mars 2023.>>>
- « Là où » La Grande Beune déployait un faste tendu par le désir, sa petite sœur doit, pour finir, se résoudre à composer, au moins un peu, avec le monde tel qu'il est. Le style in est plus âpre, moins grandiose, moins parfait peut-être, et pourtant Pierre Michon s'y montre toujours grand écrivain par sa faculté de nouer les thèmes à la force de la métaphore, pour dire en même temps la réussite et le manque, le ridicule et la création." Sébastien Omont, « Savoir éternel », En attendant Nadeau, mars 2023.>>>
- Originalement traduit par « Une heure avec Pierre Michon », propose recueillis par Alain Girard-Daudon, Encre de Loire : revue trimestrielle des métiers du livre en Pays de Loire, n° 20, octobre 2001.>>>
- "[…] ils voulaient gentiment qu'on ait loisir de faire ripaille comme les hautes époques l'avaient fait, qu'on mange les cochons de fabliau, qu'on perce les fûts de fabliau, avec sur le visage un masque qui nous fera pareils à ce monde hagard, vague et veule, que février et mars respecter dans leurs griffes de fer. Car c'est Carnaval." Pierre Michon, Les eux Beune, II, 3.>>>
- "C'est d'un temps immémorial, d'un espace très lointain et comme relégué que les livres de Pierre Michon semblent provenir. Les dates et lieux peuvent bien être nommés, mais seulement pour dire l'épaisseur immobile de la mémoire et les strates du temps, pour montrer que le paysage, comme les figures qui s'en détachent, sont tributaires de cette mémoire ou l'inverse." Patrick Kechichian, « La Grande Beune » et « Le Roi du bois », de Pierre Michon : le miel noir », Le Monde, 13 janvier 1996.>>>
- « […] on est dans la caverne, avec aux murs les grands monstres. » Pierre Michon, Maîtres et serviteurs.>>>
- Voir l'interprétation de Philippe Dagen, « L'unique « Origine du monde » », Le Monde, 7 août 2014.>>>
- « Paraissant à une époque où les rapports entre hommes et femmes ne s'envisagent plus tout à fait comme il ya trente ans », Raphaëlle Leyris, « « Les deux Beune » : Pierre Michon, à nouveau sidéré par le désir », Le Monde, 23 mars 2023.>>>
- Voir Jean-Claude Pinson, « Fragments d'un roman amoureux », ibid., Sur Pierre Michon : trois chemins dans l'œuvre (Fario, 2020), 47–68.>>>
- «Je songeai aux bras blancs de la poésie ancienne, dont le sens vrai est : cuisses blanches.» Pierre Michon, Les deux Beune, II, 6.>>>
- Ulf von Rauchhaupt, « Les anciens Romains l'ont écrit avec brio », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22 janvier 2020.>>>
- "Se précipite, dis-je, et cependant, dans ce cours, le désir demeure désir, car l'attente est une composante essentielle de la jouissance, de son « imminence éternelle » : « nous faisions durer ». « Fallait-il même conclure ? Mon désir interminable était l'égal exact de sa jouissance interminable ». Jean-Claude Pinson, « Pierre Michon : L'art de la prose à son acmé (Les deux Beune) », Signe diacritique, 31 mars 2023.>>>
- Botho Strauss, Peintures rupestres d'Oniritti (Munich : Hanser, 2016).>>>