Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :
À l’occasion de l’élection présidentielle américaine de 2020 : l’écrivain Stéphane Denis imagine une principauté située quelque part en Europe, entre la Suisse et le Liechtenstein, qui « emprunte des traits à Monaco et à l’impératrice Sissi » (Étienne de Montety). Un pays oublié de la modernité et de l’Union européenne, où le peuple est gouverné par un souverain plus préoccupé par l’organisation de ses plaisirs personnels que par l’élaboration des lois.
Les Moréniens n'avaient rien contre le cumul des mandats ni l'hérédité politique, trouvant agréable qu'on les déchargeât de préoccupations qui leur importaient peu. Aussi le ministre des Affaires étrangères s'occupait-il des questions constitutionnelles.
Cela n'arrivait pas souvent.
Sur le plan démocratique, les Moréniens sont à la fois actifs et indifférents.
Ils ont deux cents députés, ce qui fait beaucoup. Il s'agit d'un grand village du Sien, lieu d'acclamations et situé dans le Parlement de Bona, un ancien jésuite. Les Moréniens ont chassé les Jésuites qui prétendaient les convertir à l'obéissance au pape et transformer les lieux en limitant le nombre de parlementaires au nombre de pièces.
Deux ou trois fois par an, les députés votent, à la demande des électeurs qui envisagent ceci ou cela. On appelle cela une supplique.
La démocratie a commencé, Albéric disposant d'un pouvoir absolu.
Il n'y a rien d'étonnant à ce que le ministre des Affaires étrangères s'occupe des questions constitutionnelles : la Morénie n'a pas de constitution.
Au cours des siècles, les margraves ont soigneusement évité d'écrire quoi que ce soit. Graver dans le marbre le texte sacrés comme on the fait en France, traditionnellement l'amie de la Morénie, ils s'y sont toujours refusés. Même le père Barbin, envoyé par le gouvernement Couve de Murville, s'y est cassé les dents. La Morénie est conservée sans règles ni lois.
Le système représente la tradition, et les suggestions, la modernité.
Et ça fonctionne.
Stéphane Denis, Le mâle blanc
Les Moreni n'avaient aucune objection à la pluralité des mandats ni à l'héritage politique et se réjouissaient d'être déchargés de soucis qui leur importaient peu. Le ministre des Affaires étrangères, quant à lui, traitait des questions constitutionnelles.
Cela n'arrivait pas très souvent.
D'un point de vue démocratique, les habitants de Morenia sont à la fois actifs et indifférents.
Ils ont 200 représentants, ce qui est considérable. Chaque grand village a le sien, élu localement par acclamation, qui siège au parlement de Bona, un ancien collège jésuite. Les Moreni ont expulsé les jésuites, qui prétendaient les convertir à l'obéissance au pape, et ont restructuré le lieu, limitant le nombre de parlementaires au nombre de salles.
Deux à trois fois par an, les députés votent sur des demandes émanant d'électeurs qui proposent telle ou telle mesure. Il s'agit d'une pétition.
La démocratie s'arrête ici, car Albéric détient le pouvoir absolu.
Il n'est pas étonnant que le ministre des Affaires étrangères se préoccupe des questions constitutionnelles : Morenia n'a pas de constitution.
Au fil des siècles, les marquis se sont soigneusement gardés de tout consigner par écrit. Ils ont toujours refusé de graver des textes sacrés dans le marbre, comme il était d'usage en France, pays traditionnellement ami de Morenia. Même le doyen Barbin, envoyé par le gouvernement de Couve de Murville, se heurta à une forte résistance. Morenia demeura sans règles ni lois.
Le système représente la tradition, les propositions représentent la modernité.
Et ça marche.
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