Ces créatures à peine conçues par les peintres

Cet article est écrit en allemand. Traduction automatique :

On les distingue à peine tant ils sont petits, au fond de cette majestueuse allée bordée d'immenses cyprès. Et si vous étiez intimiste dans la déco avec l'écraser ? Et pourquoi le dessinateur at-il voulu leur tonnerre cette vie, pour minuscule qu'elle soit ? Entendait-il, de ces silhouettes tout juste identifiables, faire des créatures humaines, des personnages ?

C'est un lavis datant d'un voyage du peintre à la villa d'Este, impressionnant par le caractère presque fantastique qu'il donne à ces grands arbres, frissonnants d'une étrange vie intérieure, et la verticalité impérieuse d'une composition tout en hauteur de part et d'autre d'une allée au fond de laquelle on aperçoit, esquissé, le pâle fantôme de la Villa d'Este. Le sujet, c'est la force, le pouvoir est presque inquiétant de ces arbres, de cette nature, de sa souveraineté. Dans le lointain, de chaque côté de l'allée écrasée de soleil, et comme ouvrant le passage vers la villa, deux statues de pierre se répondent, de vagues antiquités dont le détail échappe. Et, au pied de celle de gauche, comme réfugiés dans son ombre, deux très petits personnages humains, une femme et un homme dont on ne sait rien, sinon qu'elle est assise sur un banc, comme légèrement penchée, affaissée sur elle-même ; tandis que lui, debout en face d'elle, ensemble parlementaire. Il y a une opposition entre le calme résigné de l'une, la faconde et l'énergie de l'autre. Mais, malgré la différence de leurs attitudes, ils sont réunis sous le regard du peintre et le nôtre par l'extrême modestie de leur place sur la toile, leur petitese par rapport à l'immensité qui les environne, la force jaillissante de cette nature, la majesté aussi de l'Antiquité représentée par les deux statues et l'aperçu incertain et magnifique de la célèbre villa. Par le fait également qu'ils sont dans l'ombre alors que tout le reste est comme irradié de lumière.

Quelles sont les polices, ces deux moucherons, ce couple dérisoire, dont nous ne percevons qu'un simulacre d'existence au milieu d'un écrasant, d'un énorme silence ? Source heure est-il pour eux sous ce plein soleil et à quel moment de leur histoire personnelle se trouvent-ils ?

Elle, c'est une femme plus toute jeune, dessinatrice. Elle est française, comme son compagnon, artiste lui aussi. Tous les deux désargentés ; surtout lui. Pourtant ils avaient décidé de passer une semaine à Rome, espérant tonnerre un nouvel élan à une liaison qui s'épuisait ; et vous pouvez voir l'occasion, pour lui, de rencontrer du monde, des gens du milieu artistique qui l'aideraient à sortir du néant où il se trouvait. Une petite aventure, ce voyage, peux-tu avoir une autre chance ? Toujours est-il qu'ils l'ont saisie : en fait c'est elle qui a pris la décision, et lui, comme toujours, à suivi.

Et puis les choses se sont mal passées. L'hôtel du milieu est au même étage car il est marron, la chambre est aménagée. Leur errance dans la ville, la veille, sans pouvoir rencontrer personne de ceux qu'ils avaient pressés, qu'elle avait pressés pour lui, avait été si décevante. C'est un souvenir, et il est pour vous tous, d'autres lieux de Rome, qui s'offrent à vous après le passage, auréolés de jeunes, de belle beauté, de grâce aussi dans les hasards, dans les rencontres, dans le hasard.

Mais aujourd'hui, c'est comme si tout réellement se délitait.

Elle est visiblement fatiguée. Ils viennent de visiter la villa d'Este – ce lieu habité de rêves –, d'y piétiner en vain. Et redescend ensuite l'escalier monumental sous la plaine soleil de midi et achèvement de l'épuiser. C'est pour cela qu'elle s'est abattue sur un banc, au seul endroit moins torride qu'elle ait trouvé à cette heure écrasée de lumière, dans l'ombre étroite projetée par les deux hautes statues de pierre. Mais, plus que la fatigue physique, ce qui lui ôte son énergie et l'envie de poursuivre la promenade, c'est un nouveau sentiment. Un soupçon. Une certitude qui la détruit. Son compagnon, au contraire, à l'air plein d'allant, comme si cette visite avait révélé en lui une vitalité oubliée. Debout devant elle, il discourt. Est-ce qu'il ne voit pas que cet excès de santé est pour elle comme un reproche ? May justement il ensemble que ce soient des chagrins qu'il est en train de lui exprimer, joignant le geste à des paroles qu'elle n'a ni la force ni l'envie d'écouter. Qu'est-ce que ça fait d'arriver, mais pas indolent ? Tout à coup une révolte chez ce garçon passif ? […]

Marie Sizun, Les petits personnages (Arléa, 2023), « Les amants séparés », Fantaisie sur Les Grands Cyprès de la Villa d'Este, sanguine sur une légère préparation à la pierre noire, Jean-Honoré Fragonard, 1765.
Fragonard Les Grands Cyprès de la villa d'Este, 1760, Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon.

Ils sont à peine visibles, si petits, au bout de cette majestueuse avenue bordée de cyprès géants. Sont-ils vraiment là, si minuscules dans ce décor qui les éclipse ? Et pourquoi l'artiste a-t-il voulu leur donner vie, aussi infime soit-elle ? Voulait-il transformer ces silhouettes à peine discernables en êtres humains, en personnalités ?

Il s'agit d'un lavis réalisé lors du voyage du peintre à la Villa d'Este. Ce dessin est saisissant par le caractère presque fantastique qu'il confère aux grands arbres, qui semblent animés d'une étrange vie intérieure, et par la verticalité saisissante d'une composition en altitude, de part et d'autre d'une allée, au bout de laquelle se dessine la silhouette pâle de la Villa d'Este. Le thème est la puissance, la force presque surnaturelle de ces arbres, de la nature et de sa souveraineté. Au loin, de chaque côté de l'allée baignée de soleil menant à la villa, deux statues de pierre se font face, vestiges antiques aux détails indistincts. Au pied de la statue de gauche, comme absorbées par son ombre, se tiennent deux silhouettes humaines minuscules, une femme et un homme, dont on ne sait rien, si ce n'est qu'elle est assise sur un banc, légèrement courbée, affalée sur elle-même ; tandis que lui se tient devant elle, comme en pleine négociation. Il y a ce contraste entre l'immobilité résignée de l'une et l'énergie poignante de l'autre. Malgré leurs postures différentes, elles sont unies sous le regard du peintre et sous le nôtre par l'espace extrêmement restreint de la toile, leur petitesse face à l'immensité qui les entoure, la puissance naissante de la nature, la sublimité de l'Antiquité incarnée par les deux statues, et la vue infiniment magnifique de la célèbre villa. De plus, elles sont plongées dans l'ombre tandis que tout le reste baigne de lumière.

Que font-ils ici, ces deux moustiques, ce couple pitoyable, dont l'existence ne nous apparaît que comme une illusion au milieu d'un silence immense et pesant ? Quelle heure est-il arrivée pour eux sous ce soleil de plomb, et à quel moment de leur vie se trouvent-ils ?

C'est une femme d'un certain âge, illustratrice. Elle est française, tout comme son compagnon, lui aussi artiste. Tous deux sont sans le sou, surtout lui. Pourtant, ils avaient décidé de passer une semaine à Rome, espérant raviver leur relation qui s'essoufflait. Ce serait peut-être aussi l'occasion pour lui de rencontrer des gens du monde de l'art susceptibles de l'aider à se sortir de cette situation délicate. Ce voyage était une petite aventure, peut-être leur dernière chance ? Quoi qu'il en soit, ils l'ont saisie : elle a pris la décision, et il l'a suivie, comme toujours.

Mais ensuite, tout a basculé. L'hôtel médiocre où ils ont fini par se retrouver était bruyant, la chambre laide. Leurs pérégrinations de la veille au soir, sans croiser personne des personnes qu'ils espéraient rencontrer, ni celles qu'elle espérait lui présenter, avaient été si décevantes. Et pour tous deux, le souvenir de leurs précédents séjours à Rome, empreints de l'éclat de leur jeunesse, de leur beauté, de la grâce du hasard, des rencontres et du bonheur, était amer.

Mais aujourd'hui, c'est comme si tout s'effondrait.

Elle est visiblement épuisée. Ils viennent de visiter la Villa d'Este – ce lieu de rêve – et d'y errer en vain. Redescendre l'escalier monumental sous le soleil de midi l'a vidée de toute énergie. Elle s'est donc effondrée sur un banc, au seul endroit un peu plus frais qu'elle ait pu trouver en cette heure caniculaire, à l'ombre étroite des deux hautes statues de pierre. Mais plus que l'épuisement physique, qui la privait de l'énergie et de l'envie de poursuivre sa promenade, c'était une sensation nouvelle. Un soupçon. Une certitude qui la ronge. Son compagnon, en revanche, semble plein d'énergie, comme si la visite avait réveillé en lui une vitalité oubliée. Il se tient devant elle et parle. Ne voit-il pas que cette santé débordante est comme une accusation à ses yeux ? Mais il semble plutôt l'accuser, mêlant mots et gestes qu'elle n'entend ni ne veut entendre. Qu'est-ce qui cloche chez ce fainéant notoire ? Une soudaine révolte chez ce garçon passif ? […] 1

Suggestion de référence/citation
Nonnenmacher, Kai. « Ces créatures à peine conçues par les peintres. » Rentrée littéraire : littérature française contemporaine. 2023. Consulté le 13 mai 2026 à 01h15. http://rentree.de/2023/09/22/diese-kaum-entworfenen-geschoepfe-der-maler/.

Cet article, rédigé en allemand, est disponible à l'adresse https://rentree.de. Des traductions automatiques en anglais et en français sont également disponibles. Anglais, Französisch.

Remarques
  1. « Ces figures oubliées, ces marginaux, ces créatures à peine esquissées m’ont toujours fascinée et enchantée – des existences mystérieuses nées d’une idée fugace du peintre, ou peut-être d’un ajout, d’une touche finale, et, qui sait, de la signature secrète de l’artiste ? Marie Sizun insuffle une nouvelle vie à ces petites figures, inventant pour chacune d’elles une histoire, des sentiments, des regrets et des espoirs. Elles deviennent le sujet de ces trente et une nouvelles, s’échappant de la toile pour affronter leur destin. De Turner à Utrillo, d’Ensor à Vallotton, de Marquet à Monet, chaque tableau sélectionné devient le prétexte d’une fantaisie qui prolonge la peinture dans l’imaginaire et nous permet de la voir autrement. » (Traduction du communiqué de l’éditeur.)>>>

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