Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
Une contradiction fondamentale : concilier famille et désir ; la lignée, noyau de cohésion sociale ; les compromis nécessaires à la continuité ; les mariages de convenance pour la stabilité du clan, de génération en génération. Le désir, en revanche, imprévisible, extatique, ineffable, fugace ; les relations amoureuses, un rapport de force âprement conquis entre les sexes ; l’acte biologique de procréation, à la fois loterie fatale, simple hasard et stratégie de reproduction génétique.
Rivalisant de stratégie pour trouver la configuration moléculaire qui va déclencher le mécanisme de captation de l'ovocyte, le prétendant à la transmission des caractères héréditaires de Daniel est une cellule mâle (XY). La certitude de l'âme, à ce stade, concerne le sexe masculin du futur embryon.
Pour le reste, les résultats de la loterie méiotique seront entièrement tributaires du matériau génétique à combiner.
Forte probabilité d'apparition d'un cancer dû à une mutation ancienne du gène BRCA2 (première cause de mortalité observable sur plusieurs générations d'hommes de cette lignée), intolérance au lactose, excellente mémoire visuelle constituant quelques-unes des innombrables caractéristiques de ses chromosomes. Survivant à tels quels au brassage de la méiose, les éléments phénotypiques feront dire à tous qu'il est le portrait craché de son père.
Peut-être le grand esprit de la nature a le pouvoir de président en direct au brassage de la méiose. Maître absolu du hasard, ricaneur sans miséricorde ni malveillance, il joue avec les combinaisons possibles et les nerfs, contrevenant parfois aux voulu Premiers des principaux intéressés : une partie de la complexité du pot à tabac peut être appréciée par la mère d'un pot à tabac miniature, une partie du détestant de Belle-Mère n'est pas nulle dans le portrait de la dame Belle-Mère – et a une petite chance, elle en héritera également le caractère, les névroses, les manies et les intonations –, la ressemblance n'imagine pas les conséquences sur les futures relations mère-fille.
L'inverse est même possible, et les gens pourront retrouver dans les traits de leur rejet sur les visages de leurs chers disparus.
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 48.
La cellule candidate au transfert du matériel génétique de Daniel est une cellule mâle (XY), qui rivalise avec elle-même pour trouver la configuration moléculaire déclenchant le mécanisme d'entrée de l'ovule. À ce stade, la seule certitude est le sexe masculin du futur embryon.
Autrement, les résultats de la loterie méiotique dépendront entièrement du matériel génétique combiné.
La forte probabilité d'un cancer de la prostate précoce dû à une mutation ancienne du gène BRCA2 (première cause de décès observée sur plusieurs générations d'hommes de cette lignée), l'intolérance au lactose et une excellente mémoire visuelle ne sont que quelques-unes des innombrables caractéristiques inscrites dans ses chromosomes. Les éléments phénotypiques qui ont survécu à la méiose font que tout le monde dit qu'il est le portrait craché de son père.
Mais seul le grand esprit de la nature a le pouvoir de déterminer directement la méiose. Maître absolu du hasard, sans pitié ni malice, il joue avec les combinaisons possibles et avec les nerfs, allant jusqu'à parfois outrepasser le cours initial des choses. Souhaiter Cela contredit les principaux intérêts en jeu : une femme complexée par sa ressemblance avec une boîte de tabac peut devenir la mère d’une boîte de tabac miniature ; une femme qui déteste sa belle-mère n’est pas à l’abri de donner naissance à son portrait craché. Avec un peu de chance, elle héritera aussi du caractère, des névroses, des manies et du ton de voix de sa mère – une ressemblance qui influencera les relations mère-fille futures.
Inversement, il est également possible que les gens reconnaissent les visages de leurs proches disparus dans les traits de leurs enfants.
Laurent Quintreau Ève et Adam (Paris : Rivages, 2023, 420 pages) vise à dépeindre le conflit de ces principes. L’histoire familiale se mue ici en une union contingente de partenaires sexuels, racontée sur plusieurs générations, de 1852 à l’an 2046 – soit deux siècles d’héritage progressif. Ève est mentionnée dès le titre, et les rôles du récit biblique du paradis sont inversés : les chapitres relatent la détrônement graduel de l’homme, qui, au XIXe siècle, pouvait encore violer en toute impunité. Cette épopée de la procréation est, avant tout, l’histoire de la femme qui, à travers l’histoire, s’émancipe également par sa sexualité et sa reproduction. L’aboutissement – peut-être ambivalent – de ce processus trouve son incarnation utopique à la fin du livre en Diane Doucet, qui choisit de ne pas avoir d’enfant. Pour des raisons génétiques, une romance ne peut plus simplement aboutir à l’union. Car, en définitive, l’être humain ainsi optimisé est un produit du capitalisme, qui est également exploré en parallèle. Pour honorer ses ancêtres, Diane ouvre un village virtuel avec les avatars mobiles des membres de sa famille.
Même le double nom « Marcheville-Froissart » du clan Ève et Adam évoque des associations avec le Rougon-Macquart L'œuvre d'Émile Zola, avec son histoire naturaliste de la nature et de la société, qui dépeint une famille sous le Second Empire dans vingt romans, rappelle la démarche de Zola. Pour ce dernier, la généalogie familiale est bien sûr un chemin vers le déclin et la pathologie, envisagés sous l'angle de l'hérédité. Son objectif n'était pas la libre union des ancêtres, mais plutôt la triple détermination de l'être humain par son environnement, les circonstances historiques et, en effet, son hérédité.
Les romans précédents de Laurent Quintreau s'orientent de plus en plus vers des mises en scène formelles expérimentales, s'approchant parfois du style des *Contraintes* de l'Oulipo. Chaque partie de Ève et Adam Dans ce cas précis, l'ouvrage est dédié à un membre de la famille qui transmet ses cellules germinales à l'héritier suivant, et se termine lorsque le processus de division cellulaire de la méiose a débuté et que le matériel génétique des deux partenaires sexuels est prêt à former un embryon. L'éditeur a écrit dans son annonce : « Qu'il s'agisse de désir partagé ou exclusif, du droit à la transgression, de l'adultère, du sexe sans engagement, de l'égalité du mariage ou des tests de compatibilité génétique, le lecteur sera témoin de l'évolution des mœurs et des bouleversements sociaux qui ont conduit de la domination masculine à l'ère post-#MeToo. » 1
Dans le premier roman, qui a connu un succès international Marge brutale (Paris : Denoël, 2006, traduction allemande : Et demain, ce sera mon tour.Quintreau, qui travaille dans une agence de publicité, relate une réunion de onze cadres et leurs monologues intérieurs intimes, leurs rêves et leurs craintes. Le récit aborde les dividendes, les restructurations et les licenciements, mais aussi les relations intimes les plus futiles et les désirs inavouables.
Mandalas (Paris : Denoël, 2009) propose un récit de notre existence contemporaine, oscillant entre le vide et le cycle des naissances et des renaissances, dans un style concentrique inspiré du bouddhisme tibétain. Ici aussi, les destins des personnages s’entrecroisent de manière totalement contingente ; à l’instar du consultant trentenaire, le monde du savoir et des données ne saurait résoudre une crise existentielle, pas plus que la connaissance de la reproduction génétique.
A trente-trois ans, il n'avait jamais su donner une direction, ou ne serait-ce qu'un semblant de consistance, à une vie qui ne serait bientôt qu'une vaste plaisanterie pleine de n'importe quoi et de presque rien vécue par un idiot sans gloire. Et il avait beau interroger la génétique, les sciences cognitives, la biologie moléculaire, la physique quantique, le bouddhisme, les statistiques et la géométrie non euclidienne, il ne savait toujours pas quoi faire pour que ça change.
Laurent Quintreau, Mandalas.
À 33 ans, il n'avait jamais su donner à sa vie la moindre direction, ni même une once de cohérence. Sa vie n'allait bientôt plus être qu'une vaste farce, un tissu d'absurdités et de futilités, vécue par un imbécile notoire. Et malgré toutes ses recherches en génétique, en sciences cognitives, en biologie moléculaire, en physique quantique, en bouddhisme, en statistiques et en géométrie non euclidienne, il ne savait toujours pas comment y remédier.
La Chimie des trajectoires (Paris : Payot et Rivages, 2014) raconte ensuite l’histoire de la vie d’une mouche en 33 jours et 37 chapitres, suivant la suite des nombres premiers. Tandis qu’elle vole d’immeuble en immeuble, dans les appartements parisiens, elle nous offre un aperçu de la société française contemporaine et de l’isolement des citadins. Les titres des chapitres sont inspirés des processus de transformation de la matière en physique et en chimie. Comme dans le présent ouvrage, l’amour se trouve déjà confronté ici à la mutation génétique.
Des combinaisons de charmes qui traversent secrètement les siècles et les galaxies sans subir de changements ou d'altérations d'aucune sorte se sont heurtées aux lois du vivant qui se font un malin plaisir de rappeler à chacun ses obligations de disparition à grand renfort de vieillissement, de guerres, de maladies ou autres mutations génétiques qui causent la mortalité ? Pauvres de nous, qui glissons comme des armées en marche sur les écumes du temps, là où la mort ouvre la trappe aux instants perdus et vient traquer chacun en sa forteresse la plus intime. Lorsqu'une rencontre se produit, elle est si furtive, si dérisoire au regard du reste, que l'on passerait sa vie à la regretter.
Laurent Quintreau, La Chimie des trajectoires, chap. 26 « Déflagration »
Combien d'amoureux, espérant secrètement traverser les siècles et les galaxies sans subir la moindre altération, se sont heurtés aux lois de la vie qui rappellent à chacun son devoir de disparaître, emporté par le temps, la guerre, la maladie ou d'autres mutations génétiques mortelles ? Pauvres âmes, nous glissons comme des armées en marche sur les crêtes écumeuses du temps, là où la mort ouvre la trappe des instants perdus, nous traquant jusque dans notre forteresse la plus intime. Lorsqu'une rencontre a lieu, elle est si fugace, si insignifiante comparée au reste, qu'on pourrait la regretter toute une vie.
La mouche, dont le vol introduit l'imprévu dans le récit, est elle-même une créature de nécessité dans le temps éphémère de sa (survie) :
(La petite mouche exécute un looping et se retrouve de l'autre côté de la rue, en quête de protéines et de glucides à ingurgiter. Loin d'être le simple fruit du hasard, le parcours du diptère obéira, le temps de sa courte vie, quelques nécessités incontournables: d'abord survivre, échapper aux prédateurs, se nourrir, mais aussi et surtout perpétuer l'espèce par la rencontre de partenaires sexuels à la hauteur. Un programme tout à fait réalisable quand on connaît les performances physiques des diptères et quand on sait qu'une femelle avec chaque cent cinquante larves dans une seule portée – comme le chiffre reste en pondérer, la partie d'entre elles n'atteignant pas l'âge adulte. Température, 21 degrés centigrades, 74 cents pour Biocénose/zoocénose, riche en micro-organismes, humidité résiduelle liée à une fuite récente dans les canalisations, présence d'un velu mammifère. 61 mètres.)
Laurent Quintreau, La Chimie des trajectoires, chap. 2 « Rencontres ».
La petite mouche fait une boucle et se retrouve de l'autre côté de la rue, à la recherche de protéines et de glucides. Le parcours de ces insectes à deux ailes est loin d'être aléatoire ; il est guidé par plusieurs nécessités incontournables durant leur courte vie : la survie, la fuite face aux prédateurs, l'alimentation, mais surtout la reproduction de l'espèce par la rencontre de partenaires compatibles. Un programme parfaitement réalisable si l'on considère les capacités physiques de ces insectes et si l'on sait qu'une femelle développe jusqu'à 150 larves par portée – un chiffre toutefois à relativiser, car la plupart n'atteignent pas l'âge adulte. Température : 21 °C. Humidité : 74 %. Ensoleillement : décroissant. Biocénose/Zoocénose : riche en micro-organismes, humidité résiduelle due à une fuite d'égout récente, présence d'un mammifère poilu. Altitude : 61 mètres.
In Ce qui nous guette (Paris : Payot et Rivages, 2018) Quintreau saisit dix individus apparemment brillants dans un moment de leur quotidien où l'ordre établi est bouleversé, où le contrôle social flanche : l'éclat de rire incontrôlable, amplifié par un micro, d'un jeune chercheur en neurologie animant un colloque, une gifle inattendue, un enfant oublié quelque part, autant de situations où la rationalité, et avec elle la science et la technologie, échouent. Dans l'entretien, l'auteur évoque le dilemme croissant de l'humanité entre sa nature anthropologique et le potentiel d'optimisation, par exemple, du cerveau : « Il est fort probable que nous assistions à une augmentation de ce que Kant appelait la "sociabilité insociale chez l'être humain". » Le créateur de l'impératif catégorique opposait les bergers d'Arcadie, paisibles comme leurs troupeaux, à ceux qui font avancer l'histoire, et déplorait que la rivalité, l'égoïsme, la cupidité et la soif de domination soient à l'origine du développement des sciences, des arts et de la culture. On peut améliorer à l'infini les capacités de traitement du cerveau (mais on perdra toujours à ce jeu, et la victoire de Deep Blue sur Kasparov en 1997 restera une première), on ne pourra pas changer ce mécanisme infernal, pas plus qu'on ne peut extirper la pulsion de mort d'Éros. À moins, bien sûr, de transformer radicalement l'humanité. 2 La deuxième partie de Ce qui nous guette Quintreau s’interroge sur cette possible optimisation future de notre cerveau. Dans un entretien, il revient sur sa poétique (qui est également fondamentale dans son dernier livre) : « Je ne vois pas comment une fiction produite dans un univers régi par des algorithmes et des indicateurs pourrait survivre à un récit linéaire, “post-balzacien” […]. À l’autre extrémité du spectre narratif, une histoire racontée d’une seule voix crée plus facilement l’illusion narcissique et confortable (fréquente dans la littérature autofictionnelle contemporaine) que le monde tourne autour de soi, tandis que la multiplicité des perspectives conduit à une certaine forme de décentrement. Si écrire signifie naviguer sur le vaste océan de l’altérité, il n’est pas superflu de dresser une cartographie précise de tous les événements et états (physicochimiques, biologiques, professionnels, métaphysiques, amoureux…) que l’on peut y trouver. Les “thèmes” auxquels vous faites référence sont précisément ces capsules d’“altérité” que ces gigaoctets de données facilement accessibles diffusent constamment, sur les écrans et dans… » L’air que nous respirons. Cette conception de la littérature comme production d'objets informes, qui ne se réduisent ni à un reflet (d'une vie intérieure, d'une réalité sociale…) ni à une construction purement formelle (Mallarmé, Nouveau Roman…), doit son existence à un vif intérêt pour Sterne, Melville, Perec ou Borges, ainsi qu'aux débats nocturnes sur la nature de la littérature à l'époque de… Revue perpendiculaire, dont j'étais membre fondateur. 3 Dans ce sens algorithmique et axé sur les indicateurs, la structuration de Ève et Adam comprendre:
Livre I – Petite chatte sauvage | Petit chat sauvage (1852)
Livre II – Le paradis retrouvé | Paradis retrouvé (1874)
Livre III – You froid, de l'humide, you gluant | Cold, Wet, Sticky (1895)
Livre IV – Esprits, êtes-vous là ? | Fantômes, êtes-vous là ? (1919)
Livre V – Principe de plaisir | Le principe du plaisir (1954)
Livre VI – Le plus bel endroit du monde | Le plus bel endroit du monde (1978)
Livre VII – Le chant des cellules | Le chant des cellules (2013)
Livre VIII – Bureau d'études génétiques | Bureau des études génétiques (2046)
Après la fin, avant le début | Après la fin, avant le début
Quintreau divise ses 65 chapitres en huit segments temporels, illustrant leur historicité de désir et de reproduction. La fin utopique du roman est interprétée, à l'instar d'une ronde, comme le point de départ d'un nouveau commencement.
Un simple claquement de doigts suffira ainsi à ressusciter Clovis honorant Clotilde ou Charlemagne partageant sa couche avec Himiltrude, Hildegarde, Fastrade ou Liutgarde, odyssées conjugales, sexuelles et cellulaires en amont des noms généalogies que comptera le futur royaume de France. Remontant le long des frontières de l'Austrasie et de la Neustrie, Diane finira bien par rencontrer quelques-uns de ses lointaines ances wisigoths, burgondes et ostrogoths s'ébattant sur une paillasse qu'un sommaire assemblage de bois protégea des intempéries. Et un beau jour, son salon se puplera de couples de postados se livrant à de tumultueux ébats sous des huttes tendues en peaux de bêtes : un cadre idéal pour une émission de téléréalité et d'aventure, donc que n'y existeraient ni équipes de production ni Téléspectateurs, rien d'autre que ces paysages à perte de vue, alternance de plaines fouettées par le vent et de collines giboyeuses, peuplées de ces jeunes gens aux allures de Les hippies se tiennent dans l'efflorescence de l'instant, là où l'émerveillement et la terreur se trouvent désormais à un point compact et puissant.
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 65.
D'un claquement de doigts, Clovis ressuscite, honorant Clotilde, ou Charlemagne, partageant son lit avec Himiltrude, Hildegarde, Fastrade ou Liutgarde – odyssées conjugales, sexuelles et cellulaires qui précèdent les nombreuses généalogies du futur royaume de France. Aux frontières de l'Austrasie et de la Neustrie, Diane finira par croiser la route de certains de ses lointains ancêtres wisigoths, bourguignons et ostrogoths, allongés sur un lit de paille, à l'abri des intempéries sous une simple cabane en bois. Un jour, son salon se remplit de couples d'adolescents s'ébattant sous des huttes de peaux de bêtes : un décor idéal pour une émission de téléréalité et une aventure, si ce n'est qu'il n'y a ni équipes de tournage ni téléspectateurs, mais seulement ces paysages infinis, ces plaines balayées par les vents et ces collines envahies par la végétation, peuplés de jeunes gens à l'allure hippie, en pleine possession de leurs moyens, où l'émerveillement et la terreur se côtoient en un point précis et mouvant.
L'année 1852 marque le début du Second Empire. La misère de la classe ouvrière et la question sociale ne peuvent plus être ignorées. Sophie de Marcheville apprend son mariage prochain. Les pastiches des figures de séduction caractéristiques de chacune de ces époques sont juxtaposés à la perspective froide et médicale des processus corporels de la fécondation. L'auteur mentionne également qu'en plus des études historiques, il a consulté les œuvres de fiction d'Émile Zola, Guy de Maupassant, Colette, Simone de Beauvoir, Raymond Queneau, Roger Nimier, Françoise Sagan, et d'autres. 4 L'irritation ressentie à la lecture, compte tenu de l'explicite description des processus réduits au niveau physico-biologique, n'est pas due à une obscénité pornographique ; il s'agit plutôt d'une dissection, voire d'une expérimentation, de la position eugéniste dans ce récit.
Suzanne vient de précipitament vers le pont d'Asnières, à sept cents mètres de là, provoquant par sa course un pic des ostéogéniques, immédiatement suivi de la libération de l'ovocyte.
Quant aux quelques centaines de spermatozoïdes vous ont rescapés coitus interruptus, la plupart d'entre eux continuent à se faufiler à travers le col de l'utérus. Certains ont enfin atteint les trompes. Une minorité intime arrive près de chez vous cumulus oophorus pour se fixer à l'enveloppe glycoprotéine à partir de zone pellucide mais un seul – ou plutôt une seule, car l'heureuse élue est une XX – connaîtra la réaction acrosomique, au cours de laquelle pourra s'opérer la fusion avec la membrane plasmique de l'ovocyte. À la suite d'une succession de fixations oligosaccharidiques, de réactions corticales, de diffusions enzymatiques, de modifications protéiniques, du contenu des sérums spermatozoïdes intégrés au cytoplasme de l'ovule, et de l'œuf fécondé. Ainsi formé, le zygote va pouvoir donner forme
À l'embryon
Au fœtus
Au nouveau-né
Et à la jeune femme qu'elle sera vingt-trois ans plus tard, alors que ses propres cellules reproductrices s'apprêteront à se recouvrir de molécules chimiotactiques prêtes à accueillir des spermatozoïdes pour une nouvelle fécondation.
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 40.
Suzanne vient de se précipiter vers le pont d'Asnières, à 700 mètres de là, et sa course a créé un pic d'œstrogènes Ce processus est déclenché, ce qui entraîne immédiatement la libération de l'ovule.
Quant aux quelques centaines de spermatozoïdes que le coït interrompu Ayant survécu, la plupart poursuivent leur voyage à travers le col de l'utérus. Certains atteignent finalement les trompes de Fallope. Une infime minorité atteint les abords du col. Cumulus oophorus, afin de se souvenir du Enveloppe glycoprotéique la Zona pellucida Pour se fixer, un seul spermatozoïde – ou plutôt un seul, puisque le chanceux est un XX – subit la réaction acrosomique, au cours de laquelle la fusion avec la membrane plasmique de l'ovocyte peut avoir lieu. Après une série de fixations d'oligosaccharides, de réactions corticales, de diffusions enzymatiques et de modifications protéiques, le contenu du spermatozoïde est intégré au cytoplasme de l'ovule, et l'ovule est fécondé. Ainsi formé, le Zygote Donnez-lui maintenant forme
L'embryon
Le fœtus
Le nouveau-né
La fille
Et la jeune femme qu'elle sera 23 ans plus tard, lorsque ses propres cellules sexuelles se prépareront à s'accoupler avec chimiotactique pour recouvrir les molécules prêtes à recevoir les spermatozoïdes en vue d'une nouvelle fécondation.
En 1874, après la levée des premières crises de la Troisième République, Mathilde Goldberg, femme d'une grande intelligence, séduit le jeune Augustin dans l'herbe. En 1895, la belle Parisienne Thérèse épouse le paysan Fernand Froissard, qui trouve la vie sexuelle de ses animaux plus facile à comprendre que leur comportement. C'est durant cette période qu'Arthur Schnitzler écrivit ses dix dialogues théâtraux. ReigenDans ces scènes, un homme et une femme conversent avant et après l'acte sexuel, et, par l'alternance des personnages, ils traversent les classes sociales comme dans une ronde. Le livre de Quintreau, cependant, n'est pas une étude sociale synchronique ; il choisit plutôt une confrontation entre l'histoire familiale et les processus sexogénétiques, à la fois médicale et historique, dans un sens différent et troublant de celui de *Reigen* de Schnitzler : la prostituée et le soldat ; le soldat et la femme de chambre ; la femme de chambre et le jeune homme ; le jeune homme et la jeune femme ; la jeune femme et le mari ; le mari et la jeune fille ; la jeune fille et le poète ; le poète et la comédienne ; la comédienne et le comte ; le comte et (de nouveau) la prostituée.
En 1919, Jules Froissard, le fils de Thérèse, dormira heureux avec sa femme Valentine, ignorant tout de l'amant secret et lointain de celle-ci, parti à la guerre ; Jules n'est qu'un substitut, l'enfant, bien sûr, héritera du patrimoine génétique du père…
La méiose terminée – et les gènes du père et de la mère aléatoirement échangés, puis mixés en d'infinisimaux fragments de chromatine – pourront se dessiner le portrait-robot de l'individu qui devrait venir au monde au début de l'année prochaine. Une fois le programme établi, rien (à part un accident au cours de l'embryogenèse, de l'organogenèse ou de l'enfance, choc traumatique, attaque virale in utero, malnutrition…) ne pourra empêcher sa mise en œuvre. De dépend luira chacun des personnages les plus observables – taille, morphologie, particularités physiologiques ou psychologiques –, bibelots-surprises sortis de l'un des innombrables tiroirs de l'héritage génétique familial commun (dans notre cas, celui de Froissard et des Aubert), dont les Impresble occurrences ne manqueront pas de faire surgir, à l'occasion de la grossesse, une série d'interrogations aussi triviales que pressantes autour de l'arrivée du futur bébé (et (le degré de précision scientifique ne varie pas en fonction de l'époque à laquelle elles appartiennent) :
– Aura-t-il les yeux bleus en amande et la constitution nerveuse de son papa ?
– Le visage sculpté, la tonicité musculaire et l'intelligence vive de sa maman ?
– La grande taille, le caractère sanguin, l’esprit prêté et le risque de cancer colorectal hérité du grand-père paternel ?
– Le nez droit et la tendance maniaco-dépressive de sa grand-mère maternelle, ou le nez bourbonien et les fortes prédispositions à la maladie d'Alzheimer consécutives à la présence du gène ApoE4 de son autre grand-mère ?
– Le contraire ?
– Un peu de tout dans un ordre dispersé ?
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 32
Une fois la méiose achevée — et les gènes du père et de la mère échangés aléatoirement puis mélangés en fragments de chromatine infinitésimaux —, l'image fantomatique de l'être humain qui doit naître au début de l'année suivante peut se dessiner. Une fois le programme établi, rien (hormis un accident durant l'embryogenèse, l'organogenèse ou l'enfance, un choc traumatique, une infection virale in utero, la malnutrition, etc.) ne peut empêcher son exécution. Chacun des traits les plus observables — taille, morphologie, caractéristiques physiologiques ou psychologiques — en dépend, autant de particularités surprenantes issues de l'un des innombrables tiroirs du patrimoine génétique familial commun (dans notre cas, celui des Froissard et des Aubert), dont l'apparition imprévisible durant la grossesse soulève inévitablement un certain nombre de questions, aussi triviales qu'inquiétantes, quant à la venue au monde du bébé (et dont le degré de précision scientifique varie selon l'époque).
Héritera-t-il des yeux bleus en amande et de la constitution nerveuse de son père ?
– Le visage bien dessiné de sa mère, sa musculature et son intelligence vive ?
– La grande taille de son grand-père paternel, son tempérament sanguin, son esprit lent et son risque de développer un cancer du côlon ?
– Le nez droit et la tendance maniaco-dépressive de sa grand-mère maternelle, ou le nez Bourbon et la forte prédisposition à la maladie d'Alzheimer due au gène ApoE4 de son autre grand-mère ?
— Le contraire ?
– Un peu de tout, dans un ordre coloré ?
En 1954, Suzanne Rossignol, âgée de 22 ans, trompe son mari avec André Froissard, qui, en conséquence, ferme boutique plus tôt sous un prétexte fallacieux. Son mari, Roger, se doute de quelque chose et devient de plus en plus violent. Cette génération est sûre d'elle ; elle est enracinée dans sa communauté et sa soif de plaisir est aussi liée à la guerre qui vient de s'achever.
Comme d'habitude, Daniel s'est effondé après le coït. Parti pour somnoler une bonne heure. Bercée par le rythme de sa respiration, Marlène a tout loisir de se laisser submerger par un flot de questions, comme à cet instant où elle se demande si Pierre Bourdieu a bien reçu son projet de ceci, et surtout s'il accepte de la diriger. Son laïus sur « la construction du sujet féminin dans l'univers du métier » l'a-t-il intérêt ? ennuyé? terre ? S'il n'est pas partant, qui d'autre pour soutenir son travail ? Va-t-il adhérer à l'idée que les inégalités salariales, les prétendus métiers réservés aux hommes, l'instrumentalisation des corps, la différence sexuelle dans les hiérarchies ne sont qu'une construction sociale, elle-même dépendante de jeux de pouvoir au ebene plus intime, voire cellulaire ?
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 40.
Comme d'habitude, Daniel s'est effondré après l'acte, somnolant pendant une bonne heure. Marlène, bercée par le rythme de sa respiration, a tout le loisir d'être assaillie de questions, comme à cet instant où elle se demande si Pierre Bourdieu a bien reçu son projet de thèse et, surtout, s'il acceptera de le diriger. Son exposé sur « la construction du sujet féminin dans la vie professionnelle » l'a-t-il intéressé, ennuyé ou horrifié ? S'il ne participe pas, qui d'autre pourrait soutenir ses travaux ? Adhérera-t-il à l'idée que les inégalités salariales, les professions prétendument dominées par les hommes, l'instrumentalisation des corps et la différenciation des genres dans les hiérarchies ne sont qu'une construction sociale, elle-même tributaire de jeux de pouvoir au niveau le plus intime, voire cellulaire ?
En 1978, avec Marlène Froissard-Delbosc, nous avons assisté à l'émancipation des formes de vie traditionnelles telles que le patriarcat, le catholicisme et la vie rurale. Pour Quintreau, les travaux sociologiques de Bourdieu sur la construction et le conditionnement des rapports de genre incarnent cet éveil des femmes. En 2013, cependant, les identités personnelles, sexuelles et professionnelles sont en pleine mutation. La définition même de la famille se trouve également profondément redéfinie durant cette période, marquée par le coming out et le recours à la procréation médicalement assistée.
L'eugénisme est plus ou moins abordé implicitement dans la séquence historique jusqu'en 2046, englobant l'idée du XIXe siècle de contrôle des naissances pour la classe ouvrière, supposément pauvre en capital génétique, les idées racistes de politique démographique et la sélection désormais technologiquement possible du partenaire reproductif génétiquement le plus performant. FéconditéLe roman nataliste tardif d'Émile Zola oppose la famille Froment et ses douze enfants aux familles qui choisissent de ne pas en avoir, abordant ainsi les préoccupations contemporaines liées au taux de natalité. Zola, en tant qu'homme, y dépeint la contraception et l'avortement avec emphase. Les séquences généalogiques que Laurent Quintreau entrelace, sans idéologisation manifeste, tissent un arbre généalogique narratif à la fois troublant et stimulant, révélant une tendance féministe sous-jacente, même si des masculinités modernes et non toxiques sont également présentes chez les personnages. Cependant, le regard rétrospectif porté sur un futur génétiquement optimisé, entre 2013 et 2046, et se remémorant le fermier Froissard, déjà débordé en 1895, démontre aussi qu'une saga familiale centrée sur les relations reproductives n'est plus aussi facile à raconter qu'une histoire centrée sur l'élevage comme réalité rurale, surtout lorsqu'elle adopte le point de vue de l'épouse citadine, avide d'instruction et séparée de son conjoint.
Lorsque la jeune Parisienne est disponible à la ferme, avec ses tenues apprêtées et ses manières distinguées, elle suscite aussi la curiosité des villages de l'Alentour. Après les fiançailles et le mariage, tout est beau normalisé : c'est le nom de Thérèse Froissard, femme de Fernand Froissard. N'était-ce pas un cadeau empoisonné que lui avait fait sa mère avec cette femme refusant tout contact et passant ses soirées sur ses livres, les travaux de la journée éclusés ? Est-ce même comme si vous aviez une belle matinée avec plus de vie ? Il a pourtant tout fait, all essayé, allant jusqu'à astiquer ses chaussures le dimanche et lisser ses moustaches avec coquetterie, mais aucun de ses efforts n'a été couronné de succès. Est-il si posé, si répugnant ?
Il envie la vie sexuelle des bêtes, qui ne s'embarrassent pas de toutes ces questions. Pensez aux juments prises de force par des étalons mus par leur seule pulsion. Aux vaches mollement consentantes face aux saillies de taureaux intraitables. Aux chèvres engrossées à l'improviste par d'inflexibles boucs.
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 17
Lorsque la très jeune Parisienne, avec ses beaux vêtements et ses manières raffinées, fit son apparition à la ferme, elle éveilla la curiosité des villageois des environs. Après les fiançailles et le mariage, tout rentra dans l'ordre : elle devint Thérèse Froissard, l'épouse de Fernand Froissard. N'était-ce pas un cadeau empoisonné que sa mère lui avait fait, cette femme qui refusait tout contact physique et passait ses soirées penchée sur ses livres, à se défaire du labeur ? N'aurait-il pas été plus heureux avec une femme moins conventionnellement belle, mais plus vivante ? Il fit tout, pourtant, il essaya tout, jusqu'à cirer ses chaussures le dimanche et à lisser méticuleusement sa moustache, mais rien n'y fit. Est-il vraiment si laid, si repoussant ?
Il envie aux animaux leur vie sexuelle, exempte de toutes ces questions. Il imagine des juments saillies de force par des étalons guidés par leurs seuls instincts, des vaches se laissant à contrecœur entailler par des taureaux implacables, des chèvres fécondées par des boucs tout aussi implacables.
Le malaise qui peut parfois survenir à la lecture est peut-être lié à la dimension génétique omniprésente du texte, mais le livre ne saurait être interprété comme raciste-biologique, ni comme hostile aux femmes ou homo/transphobe, notamment l'épisode relatif à l'introduction de… le mariage pour tous En France, cela montre que l'auteur adopte une vision trans-époque du changement, au lieu de défendre superficiellement une position :
A 14 heures, Barnabé, Élise et Clémentine étaient dans les rues du métro et ont senti ce compactage immonde. Comme sans doute chacun de leurs voisins, ils ont rameuté famille, amis, collègues, connaissances dans la ferme intention de montrer au pays, à l'opinion publique, aux politiques, aux opposants du mariage pour tous, que les partisans de la loi sont également capables de mobiliser en nombre.
Ils sont montés à la gare Réaumur-Sébastopol, où les rames bondées résonnaient déjà des exclamations amusantes à la vue des slogans humoristiques inscrits sur des pancartes, pour la plupart concoctées entre amis à l'aide d'accessoires achetés au rayon bricolage du BHV. Les deux filles sur le lettrage des roses sur un carton gris : « Ma mère et mon père m'attendent ! »
Arrivés en haut de l'escalier, ils avisent avec un soulagement qui passe vite à l'euphorie la place Denfert-Rochereau fleurissant de drapeaux et de banderoles aux couleurs de l'arc-en-ciel, avant de se frayer un passage jusqu'à la rue Daguerre.
Olga les est présente avec d'autres femmes. Elles ne sont pas en « tenue de combat » et sont excusées. Elles sont venues en amies, ce qui va les changer de la dernière fois (elle fait allusion à la manif anti-mariage pour du 18 novembre, organisée par l'institut Civitas, qui s'est terminée par le passage à tabac de plusieurs d'entre elles, ainsi que de la journaliste Caroline Fourest, en marge du cortège). Devant, une association de famille homoparentale déroule une grande banderole "Stop à l'homophobie, oui à l'égalité".
À droite, un message au président de la République : « François, ne recule pas, les homos sont derrière toi ! », déclenche l'hilarité de tous.
Laurent Quintreau, Ève et Adam, chap. 56.
À 14 heures, Barnabé, Élise et Clémentine arpentaient le métro, ravies par la foule dense. Comme sans doute tous leurs voisins, elles avaient rassemblé famille, amis, collègues et connaissances avec la ferme intention de montrer au pays, à l'opinion publique, aux politiciens et aux opposants au mariage homosexuel que même les partisans de la loi étaient capables de mobiliser un grand nombre de personnes.
Elles montèrent à bord à la gare de Réaumur-Sébastopol, où les trains bondés résonnaient déjà d'exclamations amusées à propos des slogans humoristiques affichés sur les panneaux, la plupart réalisés par des amis avec du matériel du rayon loisirs créatifs du BHV. Les deux filles avaient écrit en lettres roses sur un morceau de carton gris : « Mieux vaut deux mères heureuses qu'un homme arnaqué. »
Arrivés en haut des escaliers, ils contemplent avec soulagement, qui se transforme rapidement en euphorie, la place Denfert-Rochereau, décorée de drapeaux et de bannières aux couleurs de l'arc-en-ciel, avant de se diriger vers la rue Daguerre.
Olga les attend avec deux autres militantes Femen. Elles ne portent pas leurs tenues de combat et s'en excusent presque. Elles sont venues en amies, ce qui sera différent de la dernière fois (elle fait référence à la manifestation contre le mariage homosexuel du 18 novembre, organisée par l'Institut Civitas, durant laquelle plusieurs d'entre elles et la journaliste Caroline Fourest ont été agressées en marge du cortège). Devant, une association de familles homoparentales déploie une grande banderole où l'on peut lire : « Halte à l'homophobie, oui à l'égalité ! »
Sur la droite figure un message adressé au Président de la République : « François, ne reculez pas, les gays et les lesbiennes sont derrière vous », ce qui provoque l'hilarité générale.
Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.
Remarques- «Qu'il s'agisse du désir partagé ou non, du droit de cuissage, de l'adultère, du sexe cool, du mariage pour tous, du matching génétique, le lecteur est témoin de l'évolution des mœurs et des renversements sociétaux qui ont conduit de la domination masculine à l'après MeToo.»>>>
- "Le plus probable est l'accroissement de « l'insociable sociabilité de l'homme », pour reprendre l'expression Kant. Opposing les bergers d'Arcadie, aussi paisibles que les troupeaux qu'ils faisaient paître, aux hommes qui font avancer l'histoire, le créateur de l'impératif catégorique Regrettait que la rivalité, l'égoïsme, la cupidité, l'envie de dominer, soient précisément à l'origine du développement des sciences, des arts et de la culture sera toujours Perdant, et la victoire de Deep Blue sur Kasparov en 1997 reste une première) on ne change pas dans cette machine infernale, de même qu'on n'extirpe jamais les pulsions de mort de l'Eros bondissant. Une minute plus tard, l'homme se transforme et il choisit différents éléments radicaux. Entretien avec Laurent Quintreau Par Jean Bastien, nonfiction.fr, 14 avril 2018.>>>
- « Je n'ai pas de commentaire sur un produit de fiction issu d'un univers piloté par les algorithmes et les indicateurs pourrait survivre à un récit linéaire, « post-Balzacien » (même si cette expression est à prendre avec des pincettes, le Balzac swedenborgien de Séraphita ou La Peau de chagrin Nous restitue un monde gruillant de mystères et de trous blackirs qui peuvent aussi mettre à mal nos sens de la continuité !). Pour se situer à l'autre extrémité du spectre narratif, un récit tissé d'une seule voix prête plus facilement à cette illusion narcissique et douillette (que l'on trouve souvent dans la littérature autofictionnelle contemporaine) que le monde tourne autour de soi alors que plusieurs points de vue mènent à une certaine forme de décentrement. Si vous écrivez, vous pouvez naviguer dans la grandeur de l'altérité, mais il n'est pas superflu d'établir une cartographie précise de toutes les occurrences et les états (physico-chimiques, biologiques, professionnels, métaphysiques, amoureux…) que l'on peut y trouver. Les "thèmes" que vous évoquez sont précisément ces capsules "d'autreté" qui diffusent en permanence ces giga-octets de données disponibles à tout instant, sur les écrans et dans l'air que nous respirons. Cette conception d'une littérature comme production d'objets hirsutes, aussi peu réductibles au reflet (d'une vie intérieure, d'une réalité sociale…) qu'à la pure construction formelle (Mallarmé, nouveau roman…) doit autant à une fréquentation assidue de Sterne, Melville, Perec ou Borges qu'aux nuits de débats consacrés à la Chose littéraire au temps de la Revue perpendiculaire, je ne crois pas que j'aime ça. Entretien avec Laurent Quintreau Par Jean Bastien, nonfiction.fr, 14 avril 2018.>>>
- Jean Bastien, « Ève et Adam : entretien avec Laurent Quintreau », nonfiction.fr, 22 janvier 2023.>>>